CHAPITRE XI
tiUlîm de tmpéles , Tonde dévoranla leur laisse plat rien : ils ont disparu. Ainsi Tantique rae^ desCulht^cns ou des Samaritains, race immobile, battue par les flots ias Ages et des révolutions , s'amoindrissait peu à pea en nène temps qn*elle leur opposait une forte résistance ; elle n'est plus anjoiird*buî qu'un humble débris d'elle* même , et le jour n'est pas bien loin où les traces des 8»« naritalns s'elbceronL
11 n'appartient point à notre sujet de suivre an pays des Assyriens les dix tribus d'IsraëL Rentrons i Jérusalem peur voir le jeune Éséchias ouvrir le temple* purifier et réconollier Juda avec son Dieu , dans une eéréibonie d'expiation. Le sang des victimes coule sur l'autel ; telle est la multitude des holocaustes , que les prêtres ne suffisant point à l'Immolation , on a recours à de simples lévites* fiséchlas désira réunir ce qui restait de Juifs » depuis Dan jusqu'à Bersabée, à la fête des Aaymes qui , durant plusieurs années, n'avait pas été célébrée; il envoya des let** très aux tribus d'Épbraim et de Manassé , et des messagers religieux aux divers points de la contrée. On invitait les délurîs d'IsraSl restés en Samarieà revenir au Dieu d'Abra* bam» d'isaao et de Jacob, promettant que Dieu lui-même reviendrait à ceux qui avaient échappé i la main dn roi des As^riens* c Ne faites pas , leur disait-on ^ comme vos c pères et vos frères que le Seigneur a livrés à la mort , « comme vous le voyez; irendurcisscz pas vos esprits c comme vos pères; couûez-vous au Seii^nLur, venez à c son temple qu'il a sauclifio pour lonjours; servc/-l(j, et I il déloiii nera de vous sa colère. Si vous revenez à Ku , c vos frères et vos Ois obtientilroiU miséricorde auprès de f leurs maîtres qui les ont emmenés en captivité, et repat raitronl dans cette terre : noire Seigneur Dieu est doux t et clément (i). > Et les messagers d'Ézéchias s'en allaient de cité en cite, dans le pays d'Éphraïm, et les Israélites qu'ils reuconlraicnt les accueiiiaîenl avec des
(1) Pmlip., Ut. Il, chap. 30.
moqueries. Les tribus de Juda et de Benjamin n*eurent qa*uno âme pour répondre au pieux appel du roi; mais à peine vit-on arriver a Jérusalem quelques hommes d*Aser» de Manassé eide Zabulon. Les sept jours de la célébration des Azymes ne suiBrenl point à la piélc du peuple; il pn>longea la fôte de sept jours , et tout ce temps se passa dans une sainte allégresse* Geuxdlsraël rapportèrent danslear pays d'Éphraim une fervear qui ne fut point stérile. ' Des aatenrs ont annoncé que Tobie fut au nombre des Juifs partis de Sanarie à la Toix d'Ézéchiaa. Cette assertion ne nons parait pas exacte, car Tobie, devenu captif comme ses autres frères après la chute du royaume d*lsraSi, était déjà dans la contrée des Mèdes à Tëpoque de cette convocation religieuse à Jérusalem. Si le temple ne vit point alors le saint lM>mme de la tribu et de la ville de Nephtali , il avait été plus d*une fois auparavant le témoin de son lèle et de sa fidélité. Le livre qui porte le nom de Tobie est une histoire merveilleusement simple, d*on touchant intérêt, et pleine d'enseignements. Tobie trouva grâce auprès des rois assyriens , et obtint la liberté d*aller partout oti il voudrait. L*ami de Dieu en profita pour porter des consolations et des avis salutaires à tous les exilés répandus sur les rives des deux grands fleuves* 11 donnait de la nourri" ture et des vêtements à ceux qui en manquaient, et ensevelissait les morts. Qui de nous ne se souvient de ces douces heures de renfaoce où, pour la première fois, nous suivions leJeuneTobiechemiuanlsouslaconduitede Tange Raphaël, où nous assistions à son mariage avec la fille de Ragucl i vierge et veuvedesept maris tués par le pouvoir d*Âsmodée! Combien nous aimions à nous asseoir avec Anne, la mère du jeune voyageur , sur le sommet de la oulline (roù on pQuvail voir venir Uc Icjiii ! Lo rJiieii qui avait clé du voyage prend les devants, annonce le retour à la demeure paler-* nelle et témoigne sa joie avec sa queue vive el caressante. Le foie du gi and poisson du Tigre rend la lumière aux yeux du vieux Tobie qui, aveugle, s'était levé pour aller embrasser son fils. Noire cœur s'associait à celle scène de
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famille, et quctlc plus douce et plus pure ivresse que celle du relour d'un fils après ses longues pérégriDationsl Heureux le jeune Tobie qui put compléler la félicilé en appor^ Uni la guérison à des yeux éteiuU I . Les préd^esseurs d^Ézécbias, qui avaient le plus vigou* reusement poursuivi ridolâtrie , n*ëtaient point parvenus à interdire la prière et les sacrifices sur les hauts lieux ; le jeune roi eut cette puissance; il eut aussi celle de briser le serpent d*airain au pied duquel le peuple brûlait de l'encens; Moïse l'avait élevé dans le désert, c'était un monument de la nation juive , moaaraenl qui lui élaiL cher; sa destruction fut un coup d'État courageux. Tout ce qui tenait à la loi religieuse , au service du temple fui remis en honneur et complètement rétabli; le sanctuaire reprit sa majesté; la solennité des chants, des parfums et des sacrifices reparut comme une grande image de la foi des aïeux t et comme le témoignage d*une croyance toujours vivante. Ézéchias , voulant afliranchir les prêtres et les lévites des soins qui pouvaient entraver leur ministhv , donna des ordres pour qucle peuple leur payât exactement la dlme imposée par la loi.
