CHAPITRE VL
DepuU la répression de la révolte do Séba jusqu'à rapparition
de range eiterminatear«
(lOâS—iÛio avaot JéâUâ-Uiriiyt.)
On se rappi'iie les luîtes qui précédèrent ravéoenienlde David à la couronne^ luttes passionnées enire la iribu de ittda, à laquelle apptrtenait David, et les onze tribus qui ivalent donné la royanlé à isboseth , dernier fi h do SaûK QuBiid cQliiî-ci Ittk morl , lo sacre do fil» d*lsaî à Uébron , aunilieiides acelaroa tions deadouie tribvs réunies, devint comnft «B pacte d'aniveiséUe concorde ; inais au fond de celte paix ae Montraient dea germea indeatroctibles de rifalité , detf animosités jalooses qnl devaieni lèton tard ae réveiUer. Les Jui& de lérnaalem , avertia dn retour de DaviA» a*étaient mis en route pour Galgala ; la moitié aeu* • lAoent du peuple des onze tribus , informées trop tard de la venue du roi , avait pu se rassuniLlt r aux bords du Jourdain ; de là des reproches , des plaintes adressés aux hommes de Juda. c David nous touche de plus près que vous, leur répoudaient les hommes de Jada, pourquoi vous inih^r sur ce point? avons-nous noanc^é quelque chose du roi ? en avons-nous reçu des préseutsï » Les hommes d'Israël parlaient de la supériorité de leur nombre, se regardaient «OBuno ouiiagéSf et ceux de Jnda ataient fini par leur faire
71 HISTOIRE DE lÉRUSALEM.
entendre de dures paroles. C'en est fait, l*unité du royaume sera brisée; de longues guerres intérieures casanglautcront le pays.
» Tout à coup, aux rives du Jourdain , un puissant Israélite, de la tribu de Benjamin, Séba, fils de Boclui, soime de la trompette en signe de rébellion et de guerre, et s'écrie ensuite : c David n'est plus rien pour nous ; Israël, « retournez à vos tentes. > Les onze tribus se laissent entraîner; David revient à Jérusalem n'ayant pour cortège que les houiines deJuda. Son premier soiu, en retournant dans son palais, fut d'assigner une demeure séparée aux dix épouses déshonorées par Absalon, et de les condamner àpasser leurs jours dans le veuvage et ia solitude.
A peine délivre d une révolution, le roi avait à combattre une révolution nouvelle; déjà plusieurs places au nord du royaume de Jérusalem appartenaieul au parti de SéLa ; David envoie des troupes pour le réduire ; il confie le commandement au brave Amasa , qui périt victime delà préférence du roi; Joab, dont la sombre jalousie veillait toujours, tue Amasa dans unguet-apens, comme il avait tué Abner. C'était unjlerrible homme de gaerre, maisU ne reculait pas devant un crime. L'expédition se poiirsoil; Joiib assi^ la viUe d'Abela , dans laquelle Séba s*était renfermé ; sa troQpe se prépare à renverser les mare de la elié. Une femme, renommée par sa sagesie, parait sur les remparts t'et demande à parler à Joab ; elle lui rappelle l'ancien proverbe ; Qm ceux qui cherchent conteil ekirehint • d Jbelaé.t N'est-ce pas moi , dit-elle , qui rends les oracles < en Israël ? Et tu cherches à détruire la ville, à détruire une t . des mères d*Israël I » Joab répond qu*il ne veut rien démolir, etque, si on lui livre Séba, qui a levé la main conire son roi, il 8*éloignerad*Âbda. c Eh I bien, répU^é la femme, nous vous enverrons sa tète par-dessus le mur» • En eflét elle parla iogemmt au peuple de la ville , dit Tbistorlen sacré, et puis on coupa la tète à Séba, et on la jeta aux pieds de loab. Ainsi finit cette expédition*
Le règne de David devait être une époque toute decomT*
GBAFmUB VI. 73 hiAs et d*épreave8. Voilà qu*une famine arrive (ran l(M7 araot J.-C); elle dure trois ans. L*oracle du Seigneur fut consulté, comme cela se pratiquait dans toutes les circonstances soleil Délies ; i C/està cause de Saiil et de sa maison sanguinaire qui a fait périr les Gabaoniles, » répondit l'oracle. Les Gabaonites, Amorrhécns d'origine, avaientobtenu de Josuéet de ses successeurs gràco pour leur vie, en se soumellanl à la religion des Hébreux et aux tributs; Saul donna la mort à plusieurs Gabaouites, s^ns tenir compte de cctlevicille alliance. David, instruit jtai l'oracle, appela les chefs de ce peu j «le eL leur demanda qutl s sacriGces ilssoahailaicnt en expiatioii de Tinjustice commise envers eux. • Livrez-nous sept hommes de la race de Saûl, pour les crucifier à Gabaa, rcpondireni les chefs. — Je vous les livrerai, > dit le roi. Miphiboselh qui avait trouvé Thospitali le sur le mont Sion, et qui était liis de Jonathas, ami de David, fut épargné ; ks GaliaoBitcs reçurent leurs sept victimes qu'on crucifia sur la montagne de Gdna.
