CHAPITRE XVI. m
maiis, maishieiilôt il s'évanouît à leurs yeux (i); il donne du \i<ùn et du poisson à ses discipîos au bord du lac de Géoésarelh , demande à Simon-Pierre s*il Taime, et lui der mande de paitre ses agneaux et ses brebis» puis il se dérobe aux regards de ses apôtres. Pendant les quarante jours qui suivent sa résnrrecllon, son séjour en Judée n*est qu'une snecession d'apparitions fugitives; Tezistence de Jésus est pour ainsi dire flottante entre la terre et le eiel, et comme si , après son immense victoire sur la mort » il eikt revêtu trop de gloire pour garder les formes mortelles « le Dieu seul était resté.
A partir de cette époque, le doute rigne sur la destinée de la mère dn Sauveur ; les quatre évangélistes n'en parlent plus. Malgré leur silence, on peut croire que Marie fut une des premières amies de Jésus à le reconnaître après sa sortie du lombcau , el qu'au moment de l'ascension gloricnse , elle suivît de l'œil le plus longtemps le Christ remontant vers Icternelle demeure. D'après des traditions incertaines, mais dignes de respect, la Vierge, fuyant la persécution, se retira à Éphèse, accompagnée du disciple bien-aimé et de Madeleine; elle passa plusieurs années dans les pays d'Ionie , tout peuplés de dieux condamnés à la ruine par son fils crucifié sur le Golgotha. Si Marie alla mourir à Jérusalem, elle s^embarqua probablement au rivage où Smyme montre aujourdliui ses minarets et ses coupoles; elle avait pu se reposer , en passant, à Tombre des saules du Mélès , père d^Homère. Dans sa traversée sur les mers de la Grèce, elle vit les iles de Ghto, de Lesbos, de Gos, de Délos, de Rbodes et de Gbypre, A Faspect de Pathmos, lean , le fidèle compagnon de Marie» ne pensait pas qn*un jour il serait proscrit sur ce pâle rocber de rArchipcl , par Tarrét d*un empereur romain. De pieuses traditions racontent que la Vierge ne resta point dans les ténèbres du sépulcre, et que les anges emportèrent au ciel ses dépouilles. Nous avons visite, dans la partie septen-
(1) SaiiU Luc, cliap. ii, vm. 5i.
m iiis'roïKfc; m Jérusalem.
trionale de la vallée deJosaphat, un wt^seolerrain qu'on appelle le Tombeau dv la Ym^; c'est là qu'avaient été déposés» dans les flancs du roc , comme uous Tavons déjà dit, les restes d'Anne et de Joachim; c'est là aussi « ^oute-t^on, qu'avait été enseveli le corps de leur ûlle. S'il est vrai que les dépouilles de Uarie ne soient pas demeurées sur la terre* Jérusalem a deux tombeaux qui n'auront rtei^ à rendre a|i dernier jour de l'univers* Après avoir suivi la Yiergf à Nazj\riBtI\» à Bethléem , en %yple , au Calvaire et dans sa vie errante et pauvre à travers l'Ionie^ on aime à voir son nom, invoqué dans toutes les langues d'ici-bas; on aime à voir raccomplis^ment de ses propres paroles, quand elle disait dans son hymne : Tomim Uê naMoiM m prockmenmt hiwrûm, et la cloche de VAngdus, qui trois fois par jour salue Marie , prend alors un caractère plus sublime et plus touchant.
Que n'aurions-nous pas à dire du Christ si , franchissant tout à coup les siècles , nous passions de son hnmblo vie esquissée eu quelques pages rapides à cet empire universel el glorieux conquis avec sa croix , jadis instrument d'opprobre! Sa tlominaliou clabiie sur les débris de loiil ce qui fut grand, ses louanges chantées «iu couchant et à l'aurore, au seplenlrion et au midi, la prièi'o qu'il avait enseignée à quelques disciples répétée chaque jour partout oii il y a des hommes, le monde libre et meilleur par la puissance de sa loi, devennela condition de vie des sociétés; quel frappant spectacle et quelle œuvre immense! On a beau parler aujourd'hui de la fin du règne du Christ et des funérailles de la vieille foi ; on a beau vouloir mettre à la place du Dieu toujours debout, des dieux nouveaux qui s'écroulent les uns sur les autres et se préripilcnt dans une même poussière, raulel de la Rédenii>iion n'a pas cessé de resplendir, et !e^ parfums de la prière montent toujours sous les voûtesdu temple. Les ravages de l'ouragan ont été terribles dans le champ des croyances , mais des àuies, v\ (lu -raudesàmes lleurissetil rneorc suus la rosée des suiutc6 luspirutioub. Notre moude moral s'otlVc à nous
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comme cette épaisse forêt dont nous parle THomcre de rÂllemagne , et qui ondoyait sur les flancs d'une longue chaîiin de montagnes; une main perfide y a dépose un brandon ; los arbres morls se sont embrasés les [u emicrs ; puis la flaruiiie a dévoré ceux dont la sève élail moins abondante ; quand elle s'est arrêtée, le vert uianltau des montagnes n'a plus L'Ldtjiruu amas de cendres : nrais honneur et i^loiie aux grands cèdres restés debout , et qui portent leurs têtes majestueuses vers les nuages encore teints du reflet de i incendie !