Après rinlérét religieux vint Tintérét politique. Acbaz avait laissé le royaume épuisé d*hommes et d'argent et sous le coup des menaces des armées étrangères. Son fils organisa des forces militaires et s'occupa de mettre en sûreté les principales places. 11 marcha contre les Philistins et s'avança victorieusement jusqu'à Gaza, refaisant ainsi l'œuvre que le glaive Israélite avait tant de fois accomplie. La grande plaie de Juda , c'était alors le tribut énorme qu'il fallait payer aux Assyriens , c'était le vasselage qui pesailsur la couronne de Jérusalem. La politique d'Ézéchiàs tendît à secouer le joug. Elle atteignit ce but , grâce aux armes d*Égyple et d'Êtbiopie qui firent subir une défaite h Sennacbérib. Mais Tindépendance d'Ézéchiàs ne fut qu*uncjoic passagère. Les Assyriens ont appris Icschemins du royaume de luda; les voilà envahissant de nouveau le pays à la tête de leur roi Sennacbérib*
m HISTOIRE DE JÉRUSALEM.
A la nouvelle de leur marche, Êzéchi as travaille à uicllre Jérusalem en mesure de se défendre. 11 cache le peu de sources qui sont autour de Jérusalem , pour qtic rcnnemt» manquant d*eau, ne paisse prolonger le sicge. Ainsi m ferma Tonverlure eitérieure de la source de GihoD qui abreuvait la cité en passant par un aqueduc ; les eaux furent amenées dans la ville basse à l'aide d*nn condaii souterrain ; on creusa un bassin pour les recevoir. Des lours, des murs furent ajoutes aux fortifications de Jérusalem. On forgea des ariiiesj)Our les combalLants, Chaque troupe , comiiiaiulcc par un chef , eut sa porlc à défeudre. Ézéchias rasseniMa Tarmée sur la grande place de la porte de la ville; il Tcxliorta à se conduire vaillamment , à ne pas redouter le roi des Assyriens et toute sa multitude : € Cest un bras de chair qui est avec lui, dit le roi, et c'est le Seigneur Dieu tout-pnissantqui combattra pour nous (i). t
Cette ardeur belliqueuse ne tint pas longtemps; elle tomba devant le bruit de ta prise de diverses places dans le royaume de luda. Pendant que Seunachérib assiégeait Lachis, Ézéchias lui envoya dire humblement qu*il avait £iit une faute; il le pria de se retirer, offrant de se soumettre à toutes les conditions qu*il lui plairait d'imposer. Le roi des Assyriens demanda trois cents talents d'argent et trente talents d'or. Ou lui porta tout l'argent que reniVi [fiaient le temple et le palais. Ézéchias enleva, pom les duiiuer aux Assyriens, les battants des portes du temple et les lames d'or dont il les avait^ ornées lui-même. Les richesses de la maison du Seigneur triaient devenues comme une ressource de TÉtal dans les momenis de danger , et chaque roi de Jérusalem y avait recours. Sonnachérib reçut les trésors et ne donna point la paix. Il demeura dans le pays, et comme Ézéchias refusa de lui livrer Jérusalem , il envoya des chefs de son armée demander au roi de luda pourquoi il osait résister.
Il s'établit alors , en dehors de b ville 9 aBprès de
(ij i'âiuiip., Uv. 11} ctiap. 32.
