CHAPITRE X
totondtt nograume; les successeurs de Salomon depuis Roboam ^mm^^ *' ' jusqu'à Jo«aphat,
(979-880 avant léiiit-Gbiist.)
Avec pins de bon sens et de sagesse, l'héritier de Salomon , Roboam , né de Maama , aurait pu réparer les torts de la vieillesse de son père. La tribu de Jada et celle do Benjamin y qui n*en formaient plus qu*ane seule , avaient Mlué Roboam pour roi , mais les dix autres Iribos, rassemblées à Sichem (aujourd'hui Naplouse)* Voulaient, aivant de se soumettre au fils de Salomon , obtenir un sort meilleur que sous le règne précédent. Un luxe prodigieux, mie magnificence royale inouïe ne pouvait guère se déployer qu'aux dépens du peuple. Pour qu*à Jérusalem Tor devînt commun comme les pierres , selon Texpression déjà rapportée, il fallait qu il ea restât peu dans la demeure des sujets répandus depuis les sources du Jourdain jusqu'aux limites du désert dldumée. Roboam parait à Sichem au milieu des dix tribus qui sollicitent un soulagement dans le fardeau des impôts; il demande trois jours pour se dé» cider ; les inspirations insensées de quelques jeunes gens l'ero^rtent dans son esprit sur celles des vieillards» et Hoboam répond aux dix tribus que son petit doigts est plus
m HISTOIRE DE JÉRUSALEM.
gros que les épaules de son pore; qu'il rendra leur joug plus lourd ; que son père les fou et lait arec des verges, et qu'il se propose, lui» de les fouetter avec des cordes plombées. Le mécoDlentement populaire reçoit d*UQ tel aflTroBt uue vive énergie. Jéroboam , fils de Nabath, revenu d*Égyple, est établi roi dlsraèl, et Sicbem devient sa capitale. Un entêtement despotique a provoqué cedémem* brement qui sera fécond en crimes et en calamités; il a éloigné sans retour dix tribus, désormais perdues pour la cause de Jébovah et de la nationalité hébraïque.
Roboam met sur pied cent quatrO'Vingt mille hommes pour soumettre violemment les dix Iribus qui lui échappent ; mais le prophète Séméïas annonce que Jéroboam a été fait roi d'Israël par la volonté do Seigneur, et les guerriers de Juda et de Benjamin se séparent Sémâas empêche les horreurs d*une sanglante lutte entre des hommes de la même nation.
Les solennités religieuses altiraienl à Jérusalem les Hébreux de chaque Iribi». Jéroboam craignit que ces fréquents voyages n'atraiLlissentson autorilé dans le nouveau royaume d'Jsraël,et que la réunion dans le même leiii|>le ne provoquai peu à peu la réunion autour de la même royauté. H imagina donc de donner des dieux à son peuple, ou plulùi de leur rendre le bœuf Apis, dont le souvenir cnchanlait toujours Tespril delà nniHilude des Israélites. 11 plaça deux veaux d'or , l'nn à Bélhel , rnutroà Dan, et bâlit dos sanctuaires sur les hani s liruv. Sans respect pour les enfants d'Aaron et les preroiçalivcs sacrées de la tribu de Lévi , le roi d'Israël conféra le sacerdoce ant premiers venus d'entre les Hébreux. LorsquMl cul ainsi fait à sa guise des dieux et des j)rèlres , Jéroboam défendit à son peuple d'aller au temple de Jérusalem : c Voilà vosdreux » t lui dit-il en lui montrant les idoles ; voilà les dieux qui c vous ont tirés de l'iî^gyple. > Ët le peuple d'Israël se précipila vers celle impure idolâtrie.
 répoijue même de la fêle des tabernacles , Jéroboam consacra les vea»x d'or à Eéihel. Pendant que Tiaspie
Mhîi d« Tcncens , ub propUla de luda ft*mim i « Auld , anlel I 8*écria-t-j| , il nattrt de b mim de
• PtTid un' prince nominé Josiae, qui imnolera snr tei c ks prêtres qaî mamteBant te jellenl derenceos, et qui € brûlera sur loi ks pssemenls de ces hommes. Le fiei^ c gneur nous donne ce signe , conlinne le proivlièto s c Taotel va se briser, et la cendre qui s*y trouve se répa»* < dra sur la terre. > léroboam« furieux, étend Ja nain comme pour protéger rautel, et commande qu*on arrilo le prophète ; soudain, sa main se sècbe et demeure étendue, Tautel se brise , et la cendre des holocaustes se répand à la prière deThomme de Dieu, le roi reprend Tq sage de son bras; un miracle FaYsit frappé, un miracle le relève. Jéroboam, dans sa reconnaissance, reul emmener le prophète, lui donner à manger , lui offrir des présents : i Si vous me « donniez la moitié de votre royaume, lui répond l'homme I de Dieu , je n'irais pas avec vous , je ne mangerais pas c avec vous , cl je ne boirais pas une goutte d'eau,
i -Seigneur m'a dit : Tu ne mangeras pas de pain , tu ne t boiras pas d'ean cw ce lieu , et tu ne reviendras pas par
• le même chenil II. > ij hoiiune de Dieu ne siH\iL donc point, à son retour , le chemin par où il s'était rendu à Bélhel.
