CHAPITRE
horrible paralysie eu renversant les murs de la parlie intérieure dn temple, et les ouvrages entrepris à la voix d'Aggée et Ue Zacliai ie , dûlermineiit l'autre général syrien à reprendre le chemin d'Antioche.
Des rancunes de rois avaient suscité contre Démétrius un jeune aventurier, nommé Bala , présenté comme fils d*Anliochus Epiphanes. Alexandre Bala, appuyé secrètement par Irdis monarques , et ralliant autour de lui les mécontents de Syrie, menaçait le trône de Démétrius, et venait de s'emparer de Ptolémaïs. Les deux rivaux se disputent une alliance avec Jonalhas , établi à Jérusalem , qu'il réparc v\ (\n ii fortifie. Démétrius offre (le rcinoUre aux Juifs tous les tributs, de faire de Jérusalem une ville libre et du temple un lieu de refuge inviolable, de rendre la liberté à tous les Juifs esclaves, de donner Ptolémaïs et son territoire, et un revenu annuel de quinze mille sicles d'argent, au sanctuaire de Jérusalem (i).Maisles promesses de Tennemi dlsraël inspiraient à Jonalhas peu. de coniaDce; il aima mieux faire cause commune avec Âkxandret qui lui avait envoyé une robe de pourpre et une couronne d'or comme pour reconnaître son autorité , et qui avait Fappui de TÉgypte* Le chef du peuple juif alla visiter, à Ptolémaïs , le nouveau roi de Syrie, après sa victoire sur Démétrius , et assista à son mariage avec une fille de Ptolémée. L'historien sacré nous apprend qtt*AIexandre fit revêtir Jonathas de la pourpre, et qu*ii lui prépara une sorte de triomphe dans les rues de Ptolémais («) .
La royauté d*Âlexandre ne dura que cinq ans ; Thérilage de Démétrius Soter revint à son fils Démétrius Nicalor. Ploléroée PhOométor, qui avait donné à Bala le trône et sa fille eu mariage, lui éU son trdne et sa femme, pour la donner an jeune Démétrius : le caprice immoral d'un roi devient ici toute la politique des nations. Jonalbas n'ohlint de Démétrius que d'inutiles promesses ; trois mille Juife
(j) Machabéeit, livre i, chap. 10.
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des plus vaillants avaient sauvé le roi d*ane révolte à An« tioclie , cL avaient brûlô la ville pour châlier les enncmia du priuce. Démétriusnc tint aucun couiple de cebei vice. Antiochus Vï, fils cVAlexaiiclre Bala, qui fut mis à sa place, donna à Jonalhas le droit de boire dans une coupe d'or, de porter la pourpre et l'agrafe d'or; mais les caresses ou les menaces de cos rois d'un jour touchaient peu le gi and prôtrede Jérusalem, qui avait pourlui legcniede la guerre, ïi tourne le dos à cette politique incertaine , partavoolfif siens, et soumet (oor à tour Ascalon et Gaza; puis, pas^ sant en Galilée* remporte, du côté de Cadès on Ged^ ile Nephlali , uoe victoire qu*i( ne doit qu'à sa bravoure. Il lait éclater ton courage en vingt autres renoontres» et la terreur de sop nom protège Jérusalem mieni^ que de bries inurailles.
lonatlias se ressouvint de ralHauoe que sou frère Juda avait faite avec les Romains, et de celle que le gmod prêtre Oniasavait faite aveoLacédéinone; il envoya dm dépatés
pour renouveler celle double alliance. En voyant Jérusa^ lem tourner ainsi son espérance vers Rome , ou songe involontocment que o*est de là que doit lui venir la ruine.
F.a fin de Jonathas est une éternelle souillure pour ce Tryphou ou Diololcqui, voulant saisir la couronne Je Syrie, et redo^itaul l'intervention du grand prêtre, le lit prisonnier à Ptolémais en trompant lâchement sa bonne foi. L'âme souffre quand elle voit TUéroïsme succomber ainsi dans les pièges que lui dresse rinfàme calcul d*un misérable ambitieux.
