‹ Histoire de JérusalemChapitre 17 sur 149 · CHAPITRE lY. të · texte numérisé non relu

CHAPITRE lY. të

apportant à David Veau qui , sons le br^tfant soleil » avail été si vivement désirée. Le roi , surpris et tout ému d*ttn tel dévouement* refuse de boire : c Je ne ferai point cela c en présence de mon 0ieu , dit^îl , el je ne boirai point le I sang de ces braves ; c'est au péril de leur vie qu*ils m*ont c apporté celle eau (i). i Et David en fit une libation au Seigneur. Quifaul-il le plus admirer ici? Sont-ce les troîs guerriii d exposant leurs jours pour aller chercher un peu d^eau à leur roi? ou bien est-ce le rui ieiusauL de boire de Feau qu'il aime, mais qui aurait pu coûter si cher? On montre, aujourd'hui encore, au voyageur, la citerne qui se rattache à cet héroïque souvenir des temps bibliques.

David consulta le Seigneur pour savoir s'il devait marcher contre les Philistins : c Les livrerez - vous entre c mes mains ? t lui demanda le roi, et le Seigneur répondit : « Va, et je te livrerai les Philistins, i La bataille eut lieu, et le champ du combat resta aux Hébreux. Les vainqueurs trouvèrent , parmi les dépouilles de Tennemi , des idoles qu'ils brûlèrent. Ën mémoire de cette journée oii Jébovah avait divisé les ennemis d'Israël comme on divis» le$ eaux, David appela le lieu du combat : Baalpharaiim (champ de division } .

Peu de temps après , les Philistins » voulant venger leur défaite , rallièrent les débris de leur troupe el se présenlèrcnt dans la même vallée de Raphaïm. David consulta le Seigneur avantde livrer bataille. « Ne marche point contre I eux, dit le Seigneur, mais louiue sur leurs derrières < pour revenir ensuite par le bois des Poiriers, eL quand I lu entendras sur la cime des poii icrs un bruit comme I les pas d'un homme, tu en viendras aux mains , car c'est t alors que le Seigneur te précédera pour frapper le camp • des Philistins. > Ainsi fil David ; il poursuivit victorieusement les Philistins jusqu'à Gazer ou Gaza , aux frontières méridionales du pays chananéen.

Notre simple récit s'élève ici tout seul à la hauteur de

(I) Liv. 1 des Paralipomènes, chap. il*

1 épopée; David codsuIUqI le Seigneur avant la bataille , comme UD ami consulte son ami, est mille fois pluspoé* liquo que le8 conquérants du monde païen interrogeant les oracles ; ce bruit divin sur la cime des poiriers, donné comme signal du combat, offlre un cbarme de merrelUeQX ^tte la muse grecque ou romaine ne connut jamais.

Les deux triomphes contre les Philistins affermissaient le pouvoir royal de lérusalem. La pieuse reconnaissance de David se répandît en poétiques accents ; t Je vous aimec rai, Seigneur, qui êtes ma force, mon appui, mon € refuge, mon libérateur , et j'espérerai en vous , 6 mon « protecteur et mon salut! > David chante la grandeur, la majesté terrible de son Dieu ; sous le souffle do Seigneur la terre s*agite et tremble, et les montagnes sont ébranlées ; Jéhovah abaisse les deux et descend ; la nuit est sous ses pieds; ses flèches dissipent les ennemis , sa foudre les dévore. Qui est Dieu , excepté le Seigneur? Qui est fort , excepté le Dieu d^Israël? G*est lui qui a dressé David aux combats» et qui a fait de son bras vigoureux comme un arc d'airain (i).

Dieu avait marqué Jérusalem pour cire le cenlre des • grandes choses religieuses ; il importait que David commençât à donner à celle métropole du nouveau royaume tin Cciracière vcuérablc cl saint. L'arche d'alliance, d'abord placée par Josué à Silo , dans le territoire d'Ephraim, au centre de la terre promise , resiée pendant quatre mois au pouvoir des Philistins, comme un drapeau enlevé, se trouvait, depuis vingt ans, à Carialhiarim , petite cité de la tribu de Juda, à peu de distance au sud-ouest de Bethléem; un lévite en avait la gnrde. Cotte arche était un coffre fait dans le désert , eu bois de sélim que la cor- , ruption ne pouvait atteindre ; elle avait en longueur, largeur cl hauteur deux coudées et demie (un peu plus de quatre pieds); elle était, au dehors et au dedans, recouverte de lames d'or. Au <|uatre coins était un anneau d'or;

(I) Psaume 17.