Il se trouvait dans cette ville un vieux prophète, dont les fils avaient été témoins de ce (jui venait de se passer ; ils le Imî raconlèrent siir-le champ. Le vieillard leur demanda par rjuclle roule l'homme de Juda s'en était allé , et ses fils lui montrèrent cette route. H se fît amener son âne et partit. 11 rencontra le prophète de Jtida assis sous un térébtnlhe, et lui dit : c N'étes-vous pas l'homme de Dieu qui êtes venu de Juda ? — C'est moi, > répandit le prophète ; elle vieillard lui dit : < Venez dans ma demeure et vous mangerez du pain. « Le prophète répliqua : c Je ne puis aller avec vous , je ne mangerai pas de pai», je ne boirai pa& d'eau en ee lieu, parce que le Seigneur me l'a défendu.
Je suis prophète comme vous, dit le vieillard, un ange m'a ordonné de vous ramener dans ma demeure pour que
iU HiSTCMILE DE JÉRUSALEM.
irons mangies pain et que toqs bnWes de feau. > Le Tieilhrd de Béthel trompait rhomme de Dieu ; il le ramena cImz lui t et pendant que le prophète mangeait , le yieiilaid de Bélbel entendit la voix do Seignear» et» s'adres^ saut à l*homme de Dieu , s*éer!a : c Voici ce que dit le Seignenr : Parce que tu n*as pas gardé mes ordres , parce que tu es retourné à Bélbel • et que tu as mangé du pain dbu de Teau malgré le commandement du Seigneur» ton corps ne sera point enseveli dans le tombeau de tes pères. > Le prophète de Béthel prêta son âne à Thomme de loda ; celui-ci rencontra un lion qui lui donna la mort; son corps était couché sur le chemin ; Tânc restait auprès du lion , et le lion ne quittait point le corps. Voilà que des hommes passent, et voient un cadavre éteudu et un lion arrête auprès du cadavre; ils vont à la ville et répandent cette nouvelle. Le piopliète de Béthel comprit que l'homme de Dieu venait d'être puni de sa désobéissance ; il monte sur son âne , et trouve le cadavre, l'âne et le lion. Il prend le corps sur son âne, retourne à Béthel , et pleure le prophète de Juda. Le vieillard le fit ensevelir dans le sépulcre des siens, à Bélhi 1, el lui vl ses fils le pleurèrent, disant : • Hélas! hélas ! ù mon frère ! » Le vieillard demanda ensuite à ses fils de le mettre, après sa mort, dans le sépulcre où il venait de déposer l'homnie de Dieu , de placer ses os à cêté des os du prophète. 11 finît par annoncer l'accomplissement des paroles de l'homme de Juda conlre l'autel éleiré à Béthel , et contre tous les sanctuaires bàlis dans les villes de Saniarie (i).
Ce prophète de Juda, qui tout à coup éclate comme la foudre au milieu des fêtes impies de Béthel , et dont la fidélité religieuse, miseàrépreuve par un autre prophète, succombe sous de trompeuses insinuations ; le spectacle du lion , de l'âne et du cadavre de l'homme de Dieu ; ces effèts si divers de la divine puissance punissant les violateurs de ses lois , se présentent avec un caractère drama-
(I) livre de» Rds, llv. S, chap. 15.
