‹ Histoire de JérusalemChapitre 146 sur 149 · CHAPITRE XXXlll · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXlll

pour l'Europo im Calvaire et un Thabor ; il y eut immQlalion sanglante , et ensuite IraiKsiiguralion glorieuse. L'Eurojie offrait ainsi, daus sa destinée, quelque chose €( In i i]u elle avait voulu vcuger et défendre comme soa véritable roi.

Pour prix de son magnifique élan pour la défense de la lïroix» ce radieux symbole de la civilisation moderne, la France fonda son unité. La féodalité étouiiait en quelque sorte la monarchie ; elle, était comme une agrégation de mille petites tyrannies armées contre le pouvoir proteclear. Sans les croisades qui amenèrent le renversement de la féodalité, la France, pays morcelé, privé d'un lien commun, d*on centre régulateor où tout vint aboutir, n'aurait peut-être jamais pris rang parmi les grandes nations. La royauté dégagée de ses entraves, puissante sur les débris de tant de dominations oppressives, fil la liberté jusque-là inconnue à nos pères, et son action féconde développa les germes de gloire et de prospérité, que la Providence avait déposés dans nos contrées. La royauté fut à la France ce que le souffle de Dieu fut au chaos.

L'Angleterre el rAUemagne ne recueillirent des croi* sadest que ce bienfait général d*uoe révolution qui ouvre de tous côtés des horizons nouveaux.

Le royaume de Prusse naquit des guerres de la croix» poursuivant ridolâtrie en Europe, comme Tislamisme en Orient.

Des épées destinées à secourir Jérusalem fondèrent le royaume de Portugal.

On peut affirmer que sans les croisades, les musulmans de Syrie et d'Égypie, réunissaul Icuœ ibrcesS i\ celles des musulmans d'Espagne, la Péninsule ne se soraiL jaînais duiivrée de ses envahisseur?. C'est ainsi que Jérusalem sauva la nalionalilé chrétienne et l'avenir de TEspagne. Voilà pourquoi le pays du Cid garda une reconnaissante mémoire des expéditions d'où tre-racr; jusqu'au si«îclc dernier, on y a publié partout, chaque année, la bnllc do la croùade, accordée aux Espagnols par Urbain Viii ; uae.br il-

304 HISTOIUL i)L JitRUSALbi>i.

laDte cavalcade accompagnait la buUe portée 8olettnell€menl dans les rues dos cités

Les républiques de llulie durent surtout aux expédi* lions saintes leurs richesses et leur éclat. Elles se précipitèrent sur les mers d*Orient, que leur ouvrait la croix victorieuse ; poussées par des calculs avides, plus que par , renlhousiasme religieux, elles cherchaient leur pâture à la suite des lions des guerres sacrées ; tandis que les palmes des martyrs consolaient de la mort les combattants cfarétiens» les Vénitiens^ les Génois et les Pisans établissaient d'opulents comptoirs dans la Syrie, rArchipel et Tempire grec*

A quel inexprimable mouTement de passions et d*intelligence se trouva mêlé le nom de Jérusalem ! En pronon^ Çant ce nom, dont nul autre n*égala la puissance, les nations dévoraient Tespace devant elles, prenaient posses* sion de pays dont elles n'avaient pas Tidée auparavant, brillaient de soumettre tous les empires inconnus et d'accomplir un renouvellement universel. La navigation ]us< que-là timide, s'aventurait sous les auspices de lésus- Christ, et peu à peu on s'accoutumait i^ne redouter aucune plage. Comme il fallait transporter de nombreuses armées, rarchilcclure navale eut besoin d'agrandir les vaisseaux, et la Mé liii rranée s'étonna des masses Ûollaiiles confiées à ses vagues. L'Orient et rOccidcnt échangèrent leurs produits , leurs lumières ; les Latins, les Grecs, les niusiiliuans , s'obscrvant les uns les autres, comparaient leur législation, leurs coutumes, leurs icfées, et la péaé- Iratiou des Francs mettait à prollLccs variétés humaines. C'est une grande chose que la gloire pour un peuple. La trloiro doit être le pain immatériel des nations. Or la deiensi; des intérêts de Jérusalem, qui était la défense des intérêts religieux et politiques de ruuivcrs , couvrit l'Europe et surtout la France d'un imnicrjse honneur. Nous eûmes des rois et puis des vicomtes de Jérusalem , des

(I) Voiages é'EipaBse ei d'Italie, par le P. Ubat, teme h

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