CHAPITRE XXXUI
Inflaeocâde Jé^'i'^^'t^m mv rEnrope. — DcsUnéfit fatoret Uti l'Orietil et de Jérusalem.
Jérusalem, centre du mosalsmc, proclama, défendît sans relâche ruiiilé de Dieu au sein de l'univers enveloppé des langes grossiers du polythéisme. La ville de David nous api»arait dms la lointaine antiquité comme un point lumineux au milieu d immenses ténèbres; ce point lumineux était Taube d'un grand jour qui devait se lever sur le monde.
Jérusalem, berceau du christianisme» exerça sur les sociétés humaines b plus prorondo, la plus puissante, la plus vaste influence que la terre ait jamais sentie. Vouloir suivre celle influence, ce serait enlrcprcndrc d'apprécier tout ce que le christianisme a fait pour les hommes ; nous en avons parlé dans la dernière partie du premier volume de cet ouvrage, el d'ailleurs , aujourd*hui , personne ue nie el personne n'ignore la prodigieuse portée et les adorables bienfaits de renseignement évangélique. En commençant ce livre, nous avons dit ce qu'était le monde au moment où Jérusalem entre dans l'histoire avec David pour roi; nous avons dit ce qu'étaient les nations au moment où se montre la métropole de la monarchie hébraïque; main->
302 HiSTulRE D£ JLRUSALËM.
tenant que lérasaleia a fait son œom» regarda Tanmrs»
et jugez !
Jérusalem, tombeau de Jésus-Chrisl, a menreilleus&ment avancé la civilisation de l'Europe , et sauyé nos beaux pays d'Occident de la barlHirie musulmane. La grande question de Vinfluence des guerres saintes a été parfaitemeni traitée dans le sixième Tolume de VBistmn dei croUadiS, Quelques aperçus suffiront ici. Il n*est besoin que de jeter un coup d*œil au fond des choses et de conclure.
L*Europe écoute ; Jérusalem a parlé; elle se plaint que les lieux consacrés par les traces divines soient au pou* voir de Tislamisme , et livrés aux souillures , aux outrages. Cette voix de Jérusalem , après avoir retenti plus d*nne fois, finit par armer la cbréttenlé. L*Occîdent et TOrient se rapprochent ; ces deux mondes qui ne se sont reconnus d*abord que pour se déchirer > ne se perdent pas de vue* Deux cents ans de guerre pour la délivrance de la ville sainte, arrêtèrent les innombrables peuplades mosulmanes , affaiblirent le colosse de Tislamisme, dont les bras d'airain s'étaient déjà étendus sur nos rivages» Chaque coup porté contre l'ennemi coûtait cher aux chrétiens , laais 1 Lluropc , par ses croyances, ses institutions et ses mœurs, était destinée à réparci" rapidement ses perles, à marcher sans cesse, et l'Asie nuisnlmane ne devant vivre qa*un temps, régie par des lois Larbarcs , éternellement infécondes, voyait à chaque désastre, abréger sa durée. L'Europe chrétienne, si riche d'avenir, pouvait faire des saeriiîces; l'Asie musulmane, fatiguée, décimée au milieu de ses brillants exploits, devait à une épo<^ue marquée, baisser la tète pour ne plus la relever.
La route du snint tombeau fut pour les nations de l'Occident, au moyen Ai^o , comme une laborieuse cl grande épreuve d'où elles sorlirent avec plus de force et d'expérience morales. Il y eut d immenses souifrances dans les armées de la croix, et les nations comme les individus , se puriiieiit au creuset de la douleur. Les croisades lurent»