CHAPITRE Xli. m
fftfe tonte c«tte fiinitiltide i on honnio qui , ayant faim i songe qu'il mange pendant la nnil , et , lorsqu'il est éveillé» se irouYe aussi vide qa'ao|iaravant ; à nn bomme qui» ayant ÉSlf , songe qu'il Mt» et à son réveil, se feiroove avec sa self btàlanle*
La tradition des Hébretii ^ appuyée sdf les léttioigtiages de éalat Jérômo « de saint Basile , da sâint Justin, de Tcr^ tttlliefl <!t d'OHgèné, nous apprend qoé la sauvage fen* géaticé dé lianassès , au premlér temps de son règne i fit aelèf ën deox tsaie aved nne scie de bols, dans la vallée de Gébennen; ce grand homme avait alors plus de cent ans. Od ensevelit ses restes sous le chêne de Rogel. Un figuier s'élève aujourd'hui ;i la place qu'on croit avoir clé consacrée par le vSanj:; iJe rilluslre vieillard. Le pèlerin pietix, comme le pèlerin penseur, s'arrête fcspeclueusettienl dans ce lieu où, périssant par le plus grand des Crimes de Manassès, le fils d'Amos fut martyr delà mission que Dieu lui avait couliée. Il avait fait entendre courageu* sèment sa voix depuis l'âge de vingt ans; l'honneur de mourir pour la vérité était réservé à sa vieillesse; Isaïe, t|uî, selon IVxpression de l'autour de rÉcclésiasle , vit les derniers temps par sou vaste génie et consola Sion dans ses larmes; qui annonça les choses futures jusqu'à la fin, et révéla les choses cachées avant leur accomplissemenf est un lu rsounage biblique dépassant toutes les roportions hunnHnes. Son Ion esl conf iniicllcincnt sulime; il esl vraiment la voix de Dieu ; c'csl presque toujours du haut du Sinaï, entouré de h nuit et du tonnerre, que le fils d'Amos se fait entendre aux hommes , et sa parole est alors terrible. Il ne marche jamais qu'avec l'épée flamboyante ses yeux lancent l'éclair comme les yeux de Son Seigneur : une couronne de flamme entoure sa tète.
Je l'en tends qni parle aux AssyCiens ; il les menaceparcé ijuMIs n'ont pas compris, au milieu de leurs victoires, qd'ils n'étaient que les instruments du Seigneur. Le roi il'Assur
(I) L'EoclésIaste, chsp. 48.
m HISTOIBK DE lÉRUSALBII.
avait dit : f ( 'csl par la lurcc démon bras que j'ai fait ces f graiHÎes choses; les peu|)les les plus redoutables ont été < pour iijoi comme un nid de petits oiseaux qui se serait i trouvé sous ma main. J'ai réuni sous ma puissance toutes c les nations delà lenc comme on ramasse quelques œufs I abandonnés par la mère, et personne n*a osé remuer c Taile, ourrir la bouche, ni faire le moindre bruit. » L'insensé! 8*écrie Isaîe , la cognée se glorifie-t-elie contre celai qui 8*en sert ? la scie se soulève-t-elle contre la main qui remploie t ie bâton « qui n*est que du bois» 8*eaorgiieillit-il des coups qu'il frappet G*est pour cela que le Seigneur fera sécher TAssyrien. La gloire de ses forêts et de ses champs sera consumée, et tout périra depuis Time jusqu'au corps, et il lui restera si peu d'arbres qu'on les comptera sans peine et qu un enfant pourra en dire le nombre. » Ces prophéties ont été accomplies. L* Assyrien a cessé d'rtre; le voyageur ne trouve plus que quelques pierres Oparses sur l'emplacement de la grande Baliylone. Les Arabes n'y dressent pas m^me leurs tentes , et les pasteurs ne viennent pas s'y reposer. Mais les bêles sauvages s y retirent. Les monuments en débris ne sont plus visités que par les serpents et les lézards se traînant sous les feux du soleil Le hibou gémit la nuit sur les derniers vestiges des palais t «t les satyres dansent sur les tombeaux dévastés*
Il y a dans Isaïe des mouvements degéoiequi vous jettent tantôt dans l'élonnement et la méditation » tantôt dans k profonde rêverie. S*il parle du dernier jour du monde» il nous apprend que ce jour-là les cieux se plieront et se rouleront comme un livre , et que les étoiles tomberont du Hmiamcnt comme les feuilles tombent de la vigne ou du figuicT. S agit-il de l'homme et de sa rébellion superbe : t Malheur à l liomme, s'écrie-t-il, qui dispute conlrc celui qui Ta créé, lui qui n est qu'un peu d'argile , qu'un vase de terre! L'argile dit clleau potier : Qu'avez-vous lait? > Ailleurs le poëte laisse tomber cesbcUes paroles : i L'herbe se fane» la fleur tombe » mais la parole -de Dieu demeure éternellement 1 >
CHAPITBE XII. 161
