CHAPITRE r
parler comme TÊcrilare, les «ivail portés dans ce désert, coromeun homme porte son enfant ; des instincts grossiers, le long abrutissement de la servitude égyptienne les retenaient dans ces régions inférieures qui sont fermées ans splendeurs de Tintelligence, dernières régions de Tâme, où ce qui est vrai , ce qui est beau ne saurait plus. se eom< prendre.
Ce Toyage de quarante ans aurait pu s^achever en quéU ques semaines, maisL Moise-avait à faire Téducation de la nation juive; il devait la discipliner, Hnstruire. On ne pouvait rien fonder , rien accomplir avec la génération Israélite, qui, esclave sur les bords du Nil, était tombée si bas, et qui (spectade étrangement immonde!) se prosternait devant une idole, en face même de la montagne où lonnail la gloire du Dieu unique. La génération nouvelle était Tespoir du législateur inspiré ; il passa les quarante ans du désert à la former à Timage des enseignements qu*il apportait; ce pèlerinage fut une grande école de morale et de religion , cl par là , vraiment, Jéhovah avait son peuple choisi. Durant cet espace de temps , Tancienne génération s'éteignait peu à peu ; la nation naissante laissait dcnière elle les pÎM CS et les aïeux jugés indignes de contribuer à l'œuvre de l'avenir : i Vos cadavres seront t couchés dans le désert (i), i leur avait dit le Seigneur. 11 nous semble voir, à la suite des jeunes ^ihalanges des Hébreux, le passé le plus grossier d'Israël disparaître dans un long sépulcre creusé sous le sable des solitudes. Tel est, à notre avis, le sens politique de ce verset du livre des Nombres : « Le Seigneur, irrilé contre Israël, le fit « marcher quarante ans à travers le désert, jusqu'à ce que < fût consumée ton Le la génération qui avait fait le mal € en sa présence. »
Ces paroles avaient aussi un sens philosopliique et moral (]m peut s'appliquer à bien des époques dans la vie des peuples, il arrive des temps où Tigaorance, l'orgueil, la
(4) Livre des Mombret, chap, 14.
déprmtion pusionnée font la gnme à la vérité, lancent ' delapooflsièrc contre Dieu, rcnversenl Im mMsnmitsde la sagesse, et liTrent le monde aax crmrs et aux cHffles» eemme on livrerait née cité à une armée de barbares. Qaelqoe chose qui ressemble à la malédiction divine 8*at« tadie alors à la génération qui a commis on laissé corn* mettrecettefiironcheYiolalion des ioisdivineset humaines ; viinement le repêntir, les nobles efforts, les instincts gâiérenx se présentent pour relever les ruines et réconcilier la terre avec le ciel; Tainement les hommes noaTcaux qui n*ont pris aucune part à un déplorable passé prient, méditent, se consument en longs eiB>rt8, en labMîenses Teilles pour effacer de lugubres traces, ressusciter Phar* monie des intelligences» et IrooTcr des rivages plus heureux : une mystérieuse et inexorable loi d'expiation plane sur la société, cl la condamne aux tourments du désert; caravane fatiguée, la société ne trouve que des cavix amcres, le sable stérile, les vipères et les scorpions; le désert, toujours le désert devant elle; toujours les terres infécondes et les horizons brûlants ; il doit en être ainsi jusqu'à ce que soit effacée de la terre la génération qui n fait le mal! L'entrée du pays de promission est fermée aux pères coupables. C'est au\ fils scvils (jn'il appartient de sortir des stériles solitudes ou les âmes étaient tristement emprisonnées, île mettre le pied dans les régions heureuses, et de livrer ces batailles décisives au bout desquelles il y a gloire, domination cl repos.
Dans le livre des Nombres (i) , le Seigneur marque à Moïse les frontières âu pays où doivent s'établir les Hébreux. Les diverses limites, torrents, cités , montagnes , mers , sont indiquées avec des détails géographiques qui supposent chez Moïse une parfaite connaissance de ces contrées. Quoique l'Écriture n'en dise rien, il est permis de penser que, durant ces quarante ans passés en fugitif. Moïse n'avait point borné sa vie aux soiitndes de MadUan »
(1) Ghap. 31,