‹ Histoire de JérusalemChapitre 47 sur 149 · CHAPITRE Xni · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xni

Mission mystérieuse de Nabuchodonosor. — Désespoir de Jérémie; — Résistance et chute de Sédécias. — Jérémie, resté sur les débris de Jéronlem; MS tamentatioat , ta mort. — Voyage de Baruch à Babjlooe. — &écbiel. — ' Daniel. — Fin de - la caplivilé det Juift*

(An 598— 556 avant Jésus-Ghrist.)

Eo partant de Jérusalem, le vainqueur y avait laissé, à la léle des misérables restes de la population juive, le dernier des fils de Josias , Mathanias , dont il avait changé le nom en celui de Sédécias, qui veut dire : justice de Dieu. l/£criture nous montre Sédécias faisant le mal devant le Seigneur, et les pauvres débris qu*il gouvernait ne suivant d*autre loi que celle deFiniquité. Jérémie (t)était demeuré ir Jérusalem pour en être la lumière et le gardien; il s'épuisait en stériles efforts au milieu des misères dont il était le triste témoin. Une troupe de Juifs avait pris le chemin de TÉgypte à rapproche de Nabuchodonosor; par là ils échappaient à Tesclavage et pouvaient adorer à leur aise les Idoles contre lesquelles tonnaiéiit les prophètes de Jérusalon.

Il y a, dans la mission de Nabuchodonosor, q[uelqae (I) Ghap. U,

chose d'in connu à l'antiquité grecque et romaine, et qui nous saisit par son formidable caractère. Le roi de Babyloneest dans la main de Dieu comme un tonnerre; il est sa justice , son glaive , cl le monde doit fléchir devant lui. Les cal.iiiiitcs 4111 marquent ses pas sont une expiation, et l'expia lion est une nécessité sacrée dans le monde moral. Les Ilots d(' sang versé sur l'autel des holocaustes avaient été la révélation ligurative de ce dogme qu'on retrouve au fond do toutes les 'h\vq^ et de tontes les croyances humaines. Du moment que la pieuse immolation desaniraauxdans le temple n'expiait plus les crimes du peuple de Jéhovah , il fallait que le peupe lui-même fut en quelque sorte offert en holocauste, et il arriva que Nabuchodonosor devint comme un grand et nouveau sacrificateur que Dieu avait chargé de ses vengeances.

Lorsque Sédécias, voulant résister à renvabissement* babylonien , organise une ligue avec les rois ses voisins , Jérémie, Thommedes décrets divins , avertit et menace. Il met des chaînes à son cou et en envoie de pareilles aux rois d*Idumée, de Moab, 4*Animon, de Tyr et de Sîdon, disposés à se réunir aux efforts de Sédécias; il leur fait dire que J)leu a créé la terre, les hommes et les animaux, et qu'il donne la terre à qui il lui platt , qu*il l'a donnée à Nabuchodonosor ainsi qu'à son fils et à son petit-fils , jus* qu'à ce qu'il dispose de ce prince et de son empire. Le Seigneur enverra le glaive, la peste et la famine aux na« tiens qui ne se soumettront point au rot de Bahylone. Cet princes, à qui Jérémie offre des chaînes, ne doivent pas écouter leurs prophètes, leurs devins, leurs rêveurs, leurs augures et leurs magiciens; le Seigneur brisera ceux qui résisteront à Nabuchodonosor , mais il relèvera ceux qui courberont la léle sous son joug. Ainsi donc , la soumission à Nabuchodonosor est comme une soumission aux décrets du ciel , et se révolter contre lui» c'est se révolter contre la main de Dieu. Qu'elle est oIVrayante et s\iblime celte manière de comprentire l'œuvre des conquérants!

