CHAPITRE mm
comtes âo .îaffa el d'Ascalon , des barons de Tibériade, de Sidon et de Césarce, des seigneurs d'Arsin r l de Bérylho, des comtes de Tripoli el des princes d'Édesse, et plus tard dos empereurs de Byzance , des ducs d'Âlb«Mies, dos soigneurs d'Argos, de Corintbo el de Thèbcs ! Oh! coinino
^. nuire p3(rioUsme & enorgueillit à la vue de celte noble
' France d'Orienl!
La voix de Jérusalem réunit tout à coup, sous la bannière de la croix , les peuples d'Occident , divisés d'intérêts, de mœurs et d'espérances; ee rapprochement hâta les progrès de la civilisation européenne, car la civilisation s'accomplit par lacommttnicalion des nations entre elles* La réunion des peuples occidentaux autour d*une même pensée formaà la On celle république chrétien ne qui arrêta victorieusement les invasions ottomanes. Et c'est ici que la reconnaissance de la postérité doit olTrir un pieux hommage à la mémoire des pontifes de Rome* Les papes ne firent pasles croisades; ainsi quenous Tavons déjà remarqué, cette prodigieuse révolution emporta les papes comme les peuples ; seulement, en leur qualité de puissances spirituelles, les souverains pontifes se trouvèrent naturellement placés è la tète de ce vaste mouvement religieux ; mais répétons-le, ils ne firent pas les croisades , résultat d*un loij^ uavail moral qui mit trois siècles & éclater. Il y a eu une guerre sainte qu'ils ont faite, et celle-lè, ils Tont entreprise quand l*ent1iousiasme n*existalt plus; cette guerre sainte est la gloire des papes des xivVxv* et xti* siècles ; ' elle eut pour but de sauver TEurope menacée, envahie par
les Turcs. Que d'énergiques efforts! que d'ardentes prédications! Les troupes de Bajazet, de Mahomet 11, de «Sélim ou de Soliman pouvaient faire subir à rAlIcmagne, à la France, à l'Italie, à l'Angleterre le destin qui a converlde ruines el tbangé en holiLudes les plus belles contrées de l'Asie. Urbain V , Kuj^tne IV, CallislelII, Pie H, le plus admirable de lousdans celle grande lutte, Paul II, Sixte IV^ Innocent VIII , Alexandre VI, Léon X, Clc'nienl V furent les sauveurs de la civilisalion chrciieuue. On uc s arrcle
POUiOULAT. — T. U. tO
S08 RISTOIRB DE jOlUftALEH.
poinl à CCS souvenirs sans penser à l'héroïque pays de Hongrie qui mérita d*élre appelé les Thermopyles de la chrélienté.
Mainlenanl, autour de nous le monde s'agite encore. Nous ne parlons point du Irisle et yain fracas des partis « mais de ces mouvements providentiels qui poussent le genre humain à raccouiplissement de ses destinées. La révolution des croisades, dont Tespérance sublime était la réunion de l'Occident à l'Orient, s'est lentement continuée à travers les siècles sous des formes diverses, et voyez-la se produire vivemenl de nos jours. Les lois éternelles de la vérité et noire penle naturelle nous entraînent vers les lointains pays du soleil ; les croisades recommencent, non point avec la croix placée à la tète de nos armées et sur les mâts de nos vaisseaux, mais avec la civilisa lion nue du christianisme. Au moyen âge, c'étaient les armes, aujourd hui ce sont les idées ; nos pères s'en allaient de combats en comîints jusqu'à la sainte cité ; nos neveux et noiis-rncmes, nous irons, colons pacifiques, dans celte Asie oii la moisson sera belle. Les peuples de rEiirope s'avaiueront comme des fleuves Irauquiiies pour refouler peu à peu le déserl, et fertiliser le sol que l'islamisme avait rendu stérile.
L'expédition de Bonaparte en Egypte avait renouvelé la gloire du nom français au delà des mers. Des semences nouvelles, tombées des plis de nos drapeaux, s'étaieiit mêlées aux semences des vieux âges, et les idées françaises prenaient racine en Orient, lin heureux pacha du pays d'Alexandre, voulant assurer sa domination aux bords du Nil, se posa comme le continuateur de Bonaparte sur cette terre où son génie avait passé. L'Égypte se couvrit de créations nouvelles t et ces créations furent l'œuvre d'hommes de notre pays. Que n'a-t-on pas dit, depuis quinze ans, de la civilisation nouvelle et de la régénération des peuples du côté des pyramides ! Combien grande a été sur ce point l'erreur du public d'Europe et même de nos hommes d'État ! C'est à peine si ou commence à comprendre que tout ce qui s'est fait en Egypte depuis un quart de siècle