‹ Histoire de JérusalemChapitre 67 sur 149 · CHAPITRE XYIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XYIL

sa tâche de rédempteur, tant qu*il y aart des hommes s'agitant sur la terre t Qu'est-ce qu'un Sauveur divin (]ue vous condamnez h passer et à repasser toujours par la voie douloureuse; et qu'est-ce donc que Thomme pour qu'il lui lailiean DieuétemeUemenien croix sur leCaîvaire 1 1 C'est peu pour vous qucYc pasteur céleste ait péniblement porté la brebis sur l'épaule durant sa vie mortelle ; Il faut qu'il redescende des cieux pour se-charger. du genre humain, brebis vagabonde, et la porter à travers les âpres solitudes et les durs sommets jusqu'à la fin des temps! Ce n*est pas ainsi qu'un Dieu peut agir, et nous serions impies en le liant, comme un esclave, au mouvement des humains. £iforçon s -nous de mieux comprendre Dieu, et nons n'aurons plus le malheur de le réduire à d'aussi misérables proportions. Lalumièrecbrclienue, depuisqo'elle est descendue sur les infirmités de l'intelligence humaine,' resplendit dans l'immensité du monde moral. Dieu a fait son ceuvre d'amour, et maintenant il appartient à Thomme de ne pas rendre inutile le sang versé sur le Golgotha. D'après votre avis, le Père d'en haut devrait nous sauver malgré nous; que deviendrait alors la liberté humaine?

Le Christ des catholiques n'est pas un dieu relégué au fond des vieux siècles comme une idole au fond d'un vieux temple oublié, il n'est point resté en route et ne s'est pas effacé comme un souvenir de légende; il est encore le Dieu dont la doctripe plane sur le monde et le console ; à ses pieds les nations passent et se renonvellent, et la victoire du Sauveur dore toujours. Voire progrès ne vent pas de notre Dieu , tel qu'il est adoré aujourd'hui encore par tant de millions d'hommes , dans les basiliques , dans les chapelles, sons la hutte du sauvage, aux dernières limites de l'univers connu. Dites-nous en quoi le Dieu des catholiques pourrait gêner votre progrès, et comment il coupe les ailes des nouveaux enfants de la terre; dites-nous quelle est l'amélioration véritable que le catholicisme ne puisse pas favoriser; apprenez-nous s'il est une religion qui, plus que la nôtre » contribue à la grandeoi* morale de l'hoinme

et à son développement intellccluel ; s*il est une religion qui puisse conduire Thumanilé à de plus magniiîques destins même ici-bas? Faites-vous rapide et puissant pour mesurer les hautes cimes à la manière de Taille, allez avant dans les secrets de la vie et de la moi l, creusez, approfondissez, méditez à votre aise : toutes les fois que vous arriverez à ce qui est vrai , à ce qui est beau , à ce qui est grand, vous serez souienu, excité par la pensée catholique.

Dans un inexprimable et bien piloyable orgueil, nos contemporains se sont jugés trop iurU pour suivre la religion des ancêtres. Emportés sur les ailes de la science comme Élie sur son char de feu, ils ont vu les plus loiiilains horizons, et l'immense étendue n'a plus eu de mystères pour eux. Montrez-nous doue vos œuvres , ô grands esprits! Les plus beaux génies qui aient paru depuis l'établissement du christianisme, ont soutenu celle doctrine: vous êtes sans doute plus érudils, plus clairvoyants, plus profonds qu'Origène , saint Jean-ChrysosLûme , saint Jérôme, saint Augustin, saint ihomas-d'Aqnin, Bacon, Descartes, Pascal, Bossuet , Leibnilz; vous avez découvert des Irésors de lumière que ces génies ne soupçonnaient pas. Étalez donc sous nos yeux vos meilleurs travaux eu histoire, en philosophie , en morale. Vous êtes des enfants malades, qui vous tourmeiilez au milieu des ruines que vous avez faites; vous êtes toujours sur le point de partir pour les grandes découvertes dans le monde moral, et vous êtes toujours là ; vous vous donnez à chaque heure pour les élus de la création appelés à l'empire universel, et tout vous échappe, et tout meurt dans vos mains ! La postérité 8*étonniîra du vaste bruit qu*a fait notre âge pour arriver àsi peu. rsos contemporains n'ont pas même le mérite d être les inventeurs de leurs propres erreurs; ils les ont ramassées dans les sépulcres des anciens âges. Sans parler du panLliéisme, qui est unedes plus antiques monstruosités philosopliiqucs, nous dirons que toutes ks aberrations religieuses actuelles et toutes les objections de nos contemporains contre la foi ont été , il y a bien longtemps ,

' CHAPITRE XVII. . S9ë

présentées avec le plus formidable appareil de la science, el qu'elles onl été aDéantles par les Pères de FÉglise, ces YÎvanls océans d'éradîtion , d'éloquence et de génie.