On a comparé le slyle d'isaïe ii celui d'Homère dont ou Ta fait conteniporaio ; ce qui est une erreur, car Tharmonieux aveugle des rives du Mélès olail mort depuis deux siècles dans un coin de File de Nio , lorsque le premier des quatre grands prophètes expirait sous une scie de bois aux bords du Ccdron. S*il y avait quelque parallèle, possible entre la poésie d'Isaie et la poésie d'ici-bas, on songerait, sans doute à Homère, ce roi des mélodies et des créations antiques ; mais entre le chantre d*Âchille et le chantre d^ Jâiorah , il y a la différence delà constante beaaté avec la constante snbUmilé; dn feu allumé par la main du pâtre dans les vallées ou sar les collines avec le magnifique et éblouissant éclair fendant la nue orageuse , du bruit du i^r d*airain de Salmonée avec le bruit dn tonnorre éveillant les majestueux échos des cieux. L'expression d'Homci c est à l'expression d'isaie ce qu'est le inanlcan priulanierde la terre au radieux manteau du lirmamcnt dans une nuit d'été. f-i
Sous cinq rois , la parole d'isaie foudroie et console , détruit et édifie , creuse des tombes pour les générations coupables et fait fleurir de nou? eaux peuples sur les débris d*un monde mauvais ; elle perce les ténèbres de l'avenir avec la rapidité de la lumière matinale dissipant les ombres, et chaque regard de son géuie semble le mettre eo pCMseaelon des siècles futurs. L'esprit divin habite en lui eomme Taigle demeure dans les hautes solitudes du San? pin ; il attache à ses pieds et à ses épaules des ailes de feu pour franehir le temps. Quelle carrière que celle d'isaie ! Le Seigneur l'avait appelé, lui avait donné un nom dès le sein de sa mère , et avait fait de sa langue comme un glaive tranchant; il l'avait protégé sous 1 ombre de sa main » l'avait rais en réserve comme une flèche choisie et l'avait caché dans son carquois : < Tu es mon serviteur, je me gloriûerai en toi ! > lui avaitdille Seigneur (i). Parfois ses renseignements et ses menaces éclataient sans ramener
(I) Prophétie d'Iiaîe, chap. 49,
personne, comme la foudre lomberail aux pieds d'un homme sans éveiller dans son ioleliigence une pensée pour Dieu. Alors le prophète, le front voilé d'une noble tristesse, disait : c J'ai travaillé en vain , j*ai consumé ma force ina-* f tikuMBl el MBS Irait, maia û Seigneur sera ma jusUc* < et ma récompense* » Si TcBam d'Isaîe ne fat pis tm^ jours féconde , il ne marcha pas meinsd'un pasfecmems le but que le doigt du Seigneur lui marquait : l'homme de Ijéoiet à qui Dieu trace uo chemin de vérité , obéit à Ter* ère sapréme^ accepte pleinement le poids de sa destinée, «t son Parafe neiéeJiit point devant la aférUtté de que^ ques-iiDS de aes efforts; lancé dans le moade parle line diviot il va coause le hmilet qui fait inévitaUesMot ea trottée; pois » ea missîoB remplie, il monte ms cdai f«i rarnivoyé^ etlui dit : MemJàl
MiBamèe » coapaUe du iMrtred'iiaie elde taal d^alio» minatioas, reçut lueniôt son chàtiamoté Attaqué par «aO armée d*Assar-Haddon , successeur de Sennacbérib, il bA lait prisonnier et conduit à BalyyioBo pieds et poings liés; il éevauçait ainsi le royausMde Jnda sur la terre de reniL I<*£erilare noue dit qu'il £t pénitence, et que le Seignen? le ramena dans son pays de Jérusalem, amis tto«w liiise ignorer les détails de son s^ur è Babylone , Tépoque et les causes pi^itiques de sadéliTrance. 11 est f^roblsble que le royal prisonnier était parvenu à se racheter à prix d*or ou par de riches promesses. Les malheurs el les leçons sévères de l'exil firent de Mariasses un homme nouveau. lUmené à Jérusalem, il renversa les idoles, purilia le temple, ci. eoubtruisit des murs hors la tIUc , depuis la porte des Poissons jusqu'à la tour d'Ophtl. Le lils d Ézéchias régna cinquante-cinq ans. Nul prince de Juda ne porta aussi longtemps la couronne de David. Sa vie deroî se partage en deux nioiUés : il fît lemalduraiilvingl-cinq ans, el la Providence lui accorda vingt-cînq ans de repentir el de sagesse ])oliliq«e. Manassès eut un sépulcre dans les jardins de son palais. Son fils Amon passe deux ans sur le trône d*où il tombe sous U glaive de son servi-
CBAMTRI in. lis
iMir; il hniltMii père dans le mal el non poiaft dang «on
retour à la justice ei à la vériic. Âmon proslilua soq àmc à ridolâlrie.
