CHAPITRE Xlîr
snriiomaiiie la réfiorrection politique de la nation des •Hébreax , rinlelligencc csl saisie, la langue reste muette; on sent» on voit les sépulcres vides ; on entend le long bruit des os qui s^agilcnt, s^enlrechoqoent et se redressent TÎTanls sous le souffle de rÉlemel.
L'historien de Jérusalem ne saurait passer sous silence «n chant d*Éséchiel (i) racontant le destin de la cité sont les traits (Vnne Temme née dans la poussière, parvenue an irùnc, précipitée dans le malheur en expiation de ses désordres, cl retrouvant ensuite le pardon, i Votre souche, et votre généra Lio II, dit le Seigneur à Jérusalem, viennent de la terre deChnnaan, voire père était Amorrhéen , et votre mère Célhéenne ; lorsque vous vîntes au monde, on ne vous coupa point le cordon ombilical, on ne vous lava point dans une eau salutaire, on ne vous puriOa ])oint avec du sel, on ne vous enveloppa point dans des langes, aucun legard n*eut pitié de vous, et le jour de votre naissance vous fûtes jetée sur la terre nue cqmme un objet de mépris. Et passant auprès de vous, je vous vis foulée dans votre propre sang, et je Tons dis : Vives , vives , quoique cou* verte de votre sang* Je vous fis croître alors comme Therbe das champs ; vous grandîtes, vous entrâtes dans râge et vous devîntes une femme... Je vis qne votre temps était arrivé^ et que vous élies dans TAge d^ètre aimée. J*élendls sur vous mon vêlement, et je couvris votre ignominie, et jo jurai de vous aimer. J*entrai dans une alliance avec vous, et vous fôtes à moi. Je vous lavai avec de l'eau ; je vous puriGai de vos souillures, cL je répandis de Thuile de parfum sur vous. Je vous revêtis de robes brodées et je vous chaussai richement , je vous parai de ce qu'il y avait de plus magninque. Je passai à vos mains des bracelets, et un collier autour de votre cou ; je vous donnai une pann e ])Our votre front, des anneaux pour vos or< illos , cl je posai sur votre tôle une couronne de beauté. Vous fûtes couverte d'or cl d'apgani, vêtue de lin et de robes de plusieurs couleurs; vous
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cûles pour nourriture le pain du fromcnl le plus pvir , le miel el l'huile; vous devinlcs accomplie cl vous moulâtes au rang de reine. Voire éclat et vos charmes rendirent votre nom célèbre parmi les nations ; et vous étiez parfaite par la beauté que j'avais mise en vous. >
Rien ne manque à cello peinture; elle abonde en traits de mœurs de la vie des anciens temps , en pn't it iix délnîls sur la jeune fille des premiers ât^os du rnonde. Voila l'amie du Seigneur entourée de gloire, Ijelle entre toutes les femmes, et digne du maître qui l'avait prise dans la poudre pour rélever jusqu'à lui. Mais bientôt Jérusalem, jeune infidèle» quille son époux pour chercher des étrangers; elle se livre aux enfants de TÉgypte qui ont de grands corps, elaux enfants des Assyriens ; femme adultère , elle sera frappée avec des pierres; ses ennemis la perceront de leurs épées et embraseront son palais. Après que Jérusalem aura expié la violation de ses serments, le Seigneur se ressouviendra de son alliance faite avec elle au jour de sa jeunesse; et conlractera une alliance nouvelle qui durera éternellement. Nous avons supprimé , dans le récit d'Ézé* chiel » des expressions, des images , des détails que notre langue ne soulTrirait point : il est à remarquer que plus lin peuple est corrompu , plus sa langue est chaste « et que c^est surtout chez les nations austères que le langage a le plus de liberté!
Daniel, sorti de la tige de Juda , enlevé encore enfant au pays de Jérusalem , n'eut guère d*aulre patrie que la contrée babylonienne où sou génie lui conquit une imr mense influence. 11 joignit aux lumières de la civilisation Israélite les lumières de la civilisation chaldéenne, et fit servir au profit des Juifs son crédit auprès de Nabuchodonosor et de son successeur , dont plus d*une fois pourtant sa parole hardie excita le courroux. Deux fois jeté dans la fosse aux lions, il en était sorti deux fois victoricuv : la Ti ovidencegarde ceux qu'elle a choisis, et tous les uioii^h cs des forets sont impuissants devant les enfants de Dieu, à qui une tache sublime est réservée en ce monde. Daniel eut
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deSTisions prophétiques dont la plus faineaso marquait la naissance du Sauveur après soixau le et dix semaines, composées chacune de sept années, ce qui donnait un espace de quatre cent quatre-vingt-dix ans. Quarante-six ans avant cette vision * il avait obtenu de Cyrus un édit qui autorisait les Hébreux à reprendre les chemins de leur patrie et à reb&tir le temple. Véàli royal assignait au temple une hauteur de soixante coudées, une égale largeur, trois rangs de pierres polies et un rang de hois 9 de celai qui croit en Syrie.
Les oracles divins s'accomplissaient ; les soixante et dix
ans marqués par Jérémie allaient finir (i); Cyrus , qu'Isaîe
avait vu el nomme à Ucux siècles d inlervalle, el qui, tirant le royaume des Perses d'une étroite obscurité, le met tout à coup à la place des empires des Mèdcs et des Assyriens , apparaît pour juslifier les anciennes et prophétiques paroles sur le retour du peuple proscrit. C'est ici une grande époque; il semble que les cieux souvreut et ^ue la vérité s élance à travers la terre.
(IH/autoiir de l'article de Dnrius, dans la Biographie universelle, a établi l opinion que les soixante el dix ans de la captivité des Juifs se terminaient à iu cinquième année du règne de Darius, an 517 avant Jésttt-Gbrist, époque où oefoi, appelé par Daniel, Darius leMède, ^empara de Babylone; c'est da siège de Babylone par ee prince, et nw point du siège par Cyrus que Daniel a parlé*
yomovUT. — T. i. *