‹ Histoire de JérusalemChapitre 35 sur 149 · CHAPITRE IX. loi · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. loi

il le souhaite , qivil recevra les graiiv^, Thnile et le vin qa*il lui promet , qu il fera couper les bois du Liban qui lui seront nécessaires, et qu'il les expédiera sur des radeaux Jusqu'au port de Joppé.

Les Juifs, maîtres de la terre de promission, avaient fait beaucoup d'esclaves , car Moïse autorisait la servitude. Trop* fiers pour s'abaisser aux travaux des métiers, c'est aux étrajig( i s soumis qu'ils les abandonnaient. Salomon prit donc parmi ces étrangers soixante et dix mille hommes pour transporter les matériaux du temple sur leurs épaules, quatre- vingt mille pour t ailler les pierres dans le flanc des montagnes, et trois mille six cents pour surveiller les travailleurs ; de plus, trente mille ouvriers étaient destinés à aider les Sidoniens dans les montagnes du Liban ; ils travaillaient pir dix raille et se relevaient tous les mois. Les charpentiers charges de concourir à l'o uvic étaient de Byblos. La innllitnile d'ouvriers rémois par David, et dont la direction fui conQce au maître ph(hiicien que Salomon avait demandé , appartenait aux diverses contrées soumises aux armes des Hébreux. On se rappelle la quantité d'airain que le père de Salomon avait amassé de victoire en victoire; on choisit un terrain argileux, situé près du Jourdain, entre Sachot et Sarlhan ou Saradath, . pour y jeter en foute tous les ouvrages d'airain. «Les travaux pour la construction du temple commencèrent dans la quatrième année du règne de Salomon, au mois de zio, qui correspond à notre mois d'avril , <475 depuis la sortie d'Égypte, 1007 avant Jésus-Christ. Le monument s*acbeva dans Fespacc de sept ans. Le paganisme ne fut pas aussi prompt à achever le temple de Diane à Éphëse, cette merveille de rionie : il l^i fallut deux cent vingt ans pour terminer son œuvre!

Quelle prodigieuse activité, imprimée par le jeune roil Sur ces hauteurs du Liban oii nous avons à peine retrouvé une quinzaine de vieux cèdres mêlés à un petit bois, de^nier reste des illustres forêts bibliques, on entendait alors la hache des Sidoniens et des Israélites et les grands troncs

qui tombaient et roulaient dans les vallées. De la mort* lagne à la mer^ tous les chemins, tous les sentiers étaient couverts de bois coupés < et de Tyr à Joppé les radeaux flollaienl sur les vagues. Plus de deux cent mille hommes, répandus dans le pays voisin de Jérusalem, furent occupés, les uns a abattre des arLros et à préparer le hoh, H tailler la pierre dans les monts ou à les polir, les anirrs à trans|îorter les matériaux, d'autres à jeter en fonte les colonnes et les bassins d'airain, ou à présider aux ouvrages en or et en a rident, à tous les ornement'; si divers du monument religieux. Ces pierres de près Je soixante et dix pieds de longueur, dont nous parle l'histoire, et qui furent les «îeules employées à rédifice depuis le fontlomcnt jusqu'à la toiture, ces Lois de réfère, de cfonièvre cl de pin , ces masses et ces malc'ri'iii^ de tonte nature, furent apportés à Jérusalem dans n ne disposition si parfaile cl d après des mesures et des calculs si exacts, rjue, sur remplacement du temple, on n'entendait jamais ni un bruit de scie ni un coup de marleau. Le mont Moriah, qu*avait consacré la prière de David, au momen t de Tapparition de Tange extertninateur, agrandi, en quelque sorte, par le comblement d'un tfès-pfofond favîn ou vallon avec des terres apportées, vit ainsi s*élever celte demenre de Jéhovah qui était comme la réiltiion lllagttifi^ué, mais irrégullèn^ deqitatr« Urnuplea.