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LH.VPITRE X. 1^
tique et de simplicité naïve qui saisit vivement rcaprîl* Roboam , pendant ses dix-sept ans de règne, répara diverses places situées au midi de la Palestine : Bethléem» Elhan, Thecua , Odollan , Gelh, Mareaa, Ziph, Adaram Lachis ( aujourd'hui El-Ârich ) , Hébron , Sochol , elc« * voilà tout ce qu*ii fit pour U gjoire. Les richesses anas^ sdes par Salomon et gardées par vn saccessear sans génie» ne pouvaient manquer d^exciter Tenvie des voisins puisl sants. Le premier roi de la viogtrdeuxièoie dynastie égyptienne , appelé Schischook en égyptien (i), Sesonchiidans le grec de Hanéthon, Sesac, Sisali, ou Schischiak dans les livres saints, traverse le désert de Syrie avee douse cents chariots t soiiante mille cavalier» et une multitude de soldats» s'avance vers Jérusalem, enlève les trésors du temple et les trésors du roi, les boucliers d*or de Saiomon, et reprend le chemin de TÉgypte.
Le roi d*Égypte n*emmena point lloboanj prisonnier, comme on Ta dit inexactement; le texte de la Bible est formel à cet égard. Le bas-relief découvert à Thèbes, qui représente les Hébreux enchaînés avec d'autres nations par les victoires de Sésonchis , duii s inlerprcter , quant aux Juifs, par une soumission et le payement d*UQ tribut, et non poinl par une captivité.
Les Israéliies el leuiis chefs se trouvaient alors comme frappés d'uu slupide aveuglement. Ce n'élnil plus seulement àDan et à Béthel que s'élevaient les autels des idoles ; la Iribu de Juda elle-même voulut avoir des dieux, et sous Je feuillage de chaque arbre, sur les hauteurs de chaque colline , nous dit l'Écriture, elle dressa des autels et des statues de divinités. Les dieux des nations étrangères» na* lions soumises, envahissaient victorieusement lesflébreux. lin violent amour pour 1 idolâtrie avait saisi le peuple de Dieu ; c'était un entraînement universel , une rage frénétique. Le cuite de Priape» introduit par la mère d'un roi de
(I ) Ces nonf dlTers noue ont été communiqués par M. CbampoK lioD-Figeac.
HISTOIHË DE JERUSALEM.
Jnda, vint couronner toutes ces abominations. Cette déroute des âmes s'explique : les Juifs étaient tombés daiis une corruption profonde ; il y avait , chez les nations étrangères» des dieux pour tous les penchants pervers; on courut à ces dieux par la raison qu*on cédait aux passions. Après Roboam, Abia, un de ses vingt-huit fils, passe trois ans sur le trône ; il gagne une bataille contre Jéroboam au pied du mont Semeroo , près de Sichem. Mais llionneur de sa vie e*est d'avoir donné au trôné de Jérusalem Asa , roi vertueux et brave.
Maintenant voici les coups terribles qui vont commencer à tomber sur la royauté d'Israël. Le vieux Jéroboam avait nommé k sa place son fils Nadab ; celui-ci, pendant qu'il s'occupe du de Gebbetbon , viile des Philistins, est poignardé par un de ses officiers, Baasa, fils d'Abias, de la tribu dlssacbar. Baasa se fait déclarer roi par l'armée d'Israël et détruit toute la race de Jéroboain et de Nadab. Le prophète Jéhii, fils d'Hanani, aiiiiom c à Baasa, coupable d'idolâtrie» que sa propre race à sou Lour sera frappée ; l'usurpateur nouveau puuii de mort le prophète qui lui a révélé un aussi sombre avenir.
Leioyauine de Juda avait besoin d'une main vigoureuse qui rétablît les forces militaires et la disci[)line, et qui arrêtât la Lciidance désastreuse à l'idolâtrie. Asa fut l'homme de celte situation. Il se composa une armée de cinq cent quatre-vinijfL niille crimballanls, pris dans les deux tribus de Juda et de Benjamin. Le faiblrlioboam avait laissé venir SesoQchis jusque dans sa capitale; Asa s*en alla à la rencontre d'une immense multitude d'Éthiopiens qui marchaient contre Jérusalem ; il les attaqua dans la vallée de Sephat, lespoursuivittjusqu'à Gérara, et s'enrichit de leurs dépouilles. Azariad, fils d'Oded, lui annonce des malheurs au nom du Dieu qui a été abandonné de son peuple , et, pour détourner les menaçants nuages amoncelés sur son royaume, Asa travaille fortement à extirper l'idolâtrie. Ce ne fut pas le moindre de ses actes d'énergie religieuse que la destruction du culte de Priape f et la disgrâce absolue
GHAHTUE X. iât
4c sa mère, MMeka , qoi s'en élail liît en qadque sorte rîBipare prêtresse. Il ordonna la démolition de la grotte oii se pratiquaient ces céréoiouies infâmes ; Tidolefut mise en pièces, livrée aux flammes, et ses cendres jetées dans le torrent de Gédron. La grotte du culte de Priape était sans doute dans la vallée d*Hinnott ou de Géhénioo* Asa, pour effilicer plus complètement les traces d'une idolâtrie immonde, et pour rattacher le peuple au Dieu d'Âbraham •t de Jacob, convoqua les tribus a la dédicace soleniielle de Taulel du Seigneu r, placé dans le vestibule extArieur du temple. Parmi les hommes de Juda et deBeujaiiiiti, on vit des hommes d*lsraël qui retournaient au roi Asa, croyant qoe le Seigneor était avec lui, dit rÉcrilure. Sept cents bœufs et sept mille béliers appartenant au buUn fait par les vainqueurs des Éthiopiens, forent immolés, et Jéfaovah retrouvait sa nation choisie. On dévoua à la mort tout Hébreu qui s'éloignerait du Dieu de ses pères, cl Talliance avec le Seigneur se resserra au bruit des trompelles ai des cia irons.
