CHAPITRE Vf. Sm
siir Amnon et de le tuer; son sang cdiila tôlil ^ éoup au tnilieu des joies de la fclé. Saisis de frayeur, chacun des frères d'Absalon monta sur sa mtilc et s'enfuit à Jérusalem. Le Lruil de la Irai^ique scène de Baalhasor les avait précédé? dans la ville, mais on disait que tous les ilis du roi avairiii rlé ci;()i irés; David dccliirait ses vêlements et se roulait dans l.i iioiissière. Bientôt arrivent ses fils, Amnon manquait; Arnnon avait péri , et David et ses serviteurs le pleuraient. Absalon s*était retiré h Cossur, place située sur la Troniicre de Damas; il y trouva pendant trois ans un sûr asile.
Lorsque David commençait à se consoler de la perle d'Amnon, et que son cœur se tournait vers Absalon, Joab imagina un stratagème tout à fait dans le génie oriental , pour acheter de gagner le roi ati profit du (ils exilé. Il fit Venir de thecua , petite cité à trois lieues au midi db Jérusalem , une femme qu'il pouvait inspirer à 80fi $té : « PrenesE des vêtements de deuil , lui dit-il, ne vous parfumez point, mais soyez comme une femme qui pleure définis longtemps son mari mort (t). > Joab lui révèle lô sccf'et du Mie qu'elle doit joQër. Introduite dans le palais, elle tombe aax pieds do roi.
t Qti*itez-'toué, lui démanda le roi. — Hélas 1 ré^dttditrellé , jetais Une pauvre veuve , car moil mari est mdrt ; votre servante avait deux fils qui se sont battus dans un champ ; il n*y avait là personne pour les arrêter ; Tun dent a frappé Tantre et Fa tué; et voilà que tous nos parents s'élèvent contre votre servante ; on dit : livrez celui qui a frappé son frère, pour qu*il meure en expiation du sang qu'il a vmé; ils veulent éteindre ma race pour que le nom de mon mari périsse et qu'il ne reste plus rien de lui sur la terre. Retournez chez vous , dit le roi à la femme , je donnerai des ordres en votre faveur. > Et la femme do Thecua s'adressant au roi : c Seigneur mon roi , dit-elle , que riniquilé soit en moi et dans la maisou de mon père,
(1) Livre ^ de« Rois, chap. 14.
maisqueleroi et son trooe demeureriLsans tache! — Amenez-moi, lui répliqua David, ameDcz-moi celui qui osera ▼0U8 inquiéter encore, et je vous promets quUlneluiarri* yera plus de s'élever conire vous. > David Fassura encore une fois que pas un seul chereo ne tombera de la tèle de son fils. La veuve de Thecua» passant alors de la parabole au motif réel qui l'avait conduite devant le roi , demande à David pourquoi il s'est montré aussi sévère contre son fils Absalon. c Nous mourons tous , lui dit-elle , et nous passons comme les eaux qui 8*^ulent et ne reviennent poi nt . > Elle ajoute que le roi doit éire comme l'ange de Dieu , accomplissant ses œuvres sans s'inquiéter des bénédictions ou des murmures des hommes. Belles paroles qui devraient être la règle éternelle des chefs de nations!
David consent au rappel du proscrit, Joab s'en va à Gessur lui porter celte nouvelle. Ahsalon resta deux ans à Jérusalem sans être admis devant la face du roi. Après avoir invité deux fois en vain Joab à venir le trouver pour négocier sa ren ( rée dans la demeure paternelle, il eut Tidée de faire mettre le feu à sa moisson d*orge, espérant le voir enfin paraître ; Joab parut en elTel pour se plaindre ; Tincendie des moissons fut expliqué. Absalon obtint la faveur de se montrer devant son père qui loi donna le baiser de paix. Mais il n'était point sincère quand il implorait ainsi l'amour paternel; son âme nourrissait des desseins funestes qui allaient être les premiers malheurs du royaume de David.