Ce qui nous a souTenl altrisié , c'est qu*aujourd*liai Terreor se soit tellement accréditée « que plus d'un jeune homme de bonne foi , an début de sa carrière » se croie obligé de s'y soumettre pour ne pas avoir Tair de se placer en dehors de son siècle. Le jeune homme, à son entrée dans la société , ayant sa tâche à commencer et une route k choisir, se laisse persuader que le monde religieux est à refaire; qu'il faut tourner son âme ailleurs que du cdlé de la chapelle des aïeux ; qu'il faut quitter ce qui avait d'abord paru doux, bon, charmant et saint. Douloureuses perplezités d'un noble cœuri lise sent entraîné vers les croyances qui ont enchanté son enfance, vers la nafve et divine poésie de Nazarclh et de Bethléem, vers tout ce monde de fbi d'oik sont sorties les plus grandes et les plus complètes choses , et voilà que la Science est arrivée au'4evant de lui, en disant : c Jeune homme, dépouille-toi de celte blanche tunique qui rappelle une religion évanouie sans retour, prends la robe virile , la robe de Tindépendance , et viens avec moi , car j'ai un monde nouveau à l'offrir ! >

Ainsi parle la fausse science, perfide syrène qui mène à la mort. Le jeune homme cache sa tète el pleure : il demande un jour de délai pour dire adieu à ce qu'il abandonne, pour sourire encore à des illusions qu'on hiiarrache et donner un dernier regret aux célestes demeures d'oii on l'exile. Poêle, il chante le suprême cantique autour de la religion des ancêtres dont on annonce les funérailles ; il la couvre de fleurs, l'environne de parfums, et puis l'ensevelit comme on ensevelit une mère. Ce devoir une fois rempli , le malheureux orphelin, le proscrit du ciel catholique s'en va péniblement à la conquête des promesses que la science lui a faites. Promesses vaines! Le christianisme philosophique découvert par la science ne lui présentera que d'arides solitudes; comme Âgar, il se verra près de mourir de soif au désert, et si un ange ne vient point lui

296 UISTOIRB DE JÉRUSALEM.

montrer la soorce d*eaa vive « la source de foi « le jeune homme tombera d*épuisement et de douleur , et les animaux de la solitude se disputeront ses restes... La manie des réformes religieuses et sociales a saisi un

grand nombre d'intelligences; nous ne pouvons voir, sans 1111 amir regret, que tant de talent et d'énergie soient dépenses au service de projets et de rêveries inutiles , au service du néant. Certes, nous ne sonnmes pas de ceux q^ii voudraient frapper d'immobilité le travail intellectuel <lo rhomme ; nous ne sommes pas de ceux qui conseillcr.iient de rester nonchalamment assis au rivage, pendant que sur le fleuve des jours los L^t ru raiions marchent poussées par le souffle de Dieu ; nous aimons de tout noire cœur les progrès qui sont sur le chemin du bon sens et de la vérité* Mais pourquoi encouragerions-nous ces hommes à convictions ardentes, mais à convictions folles, qui ont résolu de tout détruire , et qui , rêvant le pouvoir de Dieu luimême, nous promettent de nous créer un autre monde en six jours? Hommes de rénovation, suspendez votre œuvre : laissez faire au temps » qui est le grand rénovateur et le seul sage rénovateur ; s^î existe dans la société , dans \eé rapports des hommes entre eux des choses imparfaites oui peu équitables, le temps y pourvoira; ce grand balayeur de royaumes et d'empires, cet invisible et inexorable maître, par qui tout tombe et tout se renouvelle, ne laissera poiiU anx abus le privilège de l'éternité.

Parfois, il nous est arrivé de ne pas oser lever les yeux sur nos futures destinées, car la page de l'avenir du tiionde nousparaissait écrite en formidables caractères. Mais nous avons entendu une puissante voix iiilérieure qui nous a dit : Homme de peu de foi, pourquoi craii^ncz-vous? Eu effet , pourquoi craindre? Derrière ceux qui lonL l'otlice ch; la tempête, il y a des hommes qui préparetit le sol, répandent les semences fécondes et implorent la rosée. On tomberait dans une blâmable faiblesse , si on se laissait décourager par les courtes et apparentes victoires de Terreur sur la vérité ; Terreur, quoi qu'elle fasse, reste ton-

GHAPITRB XVII. 397

jours erreur , et !a vérité , à quelque épreuve qu'elle soil soumise, lesLc toujours vérité, rsous nous souvenons de ce que nous disait uocfaeicksous latente arabe, dans cet Orient où la poésie prête son langage à la raison ; i Le « plus grossier caillou peutbriser un vase d'or, mais le « caillou n'en reste pas moins grossier el l'or moins prét cieux. La poussière , ajoutait le choick, a beau s'élever € vers le ciel , elle n'en est pas moins vile. »

Oui, la religion du Christ, partie de Jérusalem « est - trop profondément gravée dans le cœur de Tbomme pour qu'il soit possible de Ten arracher; elle donne aux sociétés trop de force et de gloire, elle exprime trop complètement les besoins du genre humain ponrqu'on paisse la tirer du milieu des nations : désormais, pour sopprimer le christianisme, il faudrait supprimer Thamanité.