L Écnlurc a repiocUé deux fautes au roi Asa ; la i)remière, c'est d'avoir eu recours à un prince de Damas pour se délivrer du roi d'Israël, Baasa , qui était venu loi Lilicr Rama et qui menaçait de là Jérusalem; la seconde, c'est d'avoir eu plus de conliancc dans les nié<icoins que dans le Seigneur pour se guérir , à la Un de ses jours, d'une violente atteinte de goutte aux pieds. 11 fut enseveli à Jérusalem , dans un sépulcre creusé par ses propres soins. L'auteur du livre des Parai ipnniei) es raconte qu on brûla autour du corps, placésur un lit, des aromates et des parfums de courtisanes (i) ; il paraît ne ])as approuver ce genre de luxe funéraire, dont il parle comme d une lumveaulé. Asa, durant ses quarante ans de règne, reconstitua le pouvoir monarchique qui s'écroulait à Jérusalem ; il sauva alors peut être la nationalité des Hébreux en les arrachant à cette fièvre d'idolAtriequi les entraînait, car leur
(f ) Uaguentis amirlsiis, liv. 3 des Paratip., diap* I6>
exisleuce politique éUil attachée au culte de Jéhovah ; le Dieu unique était la source de leur énergie, de leur puissance» et le maître de leur desliu futur.
Josaphat, fils d'Asa, apparaît sur la terre de Jcrusaleni comme une belle etsainte image de David. Pendant qu'un chef, digne des regards du Seigneur, monte ^ la royauté de Juda, voyez les agitations sanglantes, lesforfaits autour du trdne des dix tribus« Âchab est roi, mais qu^ dliorreurs avant son avènement 1 Le désordre politique a excité les ambitions ; on se dispute la couronne par Fassasslnat ; les descendants de Baasa périssent, et leur meurtrier périt à son tour; Tarmée d*fsraSI fait des rois qu'elle ne sait ou lie veut point défendre, et de crime en crime nous arrivons & Âmri , qui , durant un règne de dbuie ans , bâtit Samariesur le mont Semeron. Acbab succède à Âmri aon père ; il épouse une fiUe du roi de Sidon ; cette ille devint la fameuse JtebeL Ce n'est point l'histoire particulière des Juifs qui nous occupe , c'est l'histoire de Jérusalem ; nous devons donc nous borner à suivre le royaume de Juda, en indiquant seulement ce qui se passe parmi les dix tribus, lorsque Ics faits dlsraëi se lient direclemeiil à ceux de Jérusalem.
Asa, comme nous Tavons dit, avait travaillé à détrnîre l'idolâtrie au milieu de son peuple ; content d'avoir renversé les idoles, il n'osa pas interdire aux Juifs Tadoralion du Seigneur sur les hauts lieux; Josaphat , continuant l'œuvre de sou père , s'eiforça de ramener smi peuple au temple. Il envoya dans toutes les cités de sou royaume, des prêtres et des lévites pour y enseî|?ner la loi sainte si longtemps oubliée. Il visita lui-même les principaux points pour s'assurer qne les idoles et les bois sacrés avaient disparu, l e roi établit dans cha(}ue ville , daus chaque lieu de Juda des juges à qui il fit entendre ces belles paroles : c Voyez ce que vous faites; ce n'est point le minislcrc de f rhomme, c'est le ministère du Seigneur que vous exer- • cez, et vous serez responsables de iou6 vos jugements, c Que U crainte du Seigneur soil avjec vous ; faites toutes.