CHAPITRE V
€c servilear » èonduisail deux ânes cliargés de pains, de nisÎDS cuits au soleil» de figues, et d*une outre de vin. Il accuse Miphiboselh, son maître, de s'être réjoui du départ de David , et d'avoir répété que Thérilage de Saiil sera rendu à son dernier petit-fils ; David ajoute foi à cette lâche invention de la cupidité, c Je vous donne tous les biens de Mipbibo$etb, » lai dit Devid. C'est là ce qu'aitendait Siba. Getbomme est le type éternel de ceux qui » aux jours de révolution, profitant de la confusion unÎTer- . sdle f se jettent dans les voies de l'Iniquité, pour arriver d'un seul pas aux riobesses longtemps enviées. David , poursuivant sa niarcbe de fugitif du c6tô du Jourdain, arrive à une cité nommée Baburim ; il y trouve Séméi, de la famille de Saûl, qui Tinsulte, le maudit et lui lance des pierres ; le brave Étbai frémit de colère à la vue de son roi outragé, et veut couper la lèle à Séméi; David, patient et résigné , s'y opposé avec tonte raulorité de sa parolct Le roi proscrit attendra au désert des nouvelles de Jérusalem.
Absalon avait pris possession du trône, et tout lui obéis* sait^ Un de ses premiers actes, inspiré par Acbitopbel , fut de déshonorer , à la l'ace d'Israël, les dix épouses de David, restées dans le palais. Le conseiller du jeune usurpateur vûiihiii par là imprimer un dernier oulrageau souvenir du roi fugitif; par là aussi les prophétiques paroles de malheur achevaient de s'accomplir. L'histoire de cette révolution de famille offre des caractères d'homme comme* on en rencontre souvent au milieu des bouleversements politiques qui n'ont que l'ambition pour principe et pour géuie. Âchilophel nous représente ces personnages dont la souple et large conscience se dévoue à tous les pouvoirs viclorieiix. La gravité des torts de David envers l'époux de Betîisabce ne fut qu un prétexte pour couvrir la vénale mobilité du vieux ministre.
Achilophel, voulant en linir promntoment avec le parti de î'nncien roi, proposede marcher contre lui à hi ièlede dou2e mille braves. Chusaï, celui à qui David avait recomrooiouuT. — T. i« s
mandé tJe prendre place dans le conseil d'Âbsalon, (Uait parvenu , à force de ruse el d'habilclé, à gagner de Dufliiencesur lYsprit du uouveau roi; effrayé d'un projctqui menace d'anéantir son maître exile, il s'épuise en efforU pour eu fflonlrer TimpradeDce ; il dit à Absaiou qu'on D*attaqoe pas sans dévastes pvéï^raUfs ce Davkl nigissaaicl Irandissaot^e furie en préseneeda daager, parcil i rente à qui ou enlève ses petite; et ces compagnons de David, «i renommés par leur bravoure. Qraaû lui conseille d'appeler tout Israël aux armes et de commander lui-nséflseusM jBuilitttde innombrable comme le sable de la mer : on povrra alors attaquer Dav^ en teete sûreté, et s'il entf« 4ans «ne cité, tout Israël eoloarera la place, et pas la plus petite pierre de celte place ne restera. Absalon se range à ravis de Chiisai » qui se hâte d'avertir les deux fraade prêtres dévoués, eonme lui, à la destinée de David ; Xenntbas et Âehifliaas prennent aussitôt le eheniin d« déseK.
tes fils de Sadoc et d*Abiatbar avaient à peine q^té Jérusalem, et déjà leur départ et le secret de leur wesssfe étaientconutts. Des serviteurs sent lanoés sur leurs traces ; Jouatbas et Aebinaas trouvent un relege à Baburia, ^ans la demeure d*un bonuna attaché à la cause de David; on les lait descendreau fond d*un puits sec pmv lesdérabcr k la poursuite des aerviteurs d*Absaion ; la IsMue delà maison ^end sur Touverture du puiln une toile ceoMne pour faire sécher de rorge* Les envoyés arrivent k Babarim i.tOk sont JonaibÂB et Achiniasef deaiandenl-ils k celte femme. — Us sont passés en toute bâte, répondrelte, «t. ne se sont arrêtés que pour boire un peu d*eau. > Les serviteurs ainsi trompés retournent à Jérusalem, et bienlét les fils de Sadoc et d'Abiathar se sont remis en route » cl joignent David qui sans relard passe le Jourdain avec sa troupe, rendant ce temps, Âchitophel, mécontenL de voir son projet rejeté, redoutant sans doule une {irocliaine catastrophe, el n'osant pas attendre de David sou pardon, monta sursonàne, s'en alla dans son lieu natal, et, après avoir régUj Li^ailaires de sa maison, se pendit. Ce i^itfôt
CFfAPITRE V.
doublement curieux par le motif qui pousse à U mort, et par la rareté des suicides dans l'histoire da peopleliébreu, Achilophel se pendit après avoir trahi son rel, comme mille ans plus tard Judas après avoir trahi son DIetf t
L armée d'Absaion et la troufTe de David se renconlv^ rent au delà du Jourdain, et par delà le torrent de Jéboe pr^ de la irille de liahanaïm ; David s'éUit enfermé dam «ette place avec on petit iiombro de compagnons; om J*avait supplié de ne pas s'exposer aux toardsdn oomliat» d aulant plue qu'Absalon nourrissait la dessein d*attcin. dre lui-même son père. On en vint eux mains dans un lieu appelé l)ois d'Éphraïm : borrible comlwt ou Tépée f sraé-
literencontraitrépéeiaraélite^oùdes hommes égorgeaient des hommes ayant le mtoe Dieu, la même origine, les mêmes mceurs, les mêmes aouyenirs I Le champ de bataille wsU à la éause deDaWd; en un seul jour vingt mille cadaTies coavrireDt la terre. €*est dans le bois d'Éphraïm fu'Ahaeion, fuyant sur an mulet rapide, resta suspendu pat aee longs cheveux aux branches d'un gr md chêne.