Celle ardeiUe opiniâtreté dans le cuUe des idoles nous explique ]iourqiioi les prophètes, el surtout Isaïe, s'élevaient si énergiquemcnt, età toute heure, contre les dieux aux pieds de qui se précipitait le peuple élu. Le lils d*Amo& raillait avec amertume ces dieux grossiers et i«ir paissants; il leur demandait de plaider eux-mêmes leur cause , de dire les choses du passé et leacboiOid^ l'avenir, de Caûrt du on 4a mal > s'ito pooTtionl; mia Um hmÊkm tt kan ortiUtt éUîMit Canota s ce «ont 4oa diiws anrtia 4tt néanl; Ua onl roça Fétio da oo qui a*ast poinl* Lolargoron met du tttim le fou t lo balevoe «rai mai^ lian, et empimo tonlo le force do son braaè faire un Dieul Le sculpteur étend sa règle sur le bois, le polit, le fa* çonne, lui donne une Leiic image d'homme, el le place daQS un sanctuaire ; il ahat des cèdres, prend un orme ou un chêne qu'oa avait vu depuis longtemps parmi les arbres d'une forêt , ou bien un pin qu'il a plante et que la pluie a fait naître; cet arbre doit servir pour brûler; le sculpteur s'est chauffé avec un morceau de ce bois : il a dit; Bon» j'ai bien chaud» j'ai fait bon fou (i)' H a pris une eittfie part de ce boia poar faire cuire son pain , sa viande^ iekeirîllie; poiail prend lorsaMi» on fait une idole» Tadoreel luIdîtsDélif r«a-ttoi • car voua élea mon Dieu I Une moitié ûm eèdre o« de rotme» dueliène oa do pin est d^à Yéduito m et«dm*et rinaenîé se proateroedevant Tantre moitié*
€ee Imagea étaient desUnées à démontrer au bon aena populaire Tabsurdité du culte rendu aux oeuvres sorties de la forge ou de râtelier , el trop souvent le bon sens se montrait rebelle à ces vérités vulgaires : il y avait des temps où l'esprit du peuple hébreu était comme ces cryp*"** d'Orient dont les lënéhreusoa proloodeurs ne peuvent r voir la lumière du jour*
m HiSTOiRB DE ItiRIISALEli.
Celle fine raillerie (risaïe adressée aux dieux , nous rappelle une piquaule lettre sur le même sujet, dont Tauleur est inconnu, mais qui y vraisemblablcmeol appartient i répoque du fils d*Âmos* Le docleur jaif » après avoir aDHoncé aux homnies de sa natioiT que leurs iniquités seront punies par Fexil à Babylone, les prémunit contre les Idoles chaldéennes et se moque spirituellement et avee des traits fort curieux de l'impuissance de ces dlviuilée et de la friponnerie de leurs prfttres.
Les loib captifs verront à Babylone des dieux d*or, d'argent et de bois qu'on porte sur les épaules et que le peuple suit et adore. A ce spectacle , les iidèles Israélites diront en eux-mêmes : C'est vous , Seigneur, qu*on doit adorer! La pourpre éclate sur ces dieux , et cependant il faut balayer la poussière qui 8*amasse sur leur téte ; i idole tient en main un sceptre comme si elle était irn juge, et He peut se venger de ceux qui Toulragent; elle est armée d^une épée ou d*une hache , et ne peut se défendre ni contre la guerre ni contre les voleurs. Les prêtres tiennent leurs dieux dans des temples fermés avec des serrures et des verrous , comme on tient sous bonne garde ceux qui ont offensé le roi. Les lampes qui brûlent devant les idoles lie servent de rien à leurs yeux qui n'ont jamais rien vu; les vers les rongent, eL elles ne sentent rien; la fumée leur noircit le visage , les chouettes, les cliauves-souris et les lu rondelles se posent sur leurs l^tes et les couvrent d'ordures; quand on les a dérouillées, elles ignorent qu'elles sont phis belles ; quand on les porte sur les épaules , si elles viennent à tomber , elles ne sont pas capables de se relever; à moins qu'on ne leur rende cet office , elles demeurent à terre : ne vaudrait-il pas autant sacrifier à des morts t
Les prêtres sont assis dans les temples > tête nue t los cheveux et la barbe rasés , et hurlent devant les dieux comme des ivrognes au sortir d'un repas de funérailles. Ils vendent les offrandes qu'on apporte ou les emploient k leurs usages ; ils dépouillent les dieux pour parerieivs
CHAPIIHK XII.
femmofi et leurs eofauls. Pourquoi en seraîl-il aulrementT IlS'SaTeiit bien que ces dîeui ne panisseot ni ne récompensent; qu*oa les traile bien on mal , cela est égal. Ces divinités n*ont le pouvoir de faire ni de défaire un roi, ne donnent rien à personne, ne se plaignent de personne, et ne sont pas susceptibles de compassion pour la veuve et pour Torphelin. Les ouvriers et les orfèvres les font, elles ne sont que ce qu*on veut qu'elles soient. Si le feu prend aux temples, les prêtres se sauvent , mais les dieux brûlent ni plus ni moins que les prêtres de leurs demeures. Un meuble utile, une porte qui met le dedans en sûreté , . vaut bien mieux qu'un dieu de cette sorte. Le soleil, la lune , les étoiles , le feu exécutent les ordres de celui qui les dirige; mais .ces dieux sont an-dessous de toutes ces choses ; les bêtes sauvages valent mieux , elles se réfugient et se défendent dans leurs cavernes. On ne saurait compa* rer des divinités pareilles qu'à un époui^ntail dans un champ, à un arbre sec dans un jardin.
C'est ainsi que la philosophie religieuse de lérusalem versait desflols d'ironie sur le culte des idoles , el plaçait lés adorateurs des dieux dans TaUerualive de la stupidilc ou de la folie.
