‹ Histoire de JérusalemChapitre 52 sur 149 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

iM Sëlettcidct. ~ Lesonverain sacerdoce, h Jéroialem, deveiia

one cause de discordes intérieures. PersASQtiont d*Avlio* - chas IV contre les Juifs. — Les Macl^abées.

(312—50 avant Jésus-Ghrisi.)

Ofi dit qà*à sa dernière heure» Alexandre prononça ces . paroles : < Je prévois que ma mort sera célébrée par de f sanglantes funérailles. >Un suprême regard, jelé sur ravenir, avait révélé au jeune héros les effl^yables révo«

lulions qui suivraient le partage de son empire. Du milieu lie ceilo immense anaichic , 6ui lii la monarchie des Seleucidi's , qui dura près de trois siècles. Le fomlaiour de cette dyiiaslie macédonienne, Scleucus Nicnlor ou le Vainqueur, un des généraux les mieux faits pour coiUinuer. Tœuvre d'Alexandre, si Alexandre avait pu aVÛll' UU COU" Unualcur, établit son énergique domination sur la Syrie et sur une partie considérable de l'Asie. C'est de sa conquête de Babyione que date Tère des Séieucides, appelée aussi ère des Grecs.ou d'Alexandre, employée par Tauteur du second livre des Machabées, et conservée aujourd'hui encore en Orient» Sous le pouvoir des successeurs de Séleocus, qui avaient Anttoche pour capitale, Jérusalem, soumise seulement au payement d*un tribut, se gouverne paisiblement» d'après sesi propres lois, durant Tespacc de rooioiftAT. — - T. I. ' f«

tlO HfSTOIftE m JÉRUSALEM.

cent vîngl cinq ou vingl-hiiit ans. Anlîochus Soler, Anliochas le Dieu , Sëleucus H , Sélcucus III, Anlîochus le Grand, respeclenl lour à tour les Juifs dans leurs usages, leur Icgislalion et leurs croyances.

Celte heureuse paix de Jérusalem fui Iroublée sous le règne de Séleucus IV, vers Tan i84 avant J.-C, et le coup partit de la perGdie d'un Juif, nommé Simon. Celui-ci parla à un officier du roi de sommes immenses renfermées dans le temple. Sélcucus payait aux Romains d'énormes impéts, et avait toujours besoin d'argent. Aussitôt qu'il eût appris que des richesses étaient giirdées dans le sanctuaire, il chargea son ministre Héliodore de s'en emparer. • Le désespoir du pontife et dès prêtres, les prières et les remontrances du peuple, no purent empêcher les soldats d'exécaler les ordres du ministre, et de s'élancer vers l'argent, placé en dépAt. Tout à coup, dit Técrivain sacré, une terreur (i) divine se saisit de cett« troupe, qui fut renversée avec son chef; il fallut les prières d'Onîaspour rendre la vie à Héliodore, déchiré de coups pardeux jeunes hommes brillants de gloire; ce prodige sauva les quatre eents latents d'argent et les deux cents talents d*or, confiés à Finviolable majesté do lieu saint.

Douse ou treise ans plus tard, de plus grandes persé* • cotions éclatèrent , sous le règne d'Antiochas IV, dont le siurnom de Theot Epiphtmei <diea présent) ,. fut changé en edui A'Epffnanes (fou), et que l'Écriture appelle RadM é$ fiché.

C'est encore du sein du peuple hébreu que s*échappele nuage portant la Icnipèle. Un frère d'Ojiias, Jason, obtient, par TotlVe d'un tribut animel d'environ trois raillions de notre muiiDaie actuelle, le souverain sacerdoce, le pou-^ voir d'établir un gymnase à Jérusalem, et l'élévation des habitants de la métropole Israélite au rang de citoyens d Antioche. Ces faveurs impies une fois obtenues , il s'occupe de changer les coutumes et les institutions de son

(I) Nacbabcet, livre 2, chap. 3»

CIIAPITRË XV. m

pays, et ouvre une académie pour ioUier la jeunease aux croyancea et aux lois païennes. Les prélres , acceptant ces mœurs nouvelles, négligeaient le temple et les sacrifices, couraient aux jeux du gymnase • aux exercices de la lutte et du palet ; ils n'éprouvaient plus que du dédain pour tout ce qu'ils avaieni aime, honoré, admiré jusque-U ; Il n'y avait de beau que ce que les Grecs réputaient glorieux.