« Vous aveiyn Absalon suspendu, et voub ne l'avez pas tuét I dit Joab au soldat de Tarmée de David qui était Tenu rarertir. • Je vous aurais donné dix sicles d'argent et un baudrier. Quand vous me donneriez mille sicles dardent, reprit le soldat, je ne porterai pas la main sur le W du roi. Vous avez entendu David, lorsqu'il nous a dit, amoî, à Abisaîetà Éthai ; t Épargnez mon fils Absalon. » loab n'était pas homme à se laisser arrêter par de pareils scrupules; il prit trois lances, alla les enfoncer dans le ■«OHir d'Absaion, et comme le fils de David palpitait encore suspendu à son chêne, dix jeunes écuyers de Joab achevë-cntde le tuer. La mort d'Absaion terminait la guerre. Son cadavre fut porté au milieu du bois d'Éphraïm , dans «n large fossé ; on y jeta des pierres qui s'élevèrent en monument sur ses dépouilles maudites. Absalon possédait un tombeau dans la vallée de Cédron. i le n*ai pas d'enfants, avait-il dit, ce monument fera vivre mon nom. t Ce tombeau fut appelé la Maioni' Absalon , parce que, ditnju,
(i8 HISTOIRE DË JÉRUSALEM.
le jeune prince Payant fait préparer lui-même» le sépulcre avait été en quelque sorte l'œuvre de ses mains ;'c*était une colonne de marbre. Le monument qui porte le nom d*Absalon, sur la rive gauche du Gédron , est un carré; taillé dans le roc et se terminant en pyramide : il y aurait donc ici contradiction entre le témoignage dë TÊcriture . et la Iradilion. Quoi qu'il en soit, Absalon, pour première peinedesa rébellion, ne pu l jouir de son sépulcre. Aujour** d'hui, quand le picu\ pèlerin passe devant ce monument, il prend une pierre, la jette contrôle tombeau et continue ainsi la malédiction des Hébreux.
L'historien sacré a raconté le désespoir que lit éclater David en apprenant la mort de son iils Absalon , et les reproches adressés par Joab à la douleur paternelle. Le roi âorlit du deuil qui semblait couvrir de confusion tous ses serviteurs. Bientôt le cœur de tous les hommes de Juda se tourna vers David , comme un seul homme. Rappelé par tout son peuple, il passa le Jourdain; la multitude de Jérusalem alla au*devant de lui jusqu'à Galgala. Séméi, le descendant de la famille de Saûl, qui avait iusuUé le rot à son passage à Bahurim, courut implorer sa miséricorde; Siba , le méchant serviteur de Mîphiboselli , qui avait calomnié son maître pour lui ravir son bien , ne fut pas des derniers à se presser sur les pas de David victorieux. Lorsqu'un pouvoir revient , les hommes (^m les premiers se précipileuL à sa rencontre, sont bien souvent ceux qui ont quelque chose à se faire pardonner. Le pauvre Miphiboseth, depuis le jour de rclolL^nemcnl de David, avait conservé le ruLine vêtement en signe de deuil; il se présenta au roi avec les pieds non lavés , la î);ui>e iK'i^ligée, et lui expliqua le mensonge de Siba : Voulant suivre David dans son exil, Miphiboseth avait demandé son âne , car il était boiteux et ne pouvait marcher, mais Siba lui avait pris sa monture. Celui-ci fut condamné à rendre les biens dont il s'était fait l'injuste possesseur.
Le jour où David avait passé le Jourdain , par suite des nouvelles que lui apportaient les fils de Sadoc et d*Abia-
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lhar, il avait Irouvd dans le pays une opulonle hospilalilé; au nombre des riches habitants qui apportèrent d'abondantes provisions au roi fugitif, on citait le vieux Berzcllaï de Galaad; la fortune ayant rouverl à David le chemin de sa capitale, BcrzcUai Faccompagoa jusqu^au Jourdain, c Venez avec moi , lui dit le roi , vous TOUS reposerez à lérusalem à Tabri de tout périU — Quel est donc mon âge, répondit Bcrzellaï, pour que je monte à Jérusalem avec le roi! Je suis octogénaire puis-je malntenaut reconnaître ce qui est doux et ce qui est amer?ia Dourrilure cl la boisson peuvent-elles délecter votre serviteur? pourrai-je entendre la voix des chauteurs et des chanteuses de votre palais? pourquoi donc votre serviteur deviendrait-ilàcharge à son maltret Je passerai le Jourdain , je marcherai encore un peu avec vous, puis vous souffrirez que je m*en retourne, pour que je meure dans ma cité et que je sois enseveli auprès de mon père et de ma mère. J^i là mon fils Chamaam; qu*il aille lui-même ave(\vous, 6 seigneur, mon roi, et foites pour lui tout ce qui vous semblera bon. — Que Chamaam vienne donc avec moi » dit le roi , et je ferai pour loi tout ce qui pourra vous plaire, et vous obtiendrez tout ce que vous me demanderez. • Après qu'on eut passé le Jourdain , le roi embrassa et bénit le vieux BerzcUaï , qui s*en retourna.
Est-il besoin de faire sentir le touchant carach ie, le charme infini de ce tableau? L'imaginalion rcl rouve ici louLe la poésie des premiers temps du monde. D'autres scènes erapiciiitC6 de celle couleur atlachanle viendront de temps en temps mêler leur doux, iutcrcl aux récils d uuc époque pleine de révolu lions.