SUITE
DU CHAPITRE PRÉCÉDENT
VoieE im Umi et «tinl roi qui , eBcore une foit» va tffa< ecr ks traces impures d*un prédécesseur. loBias , dernière gloire de la lérusalen modardiique, mareba dans les voies
de David f sans se déloorner à droite ni à gauche (i). » Il répara le lemple avec les libéralilés du peuple et mit
ses soins à rembellir. l.e Hvre de la loi , écrit de la main de Moïse, fut trouvé dans lt2 sanctuaire. La dccouvcrlc de ce trésor sacré , depuis lonii^lemps perdu au milieu des troubles et de la corruplion de Jériisalum , élait de nature à frapper les esprits, à les ramener vers un passé religieux taot oublié , Ters les souvenirs d'une origine toute miraculeuse. La lecture de la loi , dans TécriL même de celui qoi avait vu Dieu face à face , saisit le cœur du jeune Josias; elle lui révéla , comme pour la première fois , la beauté , la grandeur, ton le l'étendue des préceptes divins ; et s'il déchira ses vêtements , s il pleura, c'est qu'il comprit dans quel profond abime son peuple était tombé. La
(I) Lm Roii» Uv. *f ehap, 22.
prophclesse Holda aDDonça que des maux frapperaient Jérusalem ; mais que Dieu en épargnerail le spectacle au fidèle Josias.
Le roi , accompagné des prêtres , des prophètes et d'une immense multitude, se rendit au temple, fit lui-même lecture du liTre d*aUiance» debout dans une tribune élevée» et le peuple jura de se rattacher pour jamais au culte des aïeux. Combien de fois le temple n*avait-il pas retenti de ces serments, et le même abandon se renouvelait toujours ! Josias mit à profit ce pieux retour à la vérité pour frapper ridolâlrie. Le pontife Helcias» successeur d*Éli8cin , qui avait guidé son enfance , le seconda dans son oeuvre de restauration religieuse. Le roi commanda de jeter hors du temple tous les vases qui avaient servi au culte de Baal et de tous les astres du ciel; il les fit brûler dans la vallée de Cédron , et leur poussière fut portée & BétbeL Les augures établis sur les hauts lieux , dans les villes de luda , autour de Jérusalem , ceux qui offraient de Teneens au soleil , à la lune, aux douze signes, et à toute la milice céleste, disparurent. L*idole de bois adorée dans le temple fat brûlée aux bords du Cédrou. On dispersa ses cendres au milieu des sépultures de ceux qui lui avaient adressé leurs vœux, pour marquer d'une souillure les morls sacrilèges.
Le Livre des Rois (i) nous parle de petites habitations secrètes pratiquées dans la maison du Seignejir, où vivaient déjeunes prostituées, et pour lesquelles des femmes tis» saient des tentes ou des voiles destinés à co im îi des mystères de débauches; la destruction passa sur ces inlàines demeui es, l a v.illée de Tophet , où les flammes purifiaient cl quelqueiois devoi aient les enfants dans les bras du dieu Mulocb , au bruit des tambours et des cymbales, devint un lieu public de sépulture, et nous savons que les Juifs se détournaient toujours des lieux dont les morts prenaient possession. On voyait à la porte du temple des chevaux et des chars coosacrésau soleil : Joâios lit enlever les chevaux
(1^ Les Rois» liv. 4, ch. 23.
CRAPITRË XIL * m
et i^airo les chars en cendre. Nul vallon , nulle colline des environs de Jérnsaleni, nulle cité de Juda el même de Samarie ne garda ses dieux, losias parcourait tout le pays et renversait sur son passage les autels impurs. Il démolit et brûla Taulel et le temple élevés à Bélhel par JérolxMim» Le sang des prélres des hauts lieux rougit ces autels; le feu y dévora les ossements des prêtres ensevelis sur la montagne , el c*est ainsi ^e s'accomplissait tout ce qu'avait prédit, trois siècles et demi auparavant, un prophète de Ittda. En traçant ce rapide tableau de Tidolâtrie eibcée par Josias, nous aurions pu croire que ce n'était plus du peuple de Jéhovah quMI s'agissait , et qu*une nation étrangère s'était établie à Jérusalem avec ses divinités de toute espèce, SCS aberrations grossières : tant il en coûte de reconnaître que riiiLelligcnce humaine, une lois illuminée des clartés de la vérité clernelle, puisse tomber si bas dans les régions de la nuit !
Des familles d'Israël , captives aux. bords des fleuves lointains, étaient revenues dans leur pays de Samarie, à la suite des révolutions qui avaient fait chanjçer de maîtres Ninive et Babylone. Les Israélites que le malheur avait ramenés à Dieu, suivaient ses préceptes, et de temps en temps venaient à Jérusalem; ils étaient sans' roi, et se gouvernaient eii.\-niùmcs il'aprrs la loi saiiUe; mais la religion réunissait les iiomnies de Juda el de Samarie. Elle était née en exil , sur la terre d'Assyrie , cette grande femme de la tribu de Siméon , qui défendit d'ouvrir les portes de Béthulic à l'armée d'Holopherne , et qui , bolle , couragenso , dévouée , reçut d'en haut la force de frapper du glaive et délivra son pays.