Dans le Yolume suivant, en continuant à retracer les destinées de Jérusalem, nous assisterons au spectacle de rEyangile établissant rapidement sa domination à travers les ruines de Tancien monde, triomphant de toute ch'ose avec ses martyrs el ses grands hommes , montrant à la terre des vertus et des grandeurs nouvelles , puis armant l'Europe pour défendre son berceau, et s*éloignant à la fin de cette Jérusalem qui reste seule avec le tombeau d'un Dieu y CD face de la barbarie musulmane campée sur ses montagnes...

FIJS ou PIliiMIËK VOLUUlî.

L/iyilizeo by GoOglc

TABLE

AvertissenuDt I

Exposition 3

Cbap. î. T;0 pouple hébreu en Egypte. — Vovrif^o rie quarante

ans dans le désert. — Moïse, le liyre de Job, appréciation

du législateur itrtélite. (1700-1480 aviot !.-€.) 9

CiAP. II. Le pêjs deOiaimii, fiuibliMeraeQtde8Hâ)TeQxdiiit

ce pays. Passage de la république à le raytoté. (14I8«

iOQO avant J.-€.) SI

Cbap. 111. Conquête de Jérusalem par David. Etat du monde à

cette époque. (1047 avant J.-C.) 38

Cup. IT. Règoe de David , depuis la prise de Jtfrotalen» Jna-

qnli l>lisar|Atioii d*AbsaIoii. (1046-1098 avant 1^) 43

Suite du chapitre précédent 89

Cbap. V. Depuis la fuite de David jutqa*à ton retour iiJéruia-

lem. Hm-lOU.) 61

Cbap. VI. Depuis la répression de la révolte de Sél»a jusqu'à

l'apparition de l'ange exterminateur.(l 0S3*'101tf avant J^.) 71 Cbaf. VII. Lea deralèrea années de David. Sa mort. (1014 avant

Jésus-Chrisl.) 77

Chap. YIU. rrramle figure de David. Sa gloire poéliquf .... 87 Chap. IX. Règne de Salomon. Le Temple. Gloire de Salomon.

Désordres de sa fin. (10)3-976 avant J.-C.) 95

300 TABLE

Page».

Suite dn chapitre préct'dent H3

Chap. X. Parlnpc du. royaume; ies successeurs de Salomon

depuis Rohoam jusqu'à Josnphat. (970-889 avant J.-C.) i2i Chap. XI. Le royaume de Juda depuis le successeur (Je Josa-

pbat jusqu'à Kzéchias. (888-091 avant J.-C.) iZS

Chap. XIL *Maiiassès. Isaïe ; sa morl, son génie inspiré. Railleries adressées aux dieux. Josias. Jérémie ; son caractère, sa mission. Prise de Jérusalem par NabucbodoDOSor.

Captivité de Babylone. (095-556 avaat J.-C.) 157

y Suite du chapitre précédent 167

Chap. XIïI. Mission mystérieuse de Nabuchodonosor. Désespoir de Jérémie. Résistance et chute de Sédccias. Jérémie resté sur les débris de Jérusalem ; ses lamentations, sa mort» Voyage de Baruch à Babylone. Iiizéchiel. Daniel. Fin de la captivité des Juifs. (598-550 avant J.-C.) 181

Chap. XIV. Retour des tribus de Juda et de Benjamin. Con- ■struction du second temple. Esdras. — Néhémie rebâtit Jérusalem. — Passag;e d'Alexandre h Jérusalem et sa mort. (555-524 avant J.-C.) 195

Chap. XV. Les Séleucides. Le souverain sacerdoce à Jérusalem, deyena une cause de discordes intérieures. Persécutions d'Antiocbus IV contre les Juifs. Les Machabées.

(512 50 avant J.-C.) 209

Suite du chapitre précédent 225

Chap. XVI. Avènement de Jésus-Christ. La Vierge. La vie et

la mort de Jésus Christ 257

Suite du chapitre précédent 257

Chap. XVIL Les différentes sectes israélites ; les pharisiens, les saducécns, les esséniens, les galiléens, les hérodiens, les thérapeutes , les cabalistes. Considérations diverses

sur l'enseignement chrétien 269

Suite du chapitre précédent 287

lar. 1»! «U'HAlt BT ).'. — DELTOStUf flltB4«T*

Kiic du Nord, 8.

DE

mim RELIfilEDI ET PflILOSOPHIQDE

€OttriB»i*T

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PAH H. POVJmnLAT,

L'ON DRS DRCX ACTKQaS DR LA CORRESPONDANCR D'ORIRNT.

Apprenons tor la terre des choses que. nout poiiMon* nous rappeler rfan<i U-^ cicua.

S. Jebûjii.

TOMS XI.

SECORDE PARTIE.

naruM auîw jwç«*a Jisua-mitt wavuviaBMT.

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