Simon . dont le courage avait été tant de fois éprouvé par Tennemi , vent sauver lonatbas ; il est touchant lorsqu'il excite le peuple à la délivrance de son- frère, lorsqull rappelle au peuple comment toute la maison de son père a combattu pour les lois et pour le saint temple, c Tous nos frères sont morts pour Israël , dit-il , et il ne reste pins que moi ! mais je n'épargnerai pas ma vie toutes les fuis que nous serons dans le péril ; je ne ferai pas meilleur
GUAP1THI& XV. â3i
marché de mes joars que u'ont fait mas frèraa. le venger rai donc ma natioo et le aancluaire, nos enfante et noa femmes, parée que les ennemis ae sont aisembléa «entre noua* * Soyez notre chef à la place de lodaa et de Jena» ihast I lui erie le peupla tout prêt à se mettre en marcîie (i),
Tryphen demande à Simon cent talents d'argent et les deux fils de Jonathas en otages. Â cette concliiion , il ren* dra la liberté à Jonathas. Mais le misérable re< uL la soinmo et les deux fils, el garda soa prisoiinier. Simon s'avançait à la Léto de quarante mille hommes qui foimaient alors Tarmée Israélite; Tryphon n*était pas de ceux qui tentent les hasards des batailles : il tua Jonathas et ses iils ets*en retourna à Antioche.
Les restes de Jonalhas , que tout Israël pleurait , no demeurèrent point en des mains ennemies; Simon les lit apporter à Modin et leur ouvrit le tombeau des ancêtres. Par ses ordres, au-dessus du sépulcre de sa famille, S*éleva un momimeat qu'on voyait de loin , et dont toutes les pierres étaient polies; il était composé de sept pyramides dont Tune répondait à Tautre : une à son père, une à sa mère , quatre à ses frèrea ; la septième défait un Jour orner la tombe de Simon s de grandes eolouiea, surmon» Idea d'armea et de nafiresen sculpture , qmpowTmentétrê «wijHiriifffMDi^atMirf, complétaient la monument. Noua ^vom prononcé Ir; nom d* Achille en parlant de Indaa Machabée, et l'édifice sépulcral de Modia noua rappella le tombeau des héroa greca qui, selon les paroles de rodystlst devaient 6tre salués dans tous lea âges par les navigateura de THellespont. Mais les almples tûmulus du oap Sigéa ont duré plus longtemps que lés pyramides el lea eolaaiiea dea aépulerea de Ifedin. Nous a^na ▼u remdlr le gazon sur lea tombeaui d*Aehille, de Patrœle et d*Ajax, restés tels qu'ils étalent au tempa d*flomàre , et noua avoua vainement eberehé .sur la raon^
(i) Hacbabées, IW. I, cbap. 13.
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tagné de Modin qaelqoes traeeB de la sépulture des Hacbabées.
Simon , que Bossaet appdle le plus prudmi el le phu kmre»x âe$ Maehabies , profita des querella des princes se dispulant le trône de Syrie , pour ressaisir les plus impor-
lari les places qui composaient rancicn hérilage d'Israël , pour fortifier son autorité et affranchir la Dation Israélite de toulê domination étrangère. Il prit possession de la citadelle de Jérusalem , occupée par Tcnnemi depuis vingtsept ans ; il la purifia des souillures de l'idolàLrie, el l'entrée dans la citadelle de Sioii lut une fête. Chaque soldat portait une palme à la main ; le chant des psaumes , le son des guitares et des harpes remplissait les airs. Le peuple donna à Simon le titre de souverain-poni ile , grand chef et prince des Juifs. Dans une assemblée solennelle, on lut une déclaration qui rappelait les services , établissait les droits de Simon ; cette déclaration , gravée sur des tables d'airain, fut placro dans les g-aleries du temple pour rire exposée à tous les regards. Simon portait la pourpre et l'agrafe d'or; tous les actes étaient écrits en son nom, aucune assemblée ne pouvait être convoquée sans son autorité, et sa souveraine sacrificature deviut une sorte de royauté que lui conférait l'assentiment universel de la nation israélile* La fermeté, la sagesse, la bravouro de Simon amena une paix qui depuis longtemps était inconnue à cette malheureuse Urre, oiile oomJMt naissait tou-^ jours delà persécution.