Un ami, un auxiliaire puissant avait été donné à Josias, c'était le fils d'Helcias, Jérémie d'Anathot, orateur à la vive cl sombre éloquence, poëte aux accents tour à tour sublimes et touchants, caractère énergique, esprit indomp» table contre lequel grondent les révolutions» mais qui marche el marche toujours, parce qu*il est appuyé sur Dieu. Jamais homme ne reçut -une plus grande et plus ler-
m * HISTOIRE 1» lÉMI&ALElf.
rible mission que la sienne : avec quelle persévérance, avec quel courage Jérémie raccomplit jusqu'au bout? Il
ail dlé établi , comme le f)ro[)bèlc nous l apprend luimême, sur les nalions et sur les royaumes, pour arracber eipour délruiro, pour perdre et pour dissiper, pour bâtir et pour planter. Avant quUl eût été formé dans les entrailles materoelles , Dieu le connaissail; avant qu*îl eùi été rais an monde. Dieu Tavait sancliié cl donné en pro* pbèloanx nations, c Seigneur Diou , ivait-il dit au débat de la roote, je ne sais point parler , car je soisiin enfaat; et le Seigneur lai avait réponda : Ne dis point que tu es n enfant , car ta iras partout où je t'enverrai , et tu anoon* eeras tout ce que je t*ordonnerai d'annoncer ; ne crains rien devant la face de tes ennemis, je suis avec loi. » Et le Seigneur touchait de sa main la bouche du jeune Jérémie.
Le mal de l'idolàlrie , entré si avant dans le sein du peuple juif, ailligeail le prophète d'Anathot, et allumait son pieux courroux. Le Seigneur disait par sa bouche : f Passez aujL ilcs deCéthim (Chypre cl lUiodcs), et voyez ; f ailes à Cédar (du côté de Bosra), et voyes* Gherebez des c nations qui aient changé leurs dieux , et certes , ces t diea]L«là n*en sont point ; mais mon peuple a changé sa t gloire en idole; cieux, soyei dans la stupeur; portes < d'en haut, soyez dans la désolation, i Le prophète como pare le peuple de Dieu à une vigne choisie, qui, changée en vigne étrangère, n*a donné a son maitre qu'un vin amer. La fllle de Slon répond à son Seigneur qu'elle ne s'est point souillée, qu'elle n'a point suivi Baal; mais le Seigneur sait bien ce qu'elle a fait , oti elfe a marché : le coureur le plus léger ne cachopointson chemin ; l'onngre du désert, quand le feu du désir la dévore, altire ;i «'Me le vent de son amour; elle s'arrAle immobile, et ceux (jui la poursuivent l'alleignent. Do même qu'un larron surpris est couvert de honte « ainsi la confusion saisit la maison d'Israël avec ses rois, ses princes, ses prêtres et ses pro* phètes lorsqu'ils disent au bois : Vous êtes mon père ; à U pierre : Vous n'aves engendré. — Ils ont tonnié le dos
GliAPlTii£ Xll. ni
àtt Seigneur; au jour de rafSietion, Ile lai demenderont de les délivrer } mais» leur sera-t-il répondu, où sont donc les dieux que tous tous êtes faits? Qn*ils se lèvent et quHls vous délivrent (i) ! --^ Combien est terrible la eolère du Seigneur s*élendant sur lemoode ! Le prophète regarde la terre et n*y irouve plus rien ; il regarde les cieux , et les deux n'ont plus de lumière. Il voit les montagnes , et elles sont ébranlées, et le trouble a gagné toutes les collines. Plus dliommes et plus d*olseaux. Le Garmel est un désert. Deuil immense! La terre et les cieux en pleurent (i) l
La main de Josias avait brisé les idoles, mais le saiiiL roi n*avail pu les briser dans lésâmes; les idoles y demeuraiciiL lonjonrs, et le relour au Dieu unifjue, au Dieu des aiRÔlres, n'avait été qu'un mensonge de plus. Le zèle de Jérémie ne se reposait poinl ; soîi éloquence qui s'échappait du cœur, remplissait Jérusalem d'exhortations douces, de reproches miséricordieux. Le peuple écoutait colle parole religieuse faite pour remuer les entrailles et pour éclairer les esprits; celte parole qui, parcourant Ions les tons de l'âme humai ne, passait tle l'amom à l irrilalion, do Fonclion à la menace, qui tantôt gémissait comme le passereau ou rugissait comme le lion, tantôt soupirail comme le vent dans les bois ou mugissait comme la tempête. Mai? le peuple prétait l'oreille aux discours du sage d'Anathot sans lui ouvrir son âme. A la fin, celte voix lui devint im- • portune; on murmura, on conspira contre le prophète.
< J'ai été, s'écriait-il, comme un doux agneau qu'on mène t au sacriGce ; je n'ai pas su qu'ils méditaient des projets f contre moi, disant : Envoyons du bois dans son pain , c arrachons-ie de la terre des vivants, et que son nom ne i soit plus prononcé. Mais vous, seigneur $abaoth,qui
< jugez avec justice, qui sondez les reins et les cœurs,* i vengez-moi, car je vous ai exposé ma cause. >
Pendant que Jérémie, le grand bomme de cette époque,
(1) Jérémie, chap. S.
