CHAPITRE h
UTiit fait tenir tb Égypte k fiimiU«à^i rtnnir •ppa^> tenait ; un plus grand hommes Mote, entré tmai à la cour des rois et graiidîaaaiil h Yéeole des prêtres d*Héliopoli8 » tirera ét la servitude cette famille qui est mainteoent un peuple, et la conduira à raccomplissement de ses destins. Noos ne suivrons point Moïse au pays de Madian, vers la mer Rouge , recueilli dans sa fuite par Ragud ou Zetro « dont il épouse une fille. Dans quelles roédilalions infinies nous aurions à pénétrer^ si nous interrogions la pensée de Mobe , pasteur des troupeaux au milieu des silencieuses scditudes voisines du mont Oreb ! Que d*idées et dMmages passaient et repassaient devant son génie , quand il songeait à ses frères devenus comme les bétes die somme des Ëgypliens , quand il sondait Tavenir et les secrets de la providence divino» pour y découvrir la liberté et la gran- ^ deur d*Israêl avec des lois et une religion au-dessus de toutes les lois et de toutes les religions de la terre. On sait comment arriva à l'oreille de Ti poux do Saphora la voix partie du buisson ardent , et comment il voila sa face à l'approche de celui qui est. La miraculeuse voix lui commandait de retourner auprès de ses frères d' Egypte , lui annonçait qu'il serait à Tabri de tout péril, et qu'il avait pour mission de les conduire au pays de Ohanaam, malgré -à*haraon. C'est le Dieu d'Abraham , d'Isaac et de Jacob , qui parlait à Moïse. La grcle, la sécheresse et la peste, l'invasioii des nicniclierons et des grenouillt^s, les eaux changées en sang, les longues et épaisses léitèbres, l'ininiolation des premiers-nés , sont la punition de la résistance de l*haraon. Ce peuple qu'on ne veut pas laisser partir, et dont le Dieu se venge par d'effroyables prodiges, fait pressentir à Timaginatioa un draine uniipie dans les annales humaines; puis, les six cent mille eniants d'Israël se mettent en route , passent la mer Rouge à pied sec entre deux longues ;nontagnes d'eau immobiles sous la main de Dieu, et laissent derrièreeux, dans les abîmes qui se sont refermés , Tarmée égyptienne disparue comme une masse de plomb au fond des mers. L'amas de décombres » appelé
13 HISTOIHË DE JËHUSÂLfcIM.
par les Arabes T^Yhoudifth (montagne des loifs) , silué à quatre lieues du Caire, est aajourd*hui le seul Yestige du séjour des Hébreux dans le pays d'HélîopoUs.
Nous ne connaissons pas uu spectacle plus intéressant, plus grand que celui de la nation juive s*avançant dans le pays deChanaam (i), le royaume promis à leurs ancêtres. Ces terres , lentement traversées dans un voyage de quarante ans , uiiL peu change d'aspecL I.cs solitudrs de Sur, au delà du golfe de Suez, sont lonjoiirs sans verdure, sans le plus léger courant d'eau; on retrouve les eaux dcMara changées par Moïse en eaux douces, et les douze fontaines d'Élim, ot SCS soixante et dix palmiers, auprès desquels Israël dressa ses tentes. A la saison de leur passage, des milliers de cailles couvrent le désert de Sin comme à lepoquc des Hébreux, cl les Arabes y recueillent encore une manne, semblabU à l^i blanche graine de coriandre , et douce comme le miel. Les serpents à l'haleine dévorante , les scorpions et Içs vipères qui menaçaient les Juifs coupables , n*onl pas quitté les solitudes de CaWf et de Pharan. Les rochers du Sinaï ont gardé je ne sais quelle stupeur solennelle depuis la sublime entrevue do Moïse avec Jébovab.
Il est carieux de voir quelques images de TÊgypte se mêler à ces grandes scènes de Fépopée hébraïque. La loi révélée au bruit du tonnerre fut écrite sur la pierre, des deux cétés [ex utrâque parte)^ comme Tétaient les lois égy ptiennes. Le veau d*or adoré au pied du Sînàï rappelle évidemmcnt le bœuf Apis.
L'Exorde , le Lévitique, le livre des ISombres et le Deutéronome, qui sont à la fois comme TOdysséc d'Israël et son code religieux et politique, nous montrent uu grand génie sous le souille perpt'luel ci<; l inspiration divine, et un peuple à dure cervelle [durœ cervicis) qu'il fallait élever à la hauteur de son destin. Les prodiges se multipliaient inutilement sous les yeux des Juiii>; le Seigneur, pour
<1) 430 ans après la vocation d^Abrabam, 850 ans après le déloge, 1491 ans avant J.-C.