CHAPITRE XV
sur ]a tête et le ciliccpour vôlernenL ; lorsqu'ils entendaient Judas leur promettre le triomphe, c'est Dieu même qu'ils croyaient eolendre ; lorsqu'il priait le Seigneur à Masphah, ses compagnons croyaieul voir des anges porter au ciel ses oraisons. Les malades, les vieillards, les orphelins et les veuves avaient leur part des dépoaillics , et la charité fralcrnclle sanctiGait ainsi la victoire.
ludas n'avait point attendu ses derniers triomphes pour entrer dans Jérusalem et purifier le temple ; la ville sainte n*offrait qu^un désert ; Tétranger demearait enfermé dans la forteresse; toute joie avait été bannie de Jacob, dil rficriture (i) , et la flûte et la harpe y étalent muettes* Les pieux guerriers avaient déchiré leurs vêtements et s'étaient couverts de cendres au douloureux spectacle du temple solitaire et profané. Les ronces et les arbrisseaux crois* salent dans le parvis comme ils croissaient dans les montagnes ; les pdrtes étaient briklées ; les édifices attenant au temple étaient renversés. On releva rapidement les ruines du sanctuaire, et on fit disparaître les impures idoles» A k place de Tautel des holocaustes souillé » un nouvel autel s*éleva et fut consacré au bruit des cantiques , des lyres et des timbales. La célébration de la Véie det lumières, parmi les Juifs, est le souvenir de cette dédicace, qui dura liiiit jours.
Les Hébreux LalircnL sur lemonlSion, une citadelle, pour l'opposer à celle que retenaient uacore les soldats macédoniens , et la remirent aux mains de bons gardiens. Ils ne s'étaient point occupés de chasser Tennemi de la forteresse de Jérusalem ; il aurait fallu passer de longs jours au pied de ces tours et de ces murailles , et les vaillants défenseurs d'israc!! étaient appelés à de plus rapides et à de plus utiles exploits.
Lorsqu'Antiochus mourut de rage en i64 (avant J.-€.)« Judas Machabée et ses frères avaient partout battu ses troupes* non-seulement dans le pays de Jérusalem » mais
(I) Macbiibées» livre i, cbap. 3*
biyilizûQ by GoOglc
dans la Galilée , dans les conlrécs d'Hébron et d'Âzol, et jusqu'au delà du Jourdain. Ce roi, dont toute la gloire est d'avoir travaillé à faire achever le temple de Jupiter Olympien à Athènes, exerça contre les Juifs des cruautés qot furent Tœuvre d'un petit esprit; sa pauvre tèic ne put soutenir les revers de ses armées. 11 s'était pris do belle passion pour les fêtes mythologiques d'Athènes, d'Olympia et de Délos, et trouvait sublime d'entreprendre de paganii$r le peuple hébreu! Ce n'était pas vers les dieux d'Uo< mère que marchait le monde , mais vers le Dieu d'Isale et de Daniel.
Toute la force d*une grande monarchie était impuissanté à tenir tète à une petite légion de montagnards comhatlani pour leur religion el leur pays. Dans leur duel avec les fila de Mathathias, les descendants de Séleucus ne connaissaient que la défaite. L*attaque la plus redoutable que les Machahées eurent à soutenir , fut Texpédition du jeune Antlochus Eupator, dirigée par Lysias» son tuteur. Cent mille hommes de pied et vingt mille cavaliers s'avancèrent vers Jérusaltm; ils avaient avec eux trente*deux éléphants drcsbés au combat, portant chacun une tour de bols renfermant iiLiiLe-deux guerriers; chaque éléphant avait un Indien pour conducteur : on montrait à la béte du jus de raisin cl de mûres afin de l'exciter par celle apparente couleur du sang. Les boncliers d'or et d'airain resplendissaient sous les rayons du soleil levant dans le pays de Judée ; leurs reflets couvraient ks monlagnes,quibriIlaienl au loin commedes lampes ardentes. Ce formidable ai)[)areil n'épouvante pas Judas; il va au-devauL de i armée niacédoni( nnc, et son glaive et celui de ses compagnons jour cheuL la terre de six cents cadavres. Éléazar, un de ses frères, ayant aperçu un éiephani plus grand que les autres et couvert des armes du roi , avait cru qu'Anliochus était dessus; il s'élance vers la béte se faisant jour avec son glaive, se place sous le ventre de l'éléphant qu'il lue el qui l'écrase aussitôt dans la chute : inutile dévouement qui enleva un héros à la phalange Israélite !