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m HISTOIRE DE JËftUSÂLEli.
poaroiiîvait son œavre avec Taide de Tesprit divin, Josias mourut après trente etun ans d'an paisible règne : une flèclie Tatteignit à la bataille de Maggcddo, livrée contre Nécliao II, roi d*Égypte, fils et successeur de Psaniméticus 1, de la vingt-sixième dynastie. Nécbao traversait violemment le royaume de Juda pour aller faire la gnerre aux Babyloniens. On emporta h Jérusalem le corps de Josiassur un char , afin de Vensevelir dans le tombeau de ses pères. Son trépas fut un grand deuil. C'est surtout Jércmîe qui pleura le roi. Au milieu des persécutions qui ne le laissaient point en repos, le prophète avait dans Josias un ami, un appui. Il composa sur sa mort des lamentai ions que les chanteurs et les chanteuses rcpétaicnl encore au tcDips où vivait l'auteur du livre des Paralipomènes (i), et qui ne sont point arrivées jusqu'à nous. Josèphe parle aussi de ces chants funèbres; il les avait vus (2). Ces élégies auraient eu pour nous le double intcrc^tde la poésie et (If I histoîro, et leur perle est un malheur littéraire. Le génie plaintif tle Jérémie fui sans doute merveilleusement inspiré aux funérailles de ce roi qui avait passe comme une image des premiers et glorieux conducteurs des Hébreux, et qui, un moment, avait f,iif hriller les clartés du ciel à travers la nuit d'une honteuse el dcrniei e décadence. La pâque de la dix-huitième année du règne de Josias est célèbre dans les Lcrilurcs. Une solennité pareille ne s'était pas rencontrée durant toute la monarchie des Hébreux ; il fallait remonter jusqu'aux jours du prophète Samuel pour ti^ouveràla fête pascale tant de prêtres et de lévites, cl un peuple aussi nombreux (.%). L'auteur du livre de l'Ecclésiastique, rendant hommage à l'admirable piété de Josias, dit que sa mémoire est comme un parfum» son nom comme un miel dans toute bouche qui le prononce, comme des sons mélodieux dans un festin («).
(1) Liv. n des Paralipomènes, chnp. 55.
(2) Histoire des Juifs, ll?refO, chapitre 0.
(3) II* livre des ParaliiMimèiies, chap. 55.
(4) Livre de rEoclésiattiqne, chap. 49.
^ CHAHTRK XII. 175
Sellnm ou Joachaz, le plus jeune des quatre fils de Josias» reçoit ronclioii royale. Le roi d'Égyple, Néchao, revenu de son expédition vers Tbluph raie, campé à RebU, dans la Irîbu de Ncphtali, le mande auprès de lui pour qu*il rende compte de son avènement. Joacliaz part de Jérusalem : I Ne pleurez point celui qui est mort (Josias)» s'écrie < alors iérémie, mais pleurez celui qui vient de sortir de € la ville , parce qu'il n'y reviendra plus , et qu'il ne re- « verra point la terre de sa naissance*. > Arrivé à Rebla , Joacbas fui saisi et chargé de fers ; on Tcmmcna enÉgyple oii il mourut. Le roi des bords du Nil mit sur le trdue de Jérusalem ËUacim> second fils de Josias, et, pour première marque de servitude, il loi 6ta son nom et lui imposa celui de Joakim. La terre de Juda fut soumise à on tribut de 4ïenl talents d*argent et d*un talent d*or. Le nouveau roi ne recula point devant Tignominie comme prix d*une cou* ronne.
Mais Jérémie, celle forte citadelle, celte colonne de fer» ce mur d'airain » que les rois ne pouvaient renverser* dominait toujours de la hauteur de sa parole le peuple et le pouvoir de Jérusalem. Il choisit un jour solennel oii les populations de Juda remplissaient le temple, pour inviter au repentir et frapper les imaginations, en révélant de prochaines calamités, la ruine du temple et de la ville. « Qu'il riHHiie (4)! > s'écria-l-ou de loules parts. Les princesde Juda, avertis decc lumulle, monleut au temple, s'a.sheyeul à la Porte-Neuve , et les prêtres, les faux prophètes et le peuple, amenant devant eux Jérémie enchaîné, leurdiseul: t Cet homme est digne de mort. » Resté calme et ferme au milieu des vociférations et des menaces, bravant avec dignité Torage populaire, Jérémie s'adresse aux princes et à l'immense foule qui l'enviriuine ; il répète que le Seigneur l a envoyé pour prophétiser sur le temple et sur la ville ce qui a déjà été entendu. Le Seigneur révoquera ses terribles arrêts, si les voies et ies pensées de ses
(i) Jésémie, cbap. S6.
174 HISTulRfcl m JiRUSALEU.
cofants redeviennent bonnes et pures, c Me voilà entre 4 vos mains, ajoute !e prophète, faites de moi ce qui vous t semblera bon et juste; mais sachez bien que, si vous « me tues, tous ferez retomber mon sang innocent sur f vous, sur Jérusalem et sur ses habitants. »
Cette Gère altitude, digne d'un envoyé de léhovah» louche les princes et change les dispositions du peuple , qui dit aux prêtres et aux faux prophètes : i Cet homme « ne mérite point la mort, parce qu*il nous a perlé ati c nom du Seigneur notre Dieu. > Des vieillards se lèvent et rappellent & la multitude que , durant les jotuv d*Ézéchias, Nichée prophétisa les mêmes malheurs; il evait annoncé que Sion serait labourée comme un champ, qo*un jour il ne resterait pins de Jérusalem qu'un mon» ceau de pierres , et que des bois couvriraient la montagne de la maison du Seigneur : et pourtant le roi Éiéehiaset le peuple ne firent point mourir le prophète Hichée t On les vit au contraire se prosterner devant la face du Seigneur. Les vieillards demandent donc qu*un grand crime ne soit point commis. Leur grave autorité apaise les fureurs. Il fallut toutefois qu'un officier prit le prophète sous sa garde, pour qu il sortit sain et sauf de celte tem* pête.
