‹ Histoire de JérusalemChapitre 18 sur 149 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

ff mes christs, vous dit le Seigneur, ne faîtes aucun mal c àmés prophètes. > Que toute la terrechante le Seigneur; ( cbantons4e tous les jours, raconlons à toutes les f nations ses merveilles et sa gloire. Le Seigneur est € grand et digue d'être loué ; il est redoutable plus ijne f tous les dieux ensemble; les dieux des nalious ne suut c que d*impuissantes idoles , mais le Soigneur a fait les c cieux. Confessez le Sciguem paicu ^u'il ebL bon , parce « que sa miséricorde est infinie. >

La monarchie israéiile s'élcuilait ; l'œuvre politique de David se développait avec gloire ; chaque jour ajoutait à l'éclat de Jérusalem ; de beaux édifices s'élevaient, et le Seigneur n'avait point de temple. Un jour David dit au prophète Nathan : e Voilà donc que moi je demeure dans e un palais de cèdre , et Tarche de l'alliance du Seigneur c n'a pour abri qu'une tente de peaux de bêles. — Faites € lout ce que votre cœur vous inspire, car le Seigneur t est avec vous (i) , » repondit Nathan au roi.

Mais avant d'arriver à l'édification du temple, il fallait asseoir solidement la puissance des Hébreux et achever de conquérir la paix par la vicloire. Qneîle pins grande entreprise que la construction d'une demeure pour Jéhovahl L'abaissement des nations ennemies était nécessaire pour qu'elles ne vinssent point surprendre Israël dans son œuvre. De plus, on avait besoin d'immenses richesses pour ce sanctuaire du vrai Dieu , et la conquête devait se charger d'entasser de nouveaux trésors. Le règne de David était un règne de combat. La magnifique réalisation d'une telle pensée religieuse demandait de longs jours de repos. Nathan, qui d'abord avait consenti au vœu du roi , réflé* chissant ensuite sur ce grave projet, résolut d'en détourner David. Dans la nuit même qui suivit l'entrevue de Nathan avec le roi, la divine inspiration visita le prophète; le Seigneur loi dit :

c Va et annonce à David que ce n*est pas lui qui est

(1) Let Roi$, liY. If, chap* 7.

tOUOViAT* — V« I. 4

00 HISTOIRE DE JÉUUSALRM.

( (lesliné à me bùlir une demeure; depuis que j*aî tiré

ff Israël d*Égypte , je n ai pas eu irhabilaliofi fîx£ ; je n*ai

t eu quNine lente el j*ai toujours été errant eommc Israël.

1 Ai-je jamais deroaindé aux juges cl*Isr9ël pourquoi ils

c me construisaient point nue demeure decèdre ? Tu dira9 c donc à mon serviteur 0ayid que je l'ai pris gardant leii c troupeaux pour en faire le chef de mon peuple, et que « j*ai été avec lui dans tout ce qu'il a fait ; que j ai dissipé f ses ennemis devant lui et que j*ai rendu aon nom plu^ c célèbre que les plus grands noms de la terre. Lorsque € David aura rempli ses jours et qu'il aura rejoint ses € pères, un de ses Jîls sera suscité par le Seigneur; le c règne de ce fils sera paisible et fort; son trône s'aifer'c mira, et c'est lui qui me bâtira une demeure, i

Nathan raconta au roi sa vision de ia nuit ; David comprit et se soumit. La raison politique en passant pajr Ijà touche du prophète était devenue un ordre du ciel.

Le fils d'isaï , poursuivant sa grande tâche de fondateur delà monarchie israéliste, s'occupa de pousser son royaume jusqu'aux limites marquées par Moïse; il songea aussi à réduire l'ennemi à l'impuissance de nuire aux Hébreux. Les Philistins étaient toujours ses voisins les plus redoutables ; le roi reprend les armes pour se porter d'ahordsur eux , et leur enlève la cité de Geth , située entre As<:aIon et Gaza , à douze heures environ au sud^-ouest de léritsa* lem ; il passe de Toccident à l'orient » bat les Moabites an delà du Jourdain , et se tournant ensuite vers rAnli-Liban, il attaque la cité de Soba , d'où dépendaient d'autres petites cités ; il prend au roi Adarezer mille chariots , sept mille cavaliers, vingt mille hommes de pied; le vainqueur fait couper les jarrets à tous les chevaux des chars , épargnant seulement cent des plus beaux coursiers pour son service. Le roi de Damas, allié d'Adarezer, s'élant présenté pour lui porter secours, expia son dévouement par une défaite ; vingt mille de ses soldats périrent. Damas tomba sous l'autorité de David, et tout le canton auquel on doii> naît alors le nom de Syrie paya tribut au roi de Jérusalem.

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CUAPITKE IV.

Il revint de celle campagne avec de riches dépouilles; il emporlail des boucliers d*or laissés sur le champ de bataille el beaucoup d'airain trouvé dans les cités de Tbé» balb et do Chun, de la dépendance de Soba. Ces diverses places qui formaient la pelite principaulé d*Âdarczer» étaient probablement situées dans la vallée appelée aujourd'hui Bekaa , où se montrent les imposantes ruines de Balbek. L'Écriture nous parle d*on certain roi d*£math , appelé Thoo , ancien ennemi d*Âdarezer , qni envoya son fils à David victorieux , pour le léliciter et le remercier. A peu près h la même époqùe, Àbisaî , neveu de David , soumettait la ci té d*Édom dans la vallée des Mines ou vallée de Jéricho. Ainsi la domination des Hébreux continuait & s'établir, c David ri^nait sur tout Israël, dit TÉcriture («)» c cl gouvernait son peuple avec sagesse et justice. *

(i) ParaUpomènes, llv. I, chap. 18.