L'historien sacré se plaii à peindre ce temps de repos donné à la Judée : chacun cultivait tranquillement son champ ; le pays de Juda produisait ses firaitsT; les vieillards , assis près des places publiques, s'entretenaient de ^abondance des biens de la terre , et les jeunes hommes se paraient de riches vétemeots« Chacun , est-il dit encore, se tenait assis sous sa vigne et sous son figuier « sans que nul ne Tépowantât (i). A la manière dont Fhistorieii
(1) Vachabées, livre J, chap, 14.
biyiiizea by GoOglc
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110118 r^ete les louanges de Simon , on sent qu*il craint de ne pas rendre une assez complèle justice à celui qui a donné à son pays des jours prospères. U nous montre les rois abattus, et une frayeur respectueuse autour de la Judée. Des lettres de Lacédémone et des lettres des Romains à qui Simon aYait euToyé un grand bouclier d*or » arrivèrent avec des protestations d'amitié politique , garantissant la paix des Juifs. Le dernier des cinq fils de Hatbalhtas recueillait le fruit de tant d*admirables exploits par lesquels une seule famille avait tenu tète à de nom*laveuses armées. LorsquMl commençait à vieillir, il trouva, dans ses fils Judas et Jean , des continuateurs de la gloire des Machabées pour repousser une atlaque d*Anttochus Sidèlcs.
Ce même Auliochus, à une époque précédente, avait offert au piiiîce de Jérusalem, entre autres privilèges, celui de battre monnaie dans toute Tétendue de la Judée ; c'était la première lois que les rois d'Asie songeaient à accorder aux Juifs ce privilège qui est la marque essentielle de l'indépendance. Mais Simon n'avait point attendu la permission d'AïUioclms. Depuis la reprise de la forteresse de Jérusalem , il battait monnaie; un côté des pièces portait le nom de Simon, Tautrecôté, la date de l'affranchissement du pays, et un palmier ou une grappe de raisin, symbole de la iécondité île la Palestine. Toutefois , la ^répugnance des Hébreux à représenter l'image des choses de ia nature, les avait déterminés à fabriquer les pièces de bronze , d'argent ou d'or dans la Samarie , et à se servir des caract^cs babyloniens ou cbaldalques en usage dans ce pays; celte répugnance, jointe à rinconvénient du nom d'un seul sur une monnaie républicaine , obligea Simon , au bout de quatre ans , è ne plus battre monnaie.
Comme son frère Jonathas, Simon périt sous les coups d*one inf&me trabison ; ce fut son gendre appelé Ptolémée, gouverneur de la plaine de Jéricho , qui , aspirant à rnsurpation du souverain sacerdoce, fit massacrer Simon
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et deux, do ses fils dans une salle de fesU» (i55 aii« avant J.-C). Horrible crime qui portait une rude allci nie à la république israélite ! Quoi [vic 11 livre des MaehabéeS ne le dise point, les depouilks de Simon allèrent sans doute prendre leur place à Modn< à l'uuibrc delà septième pyramide, et les cinq frères se trouvèrent ainsi riiinns à leur père après avoir accompli cn Judée leur mission do dcvouemeat et de courage.