Jason ne garda pas le pouvoir violemment arraché à son frère. Ménélafis, frère de Simon , le premier aut^^r des troubles à Jérusalem , promit au roi de Syrie un million de plus que son frère , el se mit à sa place; celui-ci fui siniplaiilL' par son frère Lysimaquc. Dans des désordres paieils, il y a loujuurs de la jdaee pour un crime : le grand prèlre Onias, caché près de Daphnë, aux environs d'Anlioche» importunait Mciiélaiis; un officier de la cour d'Aalioche tua le pontife. Pour prix de ce service, il avait reçu des vases d'or enlevés au temple, et, peu de temps après, pour prix du crime, il reçut la mort. Les usurpateurs de Tautorité à Jérusalem avaient amené avec eux l'iniquité el rempli la ville de misère. Le fils de cet Onias, qui fut frappe à Daphné, se réfugia en K^'yple , et olilint de Ptoiémée la faveur d'élever , sur les ruines d liéliopolis, un temple à Jéhovah. Le Seigneur eut ainsi un sanctuaire au milieu des dieux de PÉg^pte , dans ces mêmes lieux où son peuple esclave avait été appelé à la vérité religieuse. Toutefois, en bâtissant ce temple, Onias avait violé les lois fondamentales de la religion israélile. C'est à Jéru» aaHem, et seukmeni à Jérusalem, comme nous avons déjà ^occasion de le remarquer , qu*on devait offrir à Jébovaà des sacrifices; cette ville était le siège unique de sa résidence , et la gardienne du service divin. Un ancien décret dos Juifs, rapporté par Maimonide (i) , déclare que c si t quelqu'un a transgressé la loi , eu élevant un temple ' I autre que celui de Jérusalem « ce temple ne sera pas c regardé, à la vérité, comme ud sanctuaire d^idoles;

(1) flala<Aa Biath ttsmmlkdaich, livre 8.

.< mais il ne sera jamais permis au sacrificateur qui aura c sacrifié dans ce lemple de faire le service daus le sanc* f luaire de Jérusalem ; il ne sera pas même permis d*eiiic ployer à Fusage du véritable sanctuaire les vases qui s lui auraient servi , mais on les cachera. >

Le même Piolémée (Philomélor ) , qui avait permis la construction d*un sanctuaire au Seigneur» condamna les Samaritains dans leurs prétentions d'établir la suprématie du temple de Gariaim sur celui de Jérusalem.

Tandis qu*Antiochu8 se préparait à marcber contre l*Êgypte pour la seconde fois , des prodiges se montrèrent aux habitants de Jérusalem ; durant quarante jours on vit courir dans les airs des ca valiers avec des Tètements d*ori et armfo de lances* des chevaux rangés en bataille et se précipitant les uns contre les autres, une multitude d^hommes couverts de casques et tenant en main des épées nues. Les boucliers s'agitaient , les dards traversaient l'espace; des armes d*or et des cuirasses resplendissaient au loin ; chacun priait Dieu que ces i»rodiges tournassent à ravanlage de la cité; mais les événemenls prouvi rcnL que ces présages n'annonçaienL que des malheurs. Bien lot se répand 1111 faux bruit sur la morl d'Anliochus ; Jason qui , n'ayaiil pas louglemps joui delà grande sacrificature usurpée , s'était relire chez les Ammonites , prend avec lui mille hommes» cl attaque Jérusalem, dont il parvient à s'emparer; Ménéiaiis, son compétiteur au souverain sacerdoce , se sauve dans la forteresse de la ville. Jason fait un carnage dans la cité , sans songer que ce sont des frères qui tombent 80u& ses coups. « 11 ne considérait pas, dit admirablement l'auteur du second livre des Machabées, que c'est un très-grand malheur d'être heureux dans la guerre qu'on fait à ses proches. » ^îais il ne put parvenir à se mettre en possession de l'autorilé, et reprit le chemin du pays des Ammonites; une courle captivité l'attendait parmi ce peuple; il s'échappa , et , fuyant de ville en ville, haï de tout le monde comme un violateur des lois et un ennemi de sa patrie, il atteignit i'Égypte» d*oiiUs*en

GUÂPITKB XV. âlS

aUâ cheichcr un refuge à Lacédéinone , alliée a\ uc Jérusalem. Il péril loin de son pays, lui qui avail chasse tant d'hommes de leur région natale; lui qui avait fait jeter les corps de tant de victimes sans leur accorder la sépulture, mourut sans être pleuré ni enseveli, et sans trouver un tombeau ni chez l'étranger , ni dans sa patrie