Cette sanglante immoklion se passait aux premiers jours de la moisson; on commençait à conper Torge. Respha , mère de deux des vietimes , donna un touchant exemple de tendresse : elle demeura sur la roche où pendaient en croix ses deux fils« depuis le commencement de. la moisson jvsqu*à ce que Tapiation eftt ronvert les sources du ciel fer^ méespar les crimes de Safll; la bonne mère écartait de cas corps précieux , les oiseaux pendant le jour el les bètes pendant la nuit. David » k qui on annonça cet exemple de dévouement , voulut rendre les honneurs de la sépulture aux malheureux, restes d'une race proscrite. Il enleva de Xabès Galaad les ossements de Saûl et de Jonathas» tués à h bataille de Gelboé » détacha des croix de la montagne de Gabaa les corps des sept vietimes, et déposa toutes ces dépouilles dans un conuaun sépulcre , dans celui de Gis, pkede Safil. Après cela; ditrEcriture(i), Dieu se réconcilia «vec la terre.
(1) li' livre des Roiii, ckap. 21 , vers. 14.
Digiiizixi by Cooglc
74 HISTOIBB DB jMROSALElf .
Les iûlëréls religienx se trouvaient ici d*acconl avec les intérêts politiques. Le crucifiement des derniers descendants de Saùl, qui donnait saiisfaction à la jvisticedivine, profitaiL à l'œuvre monarchique de David. L iramolalioll d'nne dynastie rivale détruisait les causes de pertuibalioa pour Tavenir. On verra, dans la suite de ce récit, tous les soins, toutes les précautions de David pour assurer un paisible règne à son jeune fils Salomon, né de Belhsabée.
f^es Philistins reparurent à la suite de la famine; ils espéraient trouver l'État affaibli, découragé par ces longs fléaux, lis livrèrent et perdirent quatre batailles. La vaillance des Hébreux ne se lassait point.
David, chef d'un royaume fondé cl agrandi par la Tictoire, eut l'idée défaire le dénombrement cujuplet de tous 1rs Hébreux en état de ])orler les armes. Depuis Dan jusqu'à Bersnbée, d'après le livre des Paralipomcncs , on en compta quatre cent soixante et dix mille dans la tribu de Juda ou tribu noble, et onze cent mille dans les oMe tribus (i); d'après le livre des Bois (t), on en compta cinq ceainiUlc en Juda et huit cent mille en Israël» On a de kl peine à s'expliquer la ditférence de trois cent mille dans TérahiatioD des deux hislorieas» pour !• déftombreiiieiii des ODM iribos.
Iloise avait ordimstf depa]rer an Seignoar un <ieni«sicle par léle , à ebaqoe éDiméntion du peoplê ; DivM fi# s*étiil point ressouYSou de ee oommandement. Ce n'éCaii pas seulemeni rooblî de Tordre de Moise qui devenail une ftvte; ee fait qui provoqna d^enitersels mermures et le ooerRMix du Seigneur, n*a pas élë» aeien noos , eompidlenent apprécié par ieseonuDentateuft. Lesdéoombrenienls ont tonjolire été fort rares ches les peuples oriehtaus, parce que, dans leurs idéie delatalilét rénuméraUen des forées bumalfies semblerait neltre Taetion de llionime à la place de Téction de Dieu. La nation israélite • qui marcbaii
(1) Livre 1, chap. vers. îi.
(2) Uvre li, chap. 24, vert. 9.