Jérémie était le plus important personnaprede ce lompsî son éloquence lui soumcLlail le peuple ; il avait des aaiis, un parti; on ne |)oavait pas , sans péril, mettre la main sur lui ; mais on eut bon marché du prophète Urie que sa fuite en l^i^ypte ne sauva point , que Joakim tua lui-même, et dont le corps fui jeté parmi les sépultures de la vile pojtulace. Avec quelle audace Jérémie s'adresse à ce prince qui met sa gloire à tuer les prophètes! Ce n'est pas de loin qu'il lui parle; il va le trouver dans son palais , eL lui prédit un trépas sans deuil; il lui promet la sépulture que l'on donne à l'âne, et lui fait voir son cadavre , traîné hors des portes de Jérusalem et servant de pâture aux bétes et aux oiseaux. Les plus courageux athlètes de la démocratie ont-ils jamais traité ainsi les rois t ioakimt
cuapitrë xti. m
étouffant sa rage, ëeoute^i silence Titorrible prophëlte^
il se cou Ici) le de renvoyer Jérémie comme un insenBé« L'iiTi |iuDt(é Aoas donuG ici la mesure de Coûte la puissance 4e l'homme d*AnathotI
Dans la troisième année de son règne, Joakim voit arri* Ter & lérosalem Blabuchodonosor II , qat s'empare des trésors du temple, charge de fers le foible roi et l'emmène •vec luià Babylone. C'était le second roi de Juda qui allait prendre ce chemin de Texll par où devait passer tout un peuple. Après trois ans de captivité, il est permis è * Joaliim de revenir à Jérusalem , à condition qu'il se séparera de l'Égypleet qu'il sera tributaire du roi de Babylone*
Dorant l'absence de Joakim, Jérémie, s'eipliquani solennellement avec les habitants de Jérusalem et les hom» ■es de Joda, avait fait entendre comme le jugement dernier d'une nation rebelle et corrompue , et leur avait retracé les décrets divins' dans toute leur terreur. Le prophète disait que , depuis la treizième année du règne de Josias, savoir, depuis vingt-trois ans, il annonçait la veionléd'cn haut, qu'il se levait la nuit pour parler, et que les oreilles se fermaient à ses discours. Le Seigneur désarmées a })i oii<jncé sesanclis : il enverra et lancera sur celte terre el sur toutes les nations qui environnent Jéru-> salem , tous les peuples de Taquilon et îNabuchudonosor, son serviteur; les habitants de celte terre périront ; ils seront Tétonnement et la table de l'univers. Ou n'y entendra plus la voix du plaisir, la voix de l'allégresse, la vuix de l'époux, la voix de l'épouse, le bniil de la meule du moulin tournée par les jeunes filles; on n'y verra plus la lampe des festins. Celle conhée ne sora plus qn*iin désert, et ces nations seront esclaves pkndant soixaînte et DIX ANS. Ce terme passé , le Seigneur visitera aussi le roi de Babylone et son peuple; sa colère tombera sur la terre des Chaldcens qui fera place h une solitude éternelle* Jérémie a reçu du Dieu d'israêi le calice du vin de sa fureur :
• J ai présenté ce calice à lérusalem* dit le prophète ^
no HISTOIRE ÛË J^HUSALËM.
aux villes de Juda, à ses rois, à ses princes, pour les rendre on sujet de risée el de malédiction. J*ai présenté ce calice à Pharaon , roi d'Êgypte « à ses serviteurs , à ses princes, à tout son peuple, à tous les rois de la terre d'Ausitis (dans dUdumée), à tons les rois de la terre des Philistins, à Ascalon , à Gaaa , à Acra , k ce qui reste d*Azot, à riduméc , à Moab , aux fils d*Ammon , à tous les rois de Tyr el de Sidon, aux rois des îles de la mer, à Dcdau , à Thcma , à Biiz { Irois villes siluccs aux limites occiden- • laies de TAraliic), à tous ceux qui ont les cheveux rasés en couronne, à luus les rois d'Arabie, à tous les rois d'occidenl qui habilent dans le de.^erL , à tous les rois Je Zambri , d'Elaii) , des Mèdcs , a Ions les rois de l'aquilon qui sont près ou loin, à chacun contre son propre frère, ?i tous les royaumes qui couvrent la face de la terre; cl le roi de Scsach (Babylone) boira après eux.
c El lu leur diras , ajoute ie l^igneur à son prophète, tu leur diras: Buves, enivres-vous cl vomissez; tombei el ne vous relevez point devant la face des glaives que Renverrai au milieu de vous. Et s*îb ne veulent point boire au calice que tu leur présenteras , dis*leur : Voici ce que dît le Dieu des armées : Vous boirez (hibnUet Inbetii )• Voilà que je vais commencer à détruire dans la ville oil mon nom a été invoqué , et vous seriez épargnés ! vous ne le serez point , car j'appelle le glaive sur tous les habitants de celte Icrrc... Hurlez, pasteurs, cf iez ; couvrezvous de cendres, clinfs du liuupcau , jtrircc qu'ils soûl accomplis les jours où vous périrez; voub tomberez comme des vases précieux qu'on brise («)... >
On frissonne à l'ardeute expression de ce courroux divin , el les Juifs de Jérusalem écoulaient ces discours sans épouvante ! sous leurs pas déjà tremblait la (erre; autour d'eux siillail ie venl do la destruction, el le peuple de Juda louchait à ses désastres sans les voir. Mais Nabuchodonosor , le fléau de Dieu » s'avance.