Tout ce qui venait de se passer à Jérusalem avail inspiré à Anliochus des sou[)rons sur la fidélité des Juifs; peutêtre reprochail-il à la ville de ne s'élre pn^ plus \ iiioureusemeiit défeiKliir contre Jason et de ira\oii' [)cis soutenu plus fortenieiiL le grand prêtre <|u'il avail lut inrino établi. Voilà le roi qui tout à coup (juilLo l'Egyplc cl se jette sur Jérusalem , dont la population est inimulte par ses ordres. Lliislorien sacré parle de quatre-vingt mille victimes tombées en trois jours; une erreur de copiste n'a-t-elle pas exagéré ce nombre ? 11 est possible que le nombre de quatrevingt mille représentclous ceux qui furent alors enlevés à Jérusalem y soit par le glaive, soit par la captivité. Autiochus entra dans le temple et se saisit des vases qui étaient Tornement et la gloire du sanctuaire. L'historien sacré frémit à la vue de celle profanation criminelle, et observe que si les péchés des habitants n*avaient point provoqué de tels désastres , Ântiocbus eût été fouette comme Héliodore à sou entrée dans le lieu saint, c Mais, ajoute rÉcriture, Dieu u*a pas choisi le peuple à cause du temple; il a choisi au contraire le temple à cause dii peuple. > Ce qui veut dire que si le peuple ne lui obéis^ 'sait paSt ne<lui était pas agréable » Dieu n*avait que faire de défendre le temple. Antiochus emporta de la demeure du Seigneur disL-huit cents talents, rauteld*or , le chandelier avec toutes ses lampes , tous les vases , la table des Pains de proposition , les bassins , les coupes, les encensoirs d*or , le voile, les couronnes ; il brisa tout et s*en retourna promptement dans sa capitale, si rempli d*orgueil et d*extravagance qu*ii s*imaginait, dit TÊcriture» pouvoir

(I) Hachabées, livre 2, chap. 5.

f i4 UISTOIHB DB JBRUSALEM.

naviguer sur la terre et ftire marcher & pied ses troupes sur la mer. Il y eut alorsuu grand deuil au milieu du peuple élu ; les princes et les anciens gémirent ; les vierges et lès jeunes hommes furent abattus , et la beauté des femmes fut changée; les' maris s'abandonnèrent aux lamenlations, et les femmes , assises sur leur Ht nuplial , foodaieut^en larmes (i).

Deux ans après, un autre coup frappa la ville de Jérusalem : vingl-dcux mille houmies armés, pi olilanl du jour du sabbat, achevèrent de décimer la populalton. L'inceudie et la deslruclion passèrent sur la cité; les vaiïKjueurs emmenèrent les femmes, les enfants et les troupeaux. Ils mirent une garnison de soldats macédoniens dans la citadelle de David qu'on entoura de grands murs et de fortes tours. Jérusalem devint la demeure des étrangers; ses jours de fêle se chaufrèrcnt en jonrs de pleurs, l'opprobre couvrit les jours du sabbat, et vSion Xul dépouillée de toute sa gloire. Des lellres d'Anlioclius ordonnèrent qu'il n'y eût plus dans le royaume qu'un seul peuple, une seule loi; les Juifs perdaient la liberté de leur foi; des lettres particulières, adressées à Jérusalem et au peuple de Juda prescrivaient aux Hébreux de se conformer aux lois et aux croyances des autres nations. Jupiter Olympien prit la place de Jcbovah dans son temple de Jérusalem, et le temple de Garizim fut consacré à Jupiter Hospitalier. On jetait au feu les livres saints. La peine de mort était prononcée contre les violateurs des décrets d'Antiocli us. Des femmes, Coupables d'avoir circoncis leurs enfants, étaient précipitées du haut des murailles avec leurs enfants à ia mamelle; la flamme dévorait les Hébreux assemblés dans des cavernes pour y célébrer secrètement le sabbat.

La religion des aïeux eut de lâches déserteurs, mais d^hérolqucs résistances et de sublimes < exemples s'offrent à notre admiration* Qui de nous ne se souvient du saint vieillard Êléaxar refusant déporter atteinte à la gloire de

(1) Mochabèes, livre t, diap. 1.

