CHAPITRE XII
persécutions donnent une brûlante énergie et qui gran* dissent dans la lutte contre les puissants de la terre.
Les catastrophes vont se presser sous notre plume. Joakim, qui a tenté de s'affranchir du tribut, est broyé par Nabuchodonosor coiAme un grain de blé sous la meule. Le monarque étranger entro à Jérusalem pour la seconde fois ; il emmène avec lui trois mille des principaux du royaume de Juda. Quelques auteurs font dater de celte époque les soixante et dix ans de la captivité de Babylone; Bossuet les fait commencer à la première prise de Jérusalem dans la quatrième année du règne de Joakim. Il y a dans les deux opinions une ditlcrence de cinq ans. Jochiii ou Jéchonias succède à son père, doal le corps n a d'autre sépuUuro que celle qui lui avait été annoncée. Quel héri- ' tage qu'un tel royaume! La royauté de Jéchonias, c'est l'exil, ce sont de vastes funérailles. Avant qu'il se fut assis sur ce débris de trône , débris tlottant au milieu du naufrage de la monarchie de David, on savait le sort de Jéchonias; ie Seigneur avait dit: Si Jéchonias était à ma main droite comme un anneau , je Fen arracherais. — La proscription et la mort étaient promises à lui et à sa mère. Jéchonias n*était qu'un vase d'argile , et de plus, un. vase brisé.
Les prophétiques menaces dont le temple avait si sou« yenl retenti s'accomplissent avec une épouvantable vérité. Nabuchodonosor entre pour la troisième fois dans Jérusalem; les suppUcd lions et les larmes de Jéchonias, de sa famille et de sa cour ne Font point arrêté. On n*arréte pas le violent aquilon se précipitant contre les arbres de la montagne pour les déraciner ou les briser. L'inflexible Assyrien se fait apporter Ions les trésors que renferme Jérusalem ; il emmène à Babylone le roi , les princes , les juges , les guerriers , tous les habitants , excepté les pauvres. Quel spectacle que celui d'un y en pie arraché à ses foyers, à sa vie , à son pays , poussé comme un troupeau sous le bâton de fer d'un pasteur terrible , et condamné à traîner au loin des jours de servitude I Que de tristesse ,
HISTOmB DE iKRUSÂLKM.
de gémissements el de larmes quand il faul dire un sombre adieu aux murs» aux montagnes et aux vallons qui vous tiennent tant aux entrailles» où se mêlent tant de souvenirs! Le désordre des esprits et des mœurs nous explique ce désastre du royaume de luda\ mais il ne nous défend point de nous attendrir sur les vaincus. Ëxéchiel et Mardochée faisaient partie de cette longue caravane de proscrits ; en commençant ses prophéties, fiséchid nous ap* prend qu'il se trouvait parmi les caplifs du fleuve Chobar ou de TEuphrate lorsque les cieux s'ouvrirent pour lui et qu'il eut des Tisions divines. Il rencontra, aux bords du fleuve élranger, Daniel, retenu en olage depuis la première cxpéclilion de ISabuchodonosor conlrc k p« ro do Jcchonias. Ainsi» des hommes, éclairés des rayons du ciel, grands par leur génie et leur caractère, partagent le destin des exilés de Judée; ils seront leur ilambeau » et leur parleront de Dieu et d*espérance.
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