. <1) léiémie, chsp.
CHAPITRË XII. 177
II y avait alors anc soric de Iribn on de scclc d'Isracliles appelés Réchabiles, du nom de Récbab dont ils élaienl descendants; celui-ci vivait sous le rôgnn de Jéhu. Les Réchabiles ne buvaient que de l'eau, ne possédaient aucune lerre, ne se bàlissaienl aucune demeure de pierre; ils habitaient sous des lenles , s'en allant de valh-c en v;illée dans les pays de Samarie et de Judn. A l'approche des tronpps babyloniennes , les Réchabiles étaient venus chercher un abri dans les murailles de Jérusalem* Jéréraic, de la part du Seigaeur, alla les trouver, les conduisit aa temple dans une des chambres du trésor et leur offrit du Tin à boire. A la vue des vases et des coupes pleines de vin que leur présenlait le prophète, les Réchabiles refusèrent de boire, parce que leur père Jfooadab» fils de Réchab, leur avait inlerdit le vin, en même temps qa*il leur avait prescrit de vivre sous la tente et de passer sur la terre en voyageurs. Alors le Seigneur se plaignit d*avoir des enfanls moins soumis que ne Tétaient les ftéchabites anx commandements de leur père ; il confirma les arrêts prononcés contre Jérusalem et le royaume de Juda , et promit son appui aux hommes de la race de Jonadab , fils de liéchab.
On était à la fin de la quatrième année du règne de Joikim. Le moment appiochait où le roi Je Babylone devait recevoir sou tribut. Les chefs de Jérusalem avaient déclaré Jérémie un séditieux ; Tentrée du temple lui avait été interdite. Condamné à se taire cl à rosier enfermé dans sa demeure, il fit venir Baruch, iils de ^éi ias, lui dicta tous les discours qui lui avaient été inspirés, et l'envoya à sa place parler au peuple. Ce soiu dont Jérémie chargeait Baruch était périlleux ; le fils de Nérias craignait de lire dans le temple les discours du pi^ophète : c Malheureux c que je suis, disait-il , une douleur a été ajoutée à ma f douleur; j*ai gémi et n'ai point trouvé de repos! » Il fallut que le Seigneur lui-même le rassurât par la bouche de Jérémie.
C*est en un jour de jeàne que Baruch avait ordre de lire
rouJOULAT. — T. 1. la
lis HISTOIRE DE iÉRlSALEM.
dans le temple. La cinquième année du règne de Joaklm fat marquée |iar an* jeûne qui réunit une multitude de Juifs dans la maison du Seigneur. Baruch s'établit an milien d*une salle, Toisine de la Porte-Neuve « et la foule écoulait sa lecture. Les princes, avertis , voulurent à leur tour l'entendre ; conduit au palais, le fils de Nérias raeooip* mença les discours qu'il avait écrits sous la dictée du pr»> phète. Après avoir tout entendu , les princes se regardèrent les uns les autres ; ils demandèrent à Baruch d*eà venaient c«s grandes paroles : c Toutes ces choses, répoof ditpil , ont découlé de la bouche de lérémie avec autant € de facilité qui s'il les eût lues dans un livre, et mol • j'écrivais à mesare. t 11 fut convenu qu'on ferait entendre au roi ce livre, et les princes conseillèrent è Baruch d'aller se cacher avec Jcrémîe et de ne révéler à personne l'endroit où tous les deux soraieni retirés. Joakim était dans son palais d'hiver , ayant auprès de lai un petit foyer de charbon allumé. On commença la formidable lecture ; après trois ou quatre pages, le roi, furieux» déchira le livre avec le canif d'un scribe, et le jeta au feu, où il fut réduit en cendres : pativre vengeance! Comme si en détruisant le parcheraiii ou le pai»ier on détruisait la parole ! Comme si en brûlant le livre on brûlai l la vérité! Les Écritures sai 11 U:s, voulant nous appreuJre lepeud'impressions religieuses à la krture des discours du prophète, disent que le roi et ses '^crvileur^ no furent point saisis d'effroi, et qu'ils ne déchirèrent point leurs vêlements. Trois de ceux qui étaient présents cni:^fiL;eaienl le roi à nO pas brûler le livre ; il ne les écouta point. Joakim lit chercher Jérémie et Baruch , mais , selon Texprcssion de rÉcriture , le Seigneur les avait cachés tous les deux.
Un autre livre, pareil au premier , fut dicté h Baruch par le prophète; Jérémie ajoutait dans celui-là qu'aucun fiiade ioalKim ne monterait sur le trône de David, et que son cadavre , jeté aux champs , serait exposé aux ardeurs du soleil et au froid des nuits. Des révélations nouvelles y trouvèrent leur place. Jérémie était de ceux è qui les