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l'aqueduc de la piscine supérieure » entre les envoyés de Sennechérib et les reprcsentaais 4l*Ézécliias , une confé* rence curieuse dont dous devons parler. Rabsacès, prenant la parole au nom de sonmailre Sennacbérib, 8*efforçatt de prouver toute rinnUlitédes eflforts d'Êzéchias et tout le néant de aes espérances : c Peut-être le roi de Jérusalem f aUend-U des secours d'un Pharaon; mais Tappuî égypc tien est un roseau brisé qui perce la main de celui qui I s'y appuie. EsIpCO dans le Seigneur qu'il a mis sa con- I fiance! mais c'est par la Tolonté du Seigneur que Sen- « nadiérib est entré dans ce pays pour le détruire; le c Seigneur lui a dit : Va dans cette terre et raTage4a i Les ministres d'Ézéchias sont embarrassés , troublés de ce langage que pourraient entendre les Hébreux du baut des murailles; ils supplient les envoyés assyriens de leur parler syriaque , car ils comprennent cette langue , et de ne pas leur parler hébreu diovant le peuple qui écoute. Babsacès répond que lui et ses compagnons sont arrivés pour ramener ce peuple égare par ses chefs , ce peuple qui hienldt sera réduit à manger les ordures {2) el à boire son urine. 11 se met donc à haranguer, en langue hébraïque, les hommes qui récoutent sur les remparts; il les presse delà parL de soti maître, di; 11e i)as LToire aux promesses d'Ézéchias, de se rendre, leur aniiouyaul que chacun d'eux [joui ra manger du fruit de sa v igne et de son flguier, et bûîre de l'eau des citernes , jusqu'à ce que Sennachérib les traiv^porle dans une contrée fertile où le pain et le vin abondent , nue terre d'huile et de miel où ils vivront et ne mourront point. Ce peuple de Jérusalem ne doit pas espérer que le Seigneur le sauvera; aucune des nations dont le glaive assyrien a trioiuidie, n'a pu être sauvée par son Dieu , et le Seigneur ne délivrera ]>as Jei usaîem des mains de Sennachérib. Le peuple écoule tout en siieuce, ainsi que ^'avail ordonné iiizéchias.
(l) Les Rois, liv. 4, chap. 18.
(S^ livre des Reii, «hap. 18.
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m UlSTOiR£ D£ ifiRUSALËH.
Mais , après cette conférence, les ministres du roi de Juda vont , les habits décbirés, lui rapporter ce qu'ils ont
cnientlii ; Ézéchias, à son tour, déchire ses vélemeiUs cL se couvre du sac de l'aflliclion. Par son ordre, le chef de sa maison, son secrétaire cl les plus anciens des prêtresse couvrent tle sacs et vonl trouver Isaïe : ce jour est un jour d'alllieLion , de reproches et de blaf^phèmes , disent ils de la pari du roi ; Jérusalem est comme une femme en Iravail qui souffre et ne peut achever l'enfaotement» Les paroles des Assyriens ont outragé le Dieu vivant ; que le prophète prie pour sauver ce qui reste I — Isaîe rassure Ezéchias ; leSeigneur enverra à Scnnachérib un Esprit qui lui fera reprendre le chemin de son pays oii il périra par répée.
Les députés assyriens retournent auprès de leur roi qui , bienlM après, adresse k Ëzéchias une lettre remplie de
menaces. Celui-ci se rend dans le lemple, déploie la lettre devanL le Seigoeur, et invoque ce Dieu qui est assis sur les chérubins, qui est le Dieu de lous les rois du monde et qui a fait la terre et le ciel. Les divinités des nations vaincues par Scunachérib n'ont pu les sauver , parce qu'elles n'étaient que de vaines images de bois et de pierre; mais le Seigneur délivrera son peuple, afiaquo tous les royaumes de la terre sachent qu*il est seul le vrai Dieu^ Le prophète fait dire à Ézéchias que le Seigneur a entendu sa prière, et que Timpiété et Torgueil de Senna» chérib ne resteront point sans châtiment. Ce mc^arque s'était vanté d*étre montét avec la multitude de ses clutriols , sur les hauteurs du Liban , d*avoir abattu ses plus beaux cèdres , ses plus beaux sapins et les arbres du Car-, mcl, d'avoir séché toutes les eaux sous les pas de son armée. Le Seigneur lui demande s il n'a pas en tendu parler de ce qu'il fait dès le commencement; il lui dit qu'il exécute ce qu'il a arrêté dè^^ ses jenncs années, qu'il a renversé les villes fortes, et que les iiabitanls épouvantés sont devenus comme le foin des champs, comme Therbe des toits desséchée avant le temps, 11 a prévu dans son