SUITË

DU CHAPITRE PRÉCÉDENT

Nous n'avons rien dit encore deTorganisalion de Farinée et du gouvernement. On compUit Irois cent roilie hommes enrôlés pour la défense du royaume. C'était beaucoup pour un Ëtat qui avait 8i peu d'étendue, mais ne perdons pas de Yueque le trône de David n*était soutenu que par des épées, et que le peuple hébreu devait être comme un soldat toujours armé. L'entretien de ces trois cent mille hommes eût étéroineuK; Tagriculture privée de tant de bras aurait fatalement langui. Ghex une nation qui , ne se mêlant à aucune autre nation» renonçait aux avantages des relations commerciales , l'agriculture était la principale ressource, et voilà poiii (][uoi Moise n'avait poinl déiiaigné tle Jouner des leçons pour le laljriiir et les semailles, pour la moisson et la vendange. David iiiiagiua donc une orgaoisalion militaire qui conciliait tous les intérêts; il divisa Tarmée en douze troupes composées chacune de -vingt-quatre mille hommes ; chaque troupe servait durant un mois ; à la léte du corps d'armée était un principal oUicier , lequel avait sous ses ordres vingt-quatre tribuns commandant chacun a mille hommes. Dn tribun avait sous son autorité dix cen*

CHÂPIXRË IV. S3

tarions, et le centorion, deux subalternes conduisant chacun cinquante hommes; chaqtie dixaine d*hommes obéissait à un officier inférieur. Les .vîngt-quatre mille hommes de service tous les mois étaient pris dans les douze tribus. L'Écriture cite, en outre, les deux légions des Cérélhiens et des Phililiens, légions indigènes, attachées au palais du roi, formées chacune de mille soldais: un officier Israélite les commandait. L'armée avait un général , chef suprême après le roi. Telle était Torganisation militaire dans le royaume de David.

L'organisation civile et judiciaire des Hébreux était simple et complète. Il y avait à Jérusalem un grand tribunal appelé plus tard sous les Macchabés , Sahnedrin, da nom grec tanedrùm (sénat), composé de soixan le-dix juges qu'on appelait Anciens, non point à cause de leur âge , mais encore de leur sagesse; c'était une institution mosaïque qui datait du désert. Le grand Sahnedrin se maintint & Jérusalem , ayec plus ou moins d'autorité, tant que les Hébreux eurent quelque existence politique ; nous sommes soutenus dans cette opinion par les témoignages de Maimonide, de Grotius, deSelden , de Guneus.

Cette assemblée était la plus haute de là nation ; lorsque Jérusalem eut un temple, ce fut dans le temple que le sénat des Hébreux tint ses séances ; on ne pouvait pas appeler de ses décisions ; il avail deux chefs, l'un nommé par les Talraudistes Prince en tout lieu, l'autre nonmié Père de la justice. La cérémonie de l'imposition des mains accompagnait la réception d'un mcmhredu grand hahnedriQ. Moïse avait ainsi imposé les mains à Josuc et anx soixante-dix anciens formant le conseil israélite , pour faire descendre sur eux la lumière du divin ^prit; plus tard, un chant religieux remplaça cette cérémonie. La dignité de souverain pontife ne constituait pas un droit pour siéger dans la haute assemblée de Jérusalem ; il fallait que le grand sacrificateur fût prudent et homme de bon conseiL Les défauts corporels étaient des motifs d'exclusion ; les élus qui prenaient place dans cette Grand» Jlfatfofi duJugemmt»

comme on l'appelait, dtîvnit avoir la pcrfeclion du corps comme celle de lame. Les grands débals judiciaires el les grandes affaires politiques étaient portés devant eux. Ils avaient seuls le droit de juger un prophète. Rien de iCff^ rible comme réprouve à laquelle ils soumeUâienI une

' femme âccttsée d'aduUcrc. Âpres un effroyable sermctii t»t*ononcé devant le tribunal Solennel, elle avaUilliti breuvage qui la tuait à Vinslant même si elle était coupable et fbrliûàU sa santé si elle était innocente i ce n*est point par des moyens pareils que nous aurions reconnu TinfaîK libilité do grand Sahnédrin. Un appareil ignominieux était imposé h une fetnmê poiir atoir senlemeni excité la jalodsié de son mârl : on lui faisait prendre, datas tin yased*ar^ile^

•un mélange de faHtie d*oi^, d*eau sainte et dépoussière ramassée sur le pavé du tabernacle, qu*on avait auparatant pfétmtè élmint VÉUnuH; eu cas de culpabilité, d*borribles roaléditions tombaient sut* ses jours à venir. Selon FÉcriture (i) , cette Sorte de gâteau mystérieux introduisait deft éléments de corruption dans les flancs de Fépouse infidèle et la fécondité dans les flânes de Vinnocentë.

Jérusalem avait en otttre deux tribunaux inHêrieura* composés ebacun de viiigt-treis meUibres i un tribunal semblable était établi dans cbaque cité de Judée; les villages en avaient fin composé de trois juges; un chef nommé par le roi, qui présidait les assemblées de chaque tribu.

Le peuple payait des impôts annuels; les autres revenus de I État provenaient de domaines appartenant au roi. Toutes les branches de rovcniis avaient un proposé particulier, inilépentianiment de Tadminislrateur général des trésors du royaume. Le roi s'enlourait d*un conseil ordinaire pour les questions de religion, de guerre el de justice; il y admeltait le chef de Tarméc et les deux grands prélres; an temps de David, les deux pontifes étaient Sadoc, fils d'Âchitob, delà race d'Éléazar, et Âchimelek,

(i) Livre des MombreSi ehap. 5.

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