CHAI^ITRS tV. 47

on y passait tîcs bAlons de bois de sélîm dores pour ia porler. L'arche renfermait les deux tables de la loi, une urne d'or avec de la manne, souvenir du désert , le livre du Deutcronome, et la verge d*Âaron qui avait fleuri en confirmation de la dignité sacerdotale accordée à la tribn de Lévi.

Le roi eut la pensée de faire transporter à Jérusalem le dép6l sacré. Les tribuns , les centurions et tous les chefs approuvèrent ce dessein , qui leur fut soumis. David appelle à la fételes enfants d*lsraël de tout le pays, depuis Sihor , qui touchait au désert méridional , jusqu'à Émalfa, la cité la plus septentrionale de la terre promise. Le jour solennel arriva; David et le peuple s'avancent du côté de la colline de Gariathiarim ; Tarche est placée sur un char neuf , conduit par Osa et Ahlo» fils d*Abinadab , dont la demeure avait servi de sanctuaire à ce dépôt révéré. On ne se représente pas sansquelç[ae émotion ce rôi et tout ce peuple d'Israil reprenant le chemin de Jérusalem avec Tarche sacrée I chantant des cantiques « remplissant Tair des sons des trompettes > des sistres # des cymbales et des tambours. Cette fêle, qui ranimait les croyances et resserrait les liens de la grande famille d'Israël, pourrait être regardée comme la première cérémonie en Thonneur du vrai Dieu; elle commence ces magniUqucs pompes religleuses qui, d*abord chez les Hébreux, ensuite ches les chrétiens , ont uni la terré au ciel par des rapports si touchants.

Nous ne rappellerons point ie châtiment d'Oza qui, voyant Tarche ébranlée par rcniporlemcnt ou le faux pas des bœufs attelés au char, avait , sans ôlre prèlrc , porté la main au saint dépôt pour le soutenir. David, affligé de cette mort soudaine, ne voulut pas poursuivre la fête; il laissa l'arche, à peu do (listnnce de Jérusalem , dans la demeure du lévite Obededon , qui la garda trois mois; et, durant tout ce temps, dit l'Écrihire , la maison d'Obededon fut comblée des bénédictions du Seigneur: symbole des félicités de l'âme , quand la vertu rhabile 1

48 mSTOlBE 1)E JÉRUSALEM.

Le roî convoque de nouveau les prelres , les lévites el tout le peuple d'Israël; on part, on arrive à FAirc de Chîdou; au lieu du chnr , rc sont les prelres et les léviles qui portent rarchosur leurs épaules comme au passage du Jourdain. 1/immensc cortège revient à Jérusalem au milieu des hymnes et des symphonies. David, revêtu d'une robe debyssus et deTéphod de lin, animé d*une joie pieuse, dansait de toutes ses forces (i), et jouait de la harpe devant Tarche du Seigneur, Ces sortes de témoignages d*allégresse dans les circonstances solennelles sé retrouvent aujourd'hui encore dans les mœurs de FOrient. On sait que chez les peuples les plus anciens , la danse disait partie des cérémonies religieuses. Toutefois , il y avait probablement quelque chose d'inusité dans le spectacle d*un roi dansant lui-même en pareille circonstance^ puisque David 8*attira le mépris (s) de sa femme Hichol , qui Favait vu par une fenêtre.

Des taureaux et des Mim furent immolés en actions de grâces; tous les Israélites présents à la féte» hommes et femmes , reçurent un gâteau de froment, une part de bœuf rôti , et une espèce de beignet à Thuile, comme nous en avons vu chez les Arabes de la Palestine. Une tente préparée d'avance sur le mont Sien reçut le dépôt sacré; on y plaça des chantres et des joueurs d'instruments choisis parmi les lévites. La translation de Farche à Jérusalem inspira au roi une hymne que des milliers de voix chantèrent alors au bruit des sistres et des psaltérions :

c Souvenons-nous toujours de Talliance du Seigneur c avec nous , souvenons-nous des ordres qu'il a donnés < pour mille générations. Le Seigneur a protégé nos c pères , quand ils étaient faibles et en petit nombre; il c n'a point permis qu'ils fassent livrés à l'opprobre, mais c il a châtié les rois armés contre eux. Ne touchez point

(J) Totis virîbus.

(2) Les Rois, liv. II, chap. 6.

(3) Dtspexii eum in corde 8U0.

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