CHAPITRE V
Depuis la faite de David jusqu'à ton ttUmt à lérnialem.
Dorant ses trois années d*exîl à Gessar» Âbsalon eut sans donte des jours d*amertume où la sévérité paternelle rirritaît plus viyement et donnait un feu nouveau à ses pensées de rébellion ; peut*étre aussi y avait-il à Gessur de mauvais conseillers qui entretenaient ses espérances passionnées. Revenu à Jérusalem /sa préoccupation fat de paraître complètement réconcilié avec le roi : cette habile manoeuvre Taidail à couvrir ses projets.
Absalon éLaïL doux, aimable , d'humeur facile ; le livre sacré (i) nous apprend qu'il n'y avait pas, dans tout Israël, un homme aussi beau que lui, et que, de la téle aux pieds, son corps offrait une entière pertection ; rien n'égalait la richesse de sa chevelure, qu'il faisait couper seulement une fois Tan : ses cheveux coupés pesaient deux cents sicles au poids public. Le Cls de David, poursuivant de jour en jour avec une ardeur nouvelle ses vues ambitieuses , travaillait à conquérir la popularité , puissance incertaine et orageuse qui porte aux cteux et pré* cipite dans les gouffres de la mort. 11 se montrait dans les
(I) Livre 8 des Rois, diap. 14.
rues de Jcrusakin avec des chars superbes, avec tle brillants coursiers el cinquante coureurs; il se levait malin, se plaçait à la porte du palais de David , et appelait à lui tous ceux qui recouraient à la justice du roi. Absalon leur demarudait de quel pays ils venaient, les interrogeait sur leurs affaires, sur leurs demandes ou leurs plaintes, ne nanquanl jamais de leur donner raison. < Mais, ajoutait-il, il n*yaper8onne pour vous entendre; oh ! qui me donnera le pouvoir de rendre la justice el de (aire du bien à loul le monde!», i Ce fils perfide acpgeîlbiit les méconlentemenlSt enconrageail les rancunes , sollicitait incessamment Taffection des hommes d'Israël el préparait les esprits à un ehangement Dans tous les ttats , même les plus beurenx , il y a des passions et des Usines qui veillent, et si quelque chose d*élevé court au-devant d^elles, de formidables explosions ne tardent pas à éclater.
Absalua ôUil parvenu à gagnei' à cause Achitophcl, ancien conseiller du roi , aicul de Iklhsabée et d'Urie, cl qui gardait le souvenir du double crime de David. Quand les préparatifs de l'usurpation furent achevés, le fils rebelle prit congé (\n roi et se rendit à llébron , sous le prétexte d'y accomplir un vœu formé à Gcssur. En partant de Jérusalem , il envoya vers toutes les tribus Israélites des agents chargés d'annoncer la déchéance de David et Télévation d' Absalon h la couronne. Celui-ci se fait proclamer roi à Uéhron , s*entottre d'une cour et d'une armée el se dispose à marcher sur Idrusalem. Averti de la^igue d*Absalon, et de son arrivée prochaine, David, pour épar« sner des maux à sa capitale et à son peuple, prdonne la fuite et une fuite rapide. Des ordres pareils durent d*abord surprendre lesl>raves qu'il avait accoutumés à U victoire, mais ils étaient également accoulgn^és ji )*obéissance. Le roi quitta Jérusalem , ne laissant dans son paliUs que dix de ses femmes pour le garder; il s*en allait accompagné de ses serviteurs , de ses Cérélhéens et de ses Phéléléens, de six cents Gelliéeiis, Lioupc éprouvée ^ui avait à bU Léte un chef appelé £lhau