CHAPmiB IV. tttf

seâ cheveux blaDCS , et de conserver par un crime le reste d'une longue vie loujours honorée? Quelle belle ci loucfaaule histoire que ccUo des sept frères el de leur mère, préférant d*horriblc\s lourmculs à la violation des lois de Dieu et de leur pays , méprisant el livrant leurs corjis au bourreau , mourant avec l'espoir (l'iMrc ressuscites à la vie éternelle par le Dieu du niondo, dont ils ont voulu garder fidèlement le cuUe 'Quelle angélique langue pourrait louer relie mère qui, avant de périr, soutire sepl fois la mort dans la per'^oniie de ^^es fils , qui soutient leur conrnixe, les aide à passer de ee monde à l'autre , dans les brûlantes chaudières d'airain , sous le fouet ou le ferî t Je ne sais comment vous avez été formés dans mon sein, leur disait cette admirable mère , car ce n'est pas moi qui vous ai donné l'âme» l'esprit et U vie; ce n*est pas moi qui ai joint toas vos membres pour en faire vos corps; mais ieCfëa» t€Qr du monde , qui a formé Thommeà sa naissance, qui a donné Torigine à toutes choses, vous rendra encore par sa miséricorde l'esprit et la vie , en récompense de ce que tous vous méprisez maintenant vons-mémes pour obéir à -ses lois! — Mon fils, disait-elle encore à son septième martyr, ayez pitié de moi qui vous ai porlé neuf mois dans mon sein , qui vous ai nourri de mon lait pendant trois ans , et 4|ui vous ai élevé jusqu'à l'âge où vous êtes ; je vous demande , mon fils , de regarder le ciel et la terre et tontes lés clioses qui j sont renfermées, et de comprendre que Dieu les a créés de rien aussi bien que tous les hommes. ' Ainsi donc, ne craignez point ce bourreau, mais montrez* vous digne de vos frères, et subisses noblement la mort, afin que je vous reçoive avec eux dans cette miséricorde qui est notre espérance •

Les annales de TanUquIté profane n'offrent pas une mère semblable I cette mère juive dont la postérité n'a point su le nom ; Théroisme des mères cbrétiennes dans la perséeu* lion peut seul être comparé à cet idéal do martyre , aeeomo

HISTOIIŒ PE JÉRUSALEM.

pagne de tous les caraclîres de sublimité que puisse uLtcindre la nature humaine !

Aucun malheur n'est épargné à Jérusalem et aii peuple élu ; tout s'en va, nation , lui , croyance ; la féroce tyrannie d'un roi briac el disperse cette grande société qui, revenue au pays des nm\x , s'était de iiouvonu fortement reconstituée et marchait paisiblement à sou destin. Son dernier jour ("sl-il venu ? Cet nvonir annoncé par tant de voix prophélitincs, liesera-l-il que la scrvilndc cl la mort? La main de l>ieu qui avait pris ce peuple au pays de Gessen et l'a conduit à travers lanl de révolutions et de siècles , s'estelle tout à fait retirée? La Providence , qui lui a toujours suscité des hommes, n'en veut-elle plus tirer des trésors de sa magnifique bonté? Mais non ; quelques gouttes de la divine rosée descendent sur le soi de la PalesUue » el ce sol enfante les Machabées !

Les Machabées î grande famille que nulle famille de rois n'a surpassée t graves et belliqueux génies qui réalisent les plus beaux songes de la muse épique, vengeurs invincibles de Jérusalem, consolateurs puissants, réparateurs hardis ei rapidesl Oh ! que de souvenirs éclatants s'attachent i ce seul nom de Machabée ! C'est le patriotisme dans son énergie la plus sainte, la bravoure dans son en* thousiasme le plus ardent, la gloire dans sa plus céleste pureté. Les témoignages de vaillance ne manquent pas aux annales isra^liles , mais les fils de Blathalhias, sauveurs de leiir pays, forment toute une épopée & part dans rhistiiîro du peuple hébreu.

. . Judas a donné son surnom illustre à tous les siens. Le mot de Maehahie signifie en hébreu c«/tii gut fmppe; en grec, celui qui combat: une aulre explication de Torigine de ce surnom nous platt, o*est celle qui nous montre sur les étendards de Judas les premières Icltres de chaque mot d*uue phrase hdbraiqye ducanliquedelloise, dont le sens est celui-ci ; Quid*entr0 la dieux e$i tembkblcâvouit Sn- ^neur ? C'était là une belle devise à écrire sur les drapeaux de tels guerriers; et ce cri dans les combats n^était-il pas

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