Vofki d'abord Ici pài^isdedGéntils, entouréd*one galerie liveo quatre grandes portes ea bronze, recouvertes de lames d*ori eette première enceinte s'ouvrait aux Juifs liOfI pQflGés selon la loi, et môme aux étrangers ; elle était le vestibule ektérieur. Le parvis des Juifs formait le vestibule ialdriear; c*est là que les laraélites , hommes et femmes, ayant la pureté l^ale, priaient et écoutaient Fefiseiglieiiieiit dès préti^ L'or resplendissait sur les miii'S; trois portes à deux battants d'argent en ouvraient oa en fermaient rentrée. On y voyait Tau tel des bolo- <iaiisie§ oif, matin et soif , coulait le sang des animaux, et sttf lequel les prètfes énlreteflaieiit tin Icu pcrpétael i

Ézéebiêt ddnftê à cel auiel le nom d'ariel (lion), parce qu'il dérorail les victimes comme un Iîod pressé par la faim. On y Voyait aussi dix lavoirs d'airain, dont cinq au nord, et cinq au midi , pour servir à laver les pieds et les entrailles dès animaux. oiFerts en holocauste ; le siège du roi, le tribunal des musiciens et des chanteurs. Deux colonnes en bronze, appelées l'une Boz, l'autre Jachîm, étaient placées sur le seuil du vestibule. Venait ensuite le parvis des prt^lres ; sur ses portes de cèdre , oi"i brillaient des lames d'or, on avait sculpté en or des pampres et des grappes de raisin ; des Toiles de lin où se mêlaient des fleurs de couleur de pourpre, d'hyacinthe et d'écarlate étaient suspendus à ces portes. Le pavé était parqueté de sapin, couvert d*or. Sur les lambris de cèdre, se montraient des chénihins, des palmes et des fleurs. Là se trouvaient le riche autel des parfums, le chandelier d'or à sept branches dont dtacane, ornée de trois coupes en forme de noix, de trois grenades et de trois lis , portait une lampe entretenue ÂVtfe rbuiielà plus pure ; la tâble des douze pains de proposUiOfi , én bois de sétim recouvert d*or ; le bassin d*ai* lïld appelé mer à cause de sa dimetisîon, ou eoulaient les eaux d*une fontaine, qui» par des voies souterraines» allaieot se Jeter dans le torrent de Gédron; douze bceufs d*airain, g;roupés par trois» auit quatre points cardinaux, lui servaient de base. Les prêtres » revêtus d^un caleçon «t d'une tunique de lin, serrée par Une ceinture, et por* tant une mitre sur la tète , avaient seuls le droit de pénétrer dans ce parvis*

Pois, enfin, et comme dans les profondeurs de la demeure de lâiovah il y avait le Saint des Saints» appelé aussi oraeU, imUon inUrieut», pavé en marbre, parqueté de sapin, avec des lames d*or; des lambris de cèdre doré» des pierres précieuses » des ciselures et des moulures d^une richesse infinie faisaient de cet espace un 'sanctuaire éblouissant. Là fat placée Tarche d'alliance , comme» nous le dirons plus tard.

Deux chérubins, do dix coudées de haut, déployant

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leurs ailes de cinq coudées de haut au-^essos de Tarebe et de la table d*or du propitiatoire, f^résentaîent une image des anges inclinés devant la majeslc du Tout-Puissant. Nul, excepté le grand-prétre , ne pénétrait dans le Saint des Saints , et encore ce n'était qu'une fois Tan. Le Saint des Sainls était séparé du reste du temple par un riche et grand voile de soixante et quinze pieds de haut.

Tel était ce temple, où partout se rencontraient Tor et le cèdre. Chacun des quatre côtés du temple avait cinq cents coudées; son terrain coniprenaiL sept cent quarantesix toises de circuit (i). Sa façade regardait rorient , et quand le soleil naissant frajjpait les larncs d'or, on eùL dit un magnifique incendie; une pailie de celle façade était en marbre; elle étincelaiL comme la neige du Liban sous les rayons du rnalin. Pour écarter les oiseaux et leurs souillures, on avait hérisséde pointes d'or le toit du temple. Aux deux angles occidentaux de l'édifice , les trompettes . des prêtres, appelant le peuple aux assemblées religieuses, retentissaient du haut d'une tour. Le temple avait quatre portes extérieures, celles du septentrion et du midi, du couchant et de l'orient; cette dernière , appelée aussi porte royale, surpassait les autres en beauté ; il fallait vingt lioniaies pour la faire rouler sur ses goa ls. Un grand nombre de chambres, scnibhddes à des pavillons, donnant l'une dans l'aulre , et Lleslinées aux prêtres de semaine, formaient comme des galeries supérieures autour de leditice.

Si on nousdcmaude quel ordre d'architecture présida à la construction du temple, nous ne répondrons point, comme quelques auteurs , que ce fut l'ordre corinthien ; certainenientaucun ordre n'avait été encore inventé en Grèce. Le temple de Salomon , avec rénorme dimension de ses pierres , rappelle jusqu'à un certain point l'imposante austérité du génie égyptien ; il est loin d'avoir cette harmonie de proportions qui distingue les monumenls des

(1) Le P. Lami.

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