CHAPITRE X
c choses avec diligence; auprès du Sé%neor, notre Dieu» c il ny a ni injusUce, ni acception de personnes, ni amonr f des présents. >. Des lévites, des prÔtres , des hommes pris parmi les premières ÏTamines forent constitoés juges àlérosalem* ' .
Dix-hnii ans 4*ane paix profonde permirent I losaphat d'achever la réof|[anisilion de son royaume qui avait tant occupé son père Asa. Nous lisons dans le livre des Paralipomènes que Josaphat compta jusqu'à onze cent soixante mille comlNtttants; si rétévalion du chiffre des diverses troupes n'est pas l'exagération ou l'errenr d'un copiste, nous ne verrons, dans ces onze cent soixante mille honmiLS (jiie le nombre des Juifs dont le roi Josaphnt pouvait disposer en cas de guerre, et non point unç anuéc sur pied cl constamment enlrclcnuc aux frais du gouvernement de Juda. L'Ecriture parle de ciladelles, de tours, de divers travaux de dofense exécutés par le successeur d'Osa. Du reste, il fallait que la force guerrière du pays de Juda eût grandi sous la main de Josaphal, car aucun peuple n'osait l'attaquer , et tous les royaumes d'alentour le redoutaient. Les t*bilistins lui envoyaient chaque année des présents et des sommes d argent, et les Arabes, sept mille sept cents bélitTs et autant de boucs.
Josaphat s'était lié avec la maison d'Achab par le mariage de son iiis avec une fille du roi d Israël , Athalie, doiit le nom doit plus tard retentir. Il consenlil à joindre ses troupes à celles d'Achab pour aller reprendre une place, Ramoth'Galaad , que les Syriens retenaient en leur pouvoir. Les faux prophèles d'Israël avaient approuvé cette ligue entre le vertueux roi de Jérusalem et le mauvais roi des dix tribus , mais le prophète Michéc la blâmait et annonçait des catastrophes. Achab lit emprisonner Michée ; ses rigueurs n'empêchèrent point l'accomplissement des paroles prophétiques. Durant la bataille , il s'était déguisé en simple soldat pour tromper la mort dont on l'avait menacé; une flèche lancée au hasard dans la mêlée vint lui èter la vie en le frappant entre l'estomac et les poumons,
PODIOtrUT. T. I. 9
et les armccsde Jnda el d*Israël se retirèrent. Le prophète Jéhu, ûls d*IIanai]i, reprodia à Josnphat d'avoir prélë Tapput de ses anhesà ud roi impie; le roi de luda ne reçut aon pardon qa*en sooTenir de ses couragem et mIbU efforts eontre l'idolâtrie.
On s'étonne en effet qu^an roi tel que losapliat elt pu . s'associer « même un seul jour, & la fortune d*Ac1iab , et peut-être y reconnaissait-il quelque intérêt politique, dont lliUtoire ne nous dit rien. Ce qui 8*dtait passé entre Âehab, lésabel et le prophète fille, avait montré tout le caractère odieux et impie de la royauté d'fsraél. Gomèlen de prophètes étalent tombés sous les coups de lésabel I combien encore étaient restés ensevelis dans les profondeurs des cavernes , vivant do pain et de Teao qu'une secrète fidélité leur IbumissàitI Âchab en voulait aux Jours d*Élie; Il raceusalt de la famine annoncée par le prophète, miils que ses propres iniquités avaient attirée sur le pays d'Israël.
Qu'il est frappant ce caractère d'Élic caché au bord du Garilh , du côte du Jourdain, biivanL Teau du torrent et recevant des corbeaux sa iiouri ilure, ou bien auprès de la veuve do Sarepla dont un miracle renouvelle la larine et l'huile, et dont un autre miracle ressuscite le fils! Qu'il est grand sur la montagne du Garmel , lorsqu'au milieu de la confusion des quatre cent cinquante prophètes auxquels Baal n'a pas répondu , il invoque le feu du ciel qui tout à roup dévore son holocauste et son bûcher en présence d'une immense multitude ! Que de poésie dans ce petit niingc, semblable à un pied d'homme, s'clevant de la mer, et changé liientôl en une tempête d'où s'échappent les torrents! Que dirons-nous de la fuite d*Élieau Sinaï, de celte voix qui lui parle du fond d'une caverne du mont Sacré, de la rencontre d'Elisée, n qui il jette son manteau, et qui. laissant ses bœufs, obtient d'aller embrasser son père et sa mère, el suil le prophète! Sur les rhemins de Palestine, au Carmel , au Jourdain, j'ai pensé plus d'une fois à cet homme couvert de poil, portant à la ceinture
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une peati de bête (i) , grave el sombre génie qui passa parmi les vivants comme le messager mystérieux des vengeances divines, el disparut un jour dans un cbardefcu sans que nul être humain put retrouver ses traces. Je lui disais comme le (ils de Sirah : < Heureux ceux qui vousonl ( vu et qui ont trouvé la gloire dans votre amitié! (i) >
Depuis les règnes de David el de Salomon, les flottes juives ne s'étaient pas montrées dans la mer Rouge ; Josaphat cl Ochosias équipèrent des navires pour le pays de Tharsis; mais ces navires se brisèrent au sortir du port d*Aziongaber , et quand Josapbat se plaignit au ciel du naufrage, on lui répondit que Dieu le punissait de son union avec le coupable roi d'Israël. -
Le dernier événement du règne de Josapbat fut une invasion subite des Moabiles el des Ammonites , auxquels s'étaient joints des Syriens el des Iduméens : leurs légions s'étendaient sur les collines et dans les vallons d'Engaddi. A l'approche de cette multitude menaçante, le pieux Josapbat, sans négliger les moyens humains, mil sa confiance en celui qui disperse les ennemis et donne la victoire. 11 prescrit un jeùue pour se rendre favorable le Dieu des armées. Tout le peuple de Jérusalem el des cités voisines s'assembla dans le temple. Le roi , debout au milieu de la foule recueillie , hommes, femmes, enfants, prononça celle prière :
• Seigneur , Dieu de nos pères, vous êtes Dieu dans le c ciel, el vous régnez sur les empires de toutes les nations; € la force et la puissance sont dans votre main, el pert sonne ne saurait vous résister. N'est-ce pas vous, notre « Dieu, qui avez fait mourir les habitants de cette terre < devant votre peuple d'Israël, cl qui l'avez donnée pDur « toujours à la race d'Abraham, votre ami? Les Israélites f ont pris possession du pays, y ont élevé un sanctuaire
(0 Vit piloBUS, el zonà pelliceà accinclusrenibns. LIt. tV des Bois, tliap. 1.
