‹ Histoire de JérusalemChapitre 143 sur 149 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

Le traité conclu entre le fils de saint Louis, Philippe le Hardi , Charles d*Anjou, roi de Sicile, Thibaut roi de Navarre et le roi de Tunis, Abou-abd-Allah-Mohammed, traité dont Toriginal en arabe se conserre ans arehim royales, établissait pour la dorée de quinse ans de bons e| IMcifiques rapports entre les plages africaines et les riTages de la chrétienté.

Peu de temps après, le prince Édonard, fils de Henri 111, suivi du comte de Bretagne et de trois cents chevaliers» fut le dernier prince qui passa la mer pour la délivrance de Jérusalem. Cinq cents croisés frisons sMtaienI réunis à la petite troupe anglaise; parmi eux se montrait Thibaut, archidiacre de Liège, que son élévation à la papauté surpiiL eu terre sainle, et qui, dans ses adieux à la l'alesline, disait : < Si je t'uiiblic, ù Jérusalem! que ma main c droite tombe desséchée; si Ion souvenir s'eLlace de t mon cœur, que ma langue s attache à mon palais 1 » Grégoire X ne larda pas à faire releiUir le uoai de Jérusalem dans iiu concile à Lyon en présence des patriarches de la ville sainte et de Constanlinople , el des envoyés des princes d'Orient et d'Occident; vingt-cinq ans auparavant, une assemblée pareille, tenue dans la même ville par Innocent IV, avait pu ranimer encore nu reste de la vieille ardeurdes guerres sacrées; maintenant 1 Europe est lasse de tant de sacrifices inutiles. Il y avait alors trois rois pour cette couronne de Jérusalem qui n'était plus qu'un vain nom» et Tislamisme demeurait victorieux sur les saintes montagnes. Les imaginations chrétiennes semblaient s'être résignées ù la destruction des États latins comme à une sorte d'irrévocable destinée; on entend le bruit de Margat, de Laodicée, de Tripoli, succombant sous les attaques de Kelaoon, successeur de Bibars; on contemple avec un mélange de pitié et d*cffroi , Ptolémaîs. si malheureuse et si héroïque à son dernier jour; Tyr échappe au désastre par la soumission ; la résistance de Beyrouth et de Sidon attire la dévastation sur leurs tètes; la chrétienté laisse s'accomplir tous ces malheors* EUe se pr^mte h nous

commo un homme qai, déboul sar le rivage « attacberaii ses regards sur un naufrage qu*tt ne lierait pas en son pouvoir d*emp6cher. Un jour il arriva que Tempereur tar* tareCasan i vainqueur des mameluks à Ëmesse , prit Jdra« aalem, roffrit aux princes de TEurope, avec une proposi* tion d*aUianGe, et nul ne répondit! TOccident délaissait Jérusalem qui l'avait embrasé pendant plusieurs siècles.

Un fait important à noter ici, c*cst ({ue les Tartares pen* chaiciil vers le christianisme. On trouve des monnaies qui, d'un côlé, offrent une inscriplion en cariclèi es oui- ■gours ou mogols, et de l'autre, une croix avec cette inscriplion en caractères arabes : Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique (i). Noii-seulemcnt les Tarlares avaient plac^^ le signe de la rédemption sur leurs monnaies, mais aussi sur leurs armes et leurs étendards. S'ils ëlaîoiit arrivés eu Orient un siècln plus tôt, alors que Fardeur des croisades poussait les nations chrétiennes, leurs forces, réunies à celles des Francs, auraient rapidement el irrévocablement soumis l'Asie à l'Évangile, et les guerres saintes auraient dès celte époque atteint pleinement leur but. Voyez à quoi tient le sort du genre humain ! rOrient sera resté musulman cinq ou six siècles de plus» parce quç des barbares y ont passé trop lard !

La croisade était une œuvre faite; il n'appartenait à aucune puissance humaine de la recommencer. Pétrarque, Raymond Tulle et surtout Sanuti s'épuisèrent en efforts inutiles. Dans la première moitié du m* siècle, Philippe de Valois songea à Jérusalem, mais cette pensée s*évanouil par la mort de Jean XXII.

Il nous revient à l'esprit un récit de voyageur de cette époque qui a toute l'importance d'un document historique» Jean deMandoville, ce voyageur anglais qu'il ne faut pas toujours prendre au sérieux, mais qui, dans cette circonstance, paraît être vrai, visita alors la cilé sainte. Les chrétiens payaient un lril>ul pour ciiU er dans Tcglisc

(1) Chronique de ReggiOi Dibliot. des croisade», loin. II.

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