Digrtizeij Ly <jOOgIe
et combâltait sous la protection divine, devait trouver quelqaechose de contraire h ses croyances dans le dénombrement militaire commandé par David. Compter ses forces , c'est m€Ur(^ on elles sa confiaMcc; lo roi blessait ainsi le senlimeul religieux. Il ne larda pas à reconnaître son tort ! « J'ai beaucoup péché eu cela, dit-il au Seigneur;
< pardonnez L'iaiquité de votre 6ervii«ur; j'ai trop agi ea c insensé (j)-*
La religion des Hébreux n'était pas nnc religion de miséricorde; toute faute recevait un châtiment, et un châtiment terrible. Le prophète Gad paraît devant David , et , parlant au nom du Seigneur, lui donne le choix entre une fattiine pendant sept ans , des revers pendant trois mois ou la peste pendant trois jours. Quelle effroyable allernaiive ! David accepte la calamité la pins rapide , la peste pendant trois jours; soixante et dix mille hommes périssent, depuis Dan jusqu'à Bersabée. Au rapport do rÉcriture, David voit lui-mémo Tango exlerminateur , planani entre le ciel et la torro^ avec une épée nue tournée contre Jérosalem : t G*ost moi qoi ai péché, > a'écriaît David, lafMo prosternée daao la poussière ; t c'est moi c <|nl al fait lo mal ; eos paums brobis qu'ont-ellea £aâll ■ Seigneur, qno votre main se tourne contre moi et contre
< la maison do mon père 1 1
C'est assex, avait dit le Seigneur, et Tange àvait sua^ penda ses coups. L*aogo se trouvait aloio dans la direc* lion d*nne aire «ituée sur le mont Koriab , nne dee mon* lagoes comprises dans renceinte de lémsalem. Cette airo appartenait à un Jébuséen, converti au judaïsme , nommé Aréuna, selon le livre dea Rois , et Oman selon Ito Mali* pomèoes. Le prophète Gad ordonna à David d*élever nn autel en ce lieu. David se renditàTairo. Ornan battait son grain , aidé de ses quatre fils , lorsqu'il avait aperçu tout
(1) David défendit (jifon parlai du (ipnombrcment dans les Fasle» dti ma règne. C'est le livre des Paralipomèues qui indique les Fastes du règne de David dout toute trace a été perdue.
70 HlSTOiaË 0£ iÉRUSALËM.
à coup range du Seigneur ; il 8*éUit éloigné rempli d*e[friî* En voyant David B*avançanl vers son aire, Oman va se prosterner à ses pieds , et lui dit : < Quel sujet amène le seigueur mon roi auprèsdeson serviteur ? — Je viens, lut répond David , acheter voire aire pour y élever un autel au Seigneur, et fa ire cesser le fléau qui désole mon peuple. — Prenez, répliqua Ornan, et que le seigneur mon roi fasse ce (ju'il lui ]»kiira ; je donne mes bœufs pour riiolucauhle , moii cliariol jjoiu le bûcher, mon blé pour le sacrifice. — Cela ne sera point ainsi, dit David, mais je vous en payerai la valeur; je ne dois vous rien enlever, ni oftiu au Seigneur le bien d'aulrui. » Et D n id acheta Taire cl les bœufs au prix de cinquante sicles d argent. H donna six cents sicles d*or pour la cession du terrain qui entourait l'aire d'Oman. Oavid y dressa un aulel , y offrit des holocaustes et des hosties pacifiques. Le ciel redevint propice a la terre , dit l'Écriture.
Le roi désirait aller offrir de nouveaux sacrifices auprès du tabernacle construit par Moïse au désert , et sur Tancien autel des holocaustes; mais ces précieux monuments de la foi judaïque étaient alors gardes sur les hauteurs de Gabaon ; David , selon l'Écriture («), avait été tout ébranlé deras|»ect du glaive de l'ange , et sa faiblesse extrême ne lui permit point de se rendre à Gal>aon ; il retourna offrir des sacrifices sur Taire d!Ornan , et s'écria : c C'est ici la c nuiiitm du Seigneur, et e'e$t ici Vauiel pour VholoeautU c â*imUlL > La splendeur fulnre du temple de lébovah se révélait au foi propliète !
(i) Panllpomènet, liv. 1» cJi« SL