‹ Histoire de JérusalemChapitre 68 sur 149 · CHAPITRE XVIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIIL

IHisUnéede llntelligence. — Ce qui se passe à Jënmlem aprts la merl de Jésus-Christ. — Saint Pierre, saint Jacques^ salnl fitienoe, Simon le magicien , la famille d'Hérode.

Lorsque nous suivons les moavemenU de Tesprit de rbomme depuis les anciens jours , nous trouvons qu'il ti^est jamais mieux à son aise , jamais plus fort , plus éclatant qu'en se tenant dans le vrai ; le génie doit monter à Dieu, comme montent vers le ciel les harmonies de la tcrrOf les émanations des bois et les parfums des fleurs. Nous ne sommes point faits (qnl de nous ne Fa pas senti?) pour rester attachés au sol que nous foulons; la terre, toujours la terre, n*est-cepas là quelque cliose qui finit par attrister ? La terre est la part du captif. Ne tous est-il jamais arrivé , dans vos promenades aux champs , d'avoir râme tout à coup saisie par un violent amour des choses (Vcn haut ; vous leviez la tète et vous parcouriez des yeux le firmament immense; vous frappiez la .terre d'un pied impatient, vous vous plaigniez de Tincxorablc loi qui vous retenait au sol, et vous auriez bien voulu les ailes de laiglc ou de la colombe pour vous envoler vers de nouvelles

f OWOVLAT, — ' T. 11. 1

HISTOIRE DE iËaUSALEM.

demeura. Voilà pourquoi Télite des intelllgenoesainie les hauts lieux ; Toilà pourquoi les poêles , les hommes d*imagination éprouTent tant de jouissances au milieu des mon-

tagnes. Les sommets élevés rapprochent de Dieu, el c'est alors sui lûul que le sentiment de Tinfini ciUro merveilleusement dans le cœur de Thomme. Les choses divines sont celles que notre nature cherche el embrasse avec le plus de Lonheur ; lorsqu'elle cède à de funestes penchants, sa joie est courte, et bientôt elle reconnaît , dans une amertume intérieure, qu*eUe ue remplit poiut de la sorte son destin.

Les plus belles inspirations littéraires et philosophiques , dans toutes les langues , sont nées de Tamour de la ▼érité, de FamoUt du bien i c*est là un fait remarquable et consolant. 11 s'ensuit que si deux génies se disputent Tempire du monde intelleotuel« ce n'est point le génie du mal ^ne Tielorieuz sur nos t^lesi et» répétons-le, cela est consolant. Le génie du taitl peut ifuir ses mimes, même ses grandes œuTres, mais elles ne seront jamais parfaitement belles, belles de tout point, belles pour tons les ^prits , pour tous lés peuples. Nô^a pensons mt Phr ton que le béau est la splendeur du yvkU Tout ce ffut s'éloigne de Dieu cstcondamné à l'imperfection, parce que Dieu, qui nous montre à peiiie ua ])àlc rnyou de sa bcaulu dans le magnifique spectacle de la création , est l'immense, la seule, l'inévitable source de ce qui est pur, de ce qui est beau , de ce qui est grand. Dans les œuvres inspirées par le i^énie du mal, on aperçoit toujours ini côté auquel l'admiration se refuse, un côté qui laisse rinleiligence au regret et râme à la tristesse, un côté obscur, vague ou jpauvre : o*est qu'il n'y a de complet que le vrai.