L'œumqui avait coulé tant d'efforls sublimes ne r> posait plus que sur une seule tête, celle de Jean surnommé Hyrcan, fila de Simon ; il était à Gazara lorsqu'il reçut la nouvelle de la catastrophe. S*ëtanl dérobé aux sanglants projeta du misérable vendu à la cause d Antiochus , Jean fut nommé par le peuple grand prêtre et prince à b plaee de son père. L*historien des Macbabéea nous rpuvoie aîi livre des Annales du Sacerdooe , pour les beUi^ queux travaux de Jean Hyrcan , mais ce livre ne noua ea| point parvenu. C'est à la mort de Simon Macbabëe que se terminent les récits de la Bible, notre principal guide depuis le commencement de notre travail. L'historien Jo» sèphc , qn on ik^ peut suivre qu'avec une grande précaution, nous parle d'uiu' somme de Lrois nulle talents (environ dix-huit raillions de notre monnaie ) trouvée par Jeai^ Hyrcan dans le sépulcre de David. Ce fait nous paraît fort douteux. Durant un gouvernement de trente ans, le suQeesseur de Simon se montra digne de e^a race; guerrier valeureux , Il oonquit Tldumée et Tamena à la foi israc - )ite; il renversa le temple des Samaritains el leur capii Uo qui , si longtemps . avait dressé sa léle contre Jéruaâlcu* j c'est aveclnî que finit la gloire des Maohabées.
Âristobule qui le premier ches les luifs prit le titre de roi en le réunissant à celui de grand prêtre; Alexandre Jannée, son frère, qui se fit garder par six mille étrangers, s'engagea dans une affreuse guerre civile et ae souilla par de lamentables atrocités ; Hyrcan II el Arislobalell 80 dis* putant un trône qui ne devait rester ni à l'un ni a Paulret aLbcvenl trisitcmenl cl sans éclat 1 bisloiic d'une iumillc
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dont 1m tneeft aviientéléii magiiiflqoei. La poil^tlë des Machabées songe* à le parer des inaignea de la royauté kraqu'elle cessa d*élre grande et fbrto ; c'est surtout à Tlm-* poissance qo'i! ISitit un titre , et la recherche des marques du pouvoir indique souvent que le pouvoir dehappo. Cette famille qui , partie de la montagne de Hodin , ayait tant resplendi au profit de Jérusalem , perdit sa gloire comme nn astre éteint dans Tespace.
Les armées romaines parurent pour la première fois à Jérusalem , quand Pompée, chargé de régler le sort de la Judée , assiégea et prit la ville sainte où s*était enferme Arislobule II; celui-ci avait acheté auparavant Tappui des Romains, en doonanl au gouverneur de Syrie Gabinius cl à Scaurus des sommes considérables, et à Pouiiiée une vigne d'or que Strabon vit lui-même au (Japiloie ; mais il attira contre lui le courroux de Pompée pour n'avoir pas suivi ses ordres , et fut condamné à orner sa pompe triomphale à Rome. Les richesses du temple respectées par le grand capitaine romain devinrent la proie de Crassus, qui enleva pour cinquante millions de notre monnaie et une solive d'or de sept cent cinquante livres pesant d'argent. Selon l'historien Josèfibe , Antoine accorda à Ilérode le royaume de Judée tombe; entre les faibles mains du vieil Hyrcan H; après que César eut gagné Fempîre du monde à la bataille d'Aclium, Hérode, tournant le dos au vaincu, obtint de la bienveillance de César la faveur de garder la royauté de Jérusalem. Mais ce roi n^élait qu*un préfet de Rome; les bords du Cédron et du Jourdain appartenaient aux dominateurs des bords du Tibre.
Nous voici arrivés à ce que nous appellerons le milieu des temps; le sceptre vient de sortir de Juda » et le jour du Messie est proche ; Jésus-Christ arrive au moment où sur le monde entier règne le génie romain avec son pouvoir terrible, au moment où le genre humain s^incline sous Tautorité de ce long glaive qui , planté au mont Palatin» rayonne aux quatre bouts de la terre. La force mo-
«M HiSTOIRB DE JÉRUSALEM.
raie se lève lorsque la force brutale est dans toute sa gloire; admirable rapprochcmenl ! jeu sublime de la vérilé! c'est aussitôt après la réduction de la Judée à rubéi^sance de Rome, qu'il part de son sein une pniss:inoc, (loiitiDéeà ravir à cette Kome païenne Tempire de T univers !