Une ambaî>sadc de Sédécias va porter deâ hommages au

CUAPlTBfi XïiU m

roi de Babylone poar mietiiL coiitrir les pensées de rébellion ; Jérémie confie à Tan dès envoyés da roi une leltre edreitée ta peuple captif; le prophète engageait lee frères de Texil k se résigner à leur sort, à former des voeux itour Is prospérité des Assyriens ; à se marier et à mnUiplier ; il leur annonçait que les soixante et dix ans expirés , le Seigneur 1m visiterait dans sa miséricorde. Quelque tempe après» Sédécias fit lui-même un voyage à Babylone; Sarelas, frère de Baruch , qui avait remploi de chef des chantres et des musiciens, était de la suite du roi de Jérusalem ; Jérémie le chargea d*un livre dans lequel il pro< phëtisaii la destruction de l'empire babylonien. Saralas reçut l'ordre de lire d de relire ce livre au peuple juif proscrit, puis de l'iitLacher à une pierre et de le jeter dans TEuphrate; ce livre, lié à une pierre et lomljaiil au fond du fleuve, était une image de l'empire de lialjyloue, qui devait être submergé, englouti ; mais il est probable aussi que le prophète voulait dérober aux regards des maîtres assyriens un livre où il avait écrit leur future ruine.

Eli l'absence de Scdccias, la courageuse p.Trole de Jérémie retentissait dans les vallées deTophet et de Géhennon. Un faux propbëleosa le frapper, et, soutenu par un parti d'hommes pervers , le faire emprisonner ; dès le lendemaÎD, on lui rendit sa liberté, parce qu'on craignait le peuple, sur qui Jér«*Miiie exerçait une puissante action. Mais le dégoût , Tennui , le désespoir vouaient de temps en temps le saisir; il sentait cet a]);iU( ment qui atteint parfois les plus grandes âmes, c Seigneur, ne m'avez-vous € pas tronipé, disait-il dans sa mélancolie; vous avez été € le j)lus fort et vous avez Lriouijibé; j'ai viv un objet de I risée pendant le jour, et tous Oi'onl insu! lé. Il y a l»ien € longtemps que je parle, que je reproche Finiquilé , et

< que j'annonce la dévastation. La parole du Seigneur est c devenue pour moi une cause d^opprobre et de moquerie, t Et j*ai dit : Je ne me souviendrai plus du Seigneur , je t ne parlerai plus en son nom ; un feu dévorant s'est al-

< Luné daDS mon coeur , il brille mes os; J*ai succombé.

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€ ne pouvant plus soutenir le poids qui m*aecable. Tat c entendu autour' de moi des outrages et des menaces. > La plainte de Jérémie s'élève ensuite jusqu'à Fimprécation ; il maudit le jour où il est né» Ibomme qui a annoncé sa naissance à son père , Thomme qui ne Ta pas tué dans le sein de sa mère, pour que sa mère devint son sépulcre! Fallail-il qu*il arrivât à la vie pour la peine et la douleurf

Dans la cinquième année de la captivité , Éséchiel avait piophélisé la ruine de Jérusalem; il avait' tracé sur une brique une image de la ville avec l'appareil d'un siège dirigé contre elle; il voyait les habilants manger le pain au poids el dans la frayeur, boire Teau par mesure, et dans les angoisses, t Une aflliclion vient, une autre aflliclion < arrive, disait le propliète ; la fin vient, la fin vient; elle t s'avance contre nous; la voilà qui vient. > Dans une de ses visions, Ézéchiel fut Iransportc à Jérusalem par Tesprit de Dieu ; il vil le leaqde rempli d'abominations, el la procbaine dévastation de la cité passait devant son génie sous des fignres et des emblèmes. Le peuple de* Juda recherchait l'alliance du roi d'Égypte el ne supportait qu'en frémissant le joug du roi de Babyloue. Ézécbiel, pour détourner de celle alliance la nation captive, composa la poétique parabole des deux aigles el de la vit^ne. Un aigle, avec de grandes ailes, un long corps, des plumes de couleurs variées, s'était abattu sur le Liban et avait emporié la moelle d'un cèdre; une graine qu'il avait confiée à l.i terre était devenue une vii^nc doni les branches se tournaient vers lui : ce premier aigle représentait Nabuchodoiiosor, et la vigne, le peuple israélile établi dans le royaume babylonien. 11 parut un grand aigle déployant aussi de grandes ailes el monlrant un riche plumage, el la vigne étendit bientôt ses branches et ses racines vers lui comme pour implorer des eaux fécondes : ce second aigle désignait le roi d'Égypte. Le prophète ajoutait que la vigne nepou'* vait manquer de périr.

Sédécias, décidé à refuser le tribut , s'assure le secours de rÉgypte, réunit à Jérusalem tout ce que son malheu-

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