Le monde a toujours eu assez de clartés pour que tes esprits droits et sincères aient pu treconnaitre la vérité générale. Homère, Hésiode, Pythagore, Platon , AHstote, Pindare, Euripide, Sophocle i Démosthènes, Lucain, plntarque, ces puissants génies grecs qui ont laissé d*impérissftbles monuments, ne nous représentent pas Dieu

GIUPITRE XVIII.

ei la morale dans une entière pureté , tant s'en faut ; de giwaiers nuages obscurcissent Im vérités primitÎYCs. Mais quand Pindaredianle le bonheur delà vertu, quand Âri»* lote noas montre Dieu placé dans un centre immobile «I goufornant sanseffiwt Tanivera dont il est la loi suprême ; fOAiid'Plalon» devenu propliète à forée de génie et d*»moor povr le mi, annonce h venue d'un maitre qui enoeignm dani tonte lonr plénitnde ios éevoira do Hmmum onvirs Dieu et^nvm lea hommes , nottsJngeonO akura qo» les traditions do monde naisaant n'étaient point pii4aes»et que l'idée religieuse , Tidée morale n'est point doodles qni menront avoo lea génélratioMk fiant b tttl6ntuolatinot Cîoéfon, Sén^ne, Xaro^rM» SpietèlO» parlent dea dioses divines et des lois éo la mondé avec on adntîmon t qui Mi preeaontir la ehrlatianismok Ia bdtte «ompanteiida jnale eondanmtf ot dea cottpaUieB triouh phanta, dana le TnUf 49 h MUfiAUfm de l'oratonr lomaln , n'a4-dle pas M.oonsidArée par Lactanoe, le Gtcéroft dupétioB» oomme nae propbétkpte aanonee des jperséeationad«r<^.

81 naan intemglona les pin» MUânta éorit» de» llttêlaUtioa eUnojaOt indiennoi pmeanot aralie , torque , notts y tMvertesriddo leliginnao et Tidlo morale; dles aoni métuea datent coqnorimafinatiott pent trouver d*ingé- BitoK on deaoUimedanaiia finnis podUquee. La morale a*y montre atee la grâce anr lea lèvraael dea fteaiB aarle itamL En.Oritnt , b morale oomme b mort n*a rien d*aaatire» d'eifirayant on de lugnbro ; «te nous , quoi de ploa tiiate qu'un eioMtière t En Orient, les eimetièréa sont les liens pnUios ka ploa riants; les tombeanx 7 aont comme dea deflMnres dliommes vivants » qn*on entonie d'ombre et de gaieté ; le cyprès, l*aca€ia» le lis et l'anémone croissent autour des blancs sépulcres de marbre ou de pierre , et les plus douces images de la vie se retrouvent au champ des morts. Chez nous , la mort est un spectre noir devant lequel on recule d'ôpoavanlc; ckCi Icâ OricuUux } lamort eâl uu bou génie qui sourit.

Ainsi donc toujours , partout 61 sous loulcs les formes « les plus graves ialelUgences sont allées à Dieu. L'œum que j'ai entreprise , et que je poursuis avec courage» me met face à face avec TélerneUe vérité; farrive le plus petit à la suite de cette phalange d*hommes qui » depuis le conunencement des temps , ont laissé des traces de lenss pensées religieascs; jeméle une faible voix à ce concert parti de tous les siècles, de tous les pays : hymne sans fin , commencé sur la terre pout élre continué dans les cieux ! Mais il n'est pas Ijcsoiii , pour chauler la gloire do Dieu , d'être le cèdre du Liban , il reçoit avec la même faveur l'adoralioii du brin d'herbe qui croit , bien loin du regard des hoinincs, sur une ruine solitaire. Nous revenons à notre sujet.

La mission du Sauveur était remplie, la mort vaincue, la terre en deuil de riIomme-Dieu remonté vers son père. Tibère , frappé de la résurrection de Jésus , d'après le rap* port de Ponce-Pilate^ avait voulu donner place dans le Panthéon au Galiléen crucifié ; mais ce n*cst pas dans celte collection de dieux immondes et fragiles qu'était marqaée la place du Fils de Marie ; s'il restait une niche vide sous la voûte du monument qu'Agrippa, avait Mti quarante ans auparavant» l'image de quelque stnpide em* perenr déifié pouvait bien la remplir* Plus tard, lésas devajit arriver dans ce Panthéon t non point à la suite des divinités païennes , mais seul et debout sur leurs ruines : le Panthéon d*Âgrippa n*esl-il pas aujourd'hui relise de Sainte-Marie