<3) Livre de l'Ecclésiastique, cliap. 48.
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€ a Totre nom , en disant : S*il tombe sur noiis des calaf mités , le glaive du jugement, b peste, la flimine , nous c nous présenterons en votre présence dans cette demeure t où votre nom est invoqué ; et novs crierons vers vons fl dans nos tribulations, et vous nous exaucerez, vous nous c sauverez. > losaphat parle ensuite des enfants d*Ammon, de lloab et de Séir , qui sont venus pour cbasser le peuple élu ; il se reconnaît trop faible pour résister i la mullttude ennemie, et, dans son impuissante îgiionnce, tout ce qu'il a su bire, c'est d*implorer la direction etTappui du Seigneur.
Après la prière du roi , un lévile, saisi de Tesprit divin, prophétisa une victoire sans combat : c'était l'affaire de
Di^Li; rai mce de Juda devait marcher, mais elle n'nurail à livrer aucune bataille. En enlendaiiL ces paroles, Josaphat et son peuple se pi osLerncul la face contre terre et adorent le Seigneur. Le lendemain » au lever du jour , on part de Jérusalem, et bientôt on arrive au désert de Tliécua. Le roi exhorte son armée à se confier au Seigneur , à croire à ses prophètes; il fait marcher en Icle de chaque troupe des chantres qui répètent en chœur le psaume de David : Confessez le Seigneur, parce que sa miséricorde est étemelle. Quel beau spectacle que celui de ce p< uplo armé, s'avançant lentement dans les solitudes, au bruit des saints cantiques, oubliant les glnivcs , les lances el lus flèches, pour se placer sous rinvincible protection de Jéhovah, retenant une impatiente bravoure, une bouillonnante ardeur pour attendre raccomplisscment d'une miraculeuse promesse, el dcuiLiiranl dans la prière et rinimobile énergie de la foi , malgré le voisinage d'innombrables bataillons ennemis î
Mais pendant la religieuse marche de Juda , à travers ces pales collines de Thécua qui n'ont pas changé depuis vingt-huit siècles, les légions réunies contre Josaphat se détruisaient; les hommes d'Ammon et de Moab avaient d'abord mis en pièces ceux de Séir, et s'étaient ensuite déchirés eux-mêmes; l'horrible discorde avait fait de cette
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ligue formidable, un mie et sanglant. «Das de cadavres. L'armée de Jérusalem put contempler ses ennemis étendus sur la terre t comme si Tange exterminateur eût promené son glaive parmi eiii ; elle passa trois jours à recueillir rimmense butin. Le quatrième jour, tous les hommes de luda, dispersés pour la recherche des dépouilles, se rassemblèrent dans une vallée à qui on donna le nom de VaU lée de la Bénédiction , parce qu*on y avait béni le Seigneur. Cette vallée, selon nous, est celle au milieu de laquelle s^éieva plus tard une forteresse appelée aujourd'hui le Mont-Français (i). Les vieux souvenirs de la France se mêlent ainsi dans ce désert aux lointains et merveilleux souvenirs de la nation choisie. L*armée de Josaphat rentra k Jérusalem aux sons des harpes , des guitares et des trompettes, et vint remercier IHeo dans son temple. Cette vie. toire que le Seigneur avait remportée au profit dn royaume de Juda , valut à Josaphat une heureuse paix jusqu'à la fin de son règne ; il dura viugt-cinq ans, el sa place est belle dans les annales monarchiques des Hébreux.
Le livre des Rois et le livre des Paralipomènes disent que io.s.iphal fut enseveli ihms Jérusalem avec ses ^lèios. 11 n'a (loiic pas reposé dans le sépulcre ({u'on lui assiguo au pied du moni do rOffense, et qui a donné le nom de ce saint roi à la vallée devenue la plus célèbre de l'univers. Comme le tombeau d'Àbsalon, celui de Josaphat , qui Tavoisine , serait reste vide! La Judée est la terre des sépulcres , el, chose étrange ! nous en trouvons qui n'ont rien eu à dévorer I
(1) ÇorresiKiatlaiice d Orieni, tome V.