‹ Histoire de JérusalemChapitre 49 sur 149 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Damas cosse d'èlre une ville cl n'est plus qu'an monceau de pierres ; les vaisseaux delà mer peuvent crier et hurler, parce que celle ville de Tyr que nourrissaient les moissons de rÉgyple, clquiélail lecomptoii des iiaLiuus, esllombée; la cité qui se vantail de son antiquité, a vu scsenfauls s*en aller à piud bien loin dans des Icn es élrangères; cette place, (loiil Ips marchands élaieut des princes, dont les traliquaiiib élaientdes hommes illustres, a élélVafi[njL' par rhumilialion des superbes; le Seigneur a étendu sa main sur la mer, il a ébranlé les royaumes ( i).

Durant la captivité de Babylone, dts Juifs de tous les coins de la Judée et de Samarie se réunissaient au milieu des ruines de Jérusalem. Baru«jh, revenu pnrmi ses frères des bords du Cédron après avoir reçu le dernier soupir de Jérémie, les cousolail cl les instruisait. H lui envoyé auprès de Nabuchodonosur comme ambassadeur des misèrcfi de Jérusalem, pour obtenir la restitution des vases d'argeni du temple détruil. Une lettre, rédigée par Baruch lui-même, retraçant les maux de Sion , fil foudre en larmes les captifs de TEophrate et du Tigre. Il rapporta les vases, le produit d'une généreuse collecte faite parmi les exilés , et une réponse, qui forme les cinq premiers chapitres du livre de Baruch : pénitence, résignation , espoir d'un avenir meilleur, tels sont les caractères de cet écrit qui, dans la suite, était lu sur les raines du temple aux jours des grandes solennités*

plan de notre travail ne nous permet point de retra« cer Vhistoire des Juifs dans leur exil lointain, suspendant leurs lyres muettes aux saules des fleuves étrangers; mais, au nombre des consolateurs des tribus captives il en est un, Ëxécbiel, dont nous avons déjà parlé, et devant qui pourtant notre esprit veut 8*arréler encore. De tous les écrivains bébreux , Ézécbiel est celui qui emploie le plus souvent le style figuré. Son ton, sa marche, son allure, révèlent à tout moment Ti aspiration. Si le sacré caractère d'un pro-

(1} Proj»hclie d'Iwïe, chap. 25.

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phcleduSeÎQfncur n'interclisriil point ici toute comparaison profane, nous dirions qu'il est haletant comme la sibylle, avec la poitrine gonflée, les7eu]iL enflammés, le visage changeant de couleur : la majesté de Oiea pèse sur lui. Lorsqu'il a parlé de la chute du peuple hébreu et de la vie nouvelle qui lui est réservée dans les trésors de la miséricordo du Seigneur, il étale aux yeux la scène la plus drsr naUqoe» la plus extraordinaire que rîmagination ait jamais eonçue : voilà le prophète an milieu d*un champ couvert de squelettes humains : «

€ Fils de rhomme» lui dit le Seigneur, crots<tu que ces ossements soient vivants? — Seigneur, mon Dieu , répond Ézéchiel , vous le savez. • Le Seigneur lui ordonne de parler à CCS ossements et de leur dire : OssemeuLs arides, écoulez la parole du Seigneur : t Je vais vous animer de mon souffle et vous vivrez ; je ferai naître la chair sur votre surface desséchée ; j'y étendrai des nerfs, j'y étendrai une peau noiivelle et vous vivrez ; et vous saurez que je suis le Seigneur Tout-Puissant. > Le prophète a parlé aux ossements comme le Seigneur îc lui avait commandé, et, au moment où il a élevé la voix, il s'est fait un bruit el un mouvement subils; les ossements se sont rapprochés entre eux , chacun à la place qu*ildoit occuper. Ézéchiel regarde et voit s*étendre sur les ossements la chair, les nerfs et une peau nouvelle, maisTesprit de vie ne les animait pas. i Fils de rhomme, parleà Fesprit, dit le Scif^eur au prophète; et rordre divin faiisortir le souffle de Tesprit des quatre coins du monde; il anime les morts, et les morts revivent; se dressant sur leurs pieds, ils forment une armée immense. Le Seigneur explique au prophète que tous ces ossements représentent la maison d'Israël; ses enfants disent : Nos os se sont desséchés, cl tout noire espoircst évanoui. Lh bien ! le prophète est chargé de leur annoncer que le Seigneur ouvrira leurs tombeaux , qu'il les appellera du fond de leurs sépulcres , et qu*il les ramènera sur la terre d'Israël, dans le pays de leurs pères.

A ce récit, où le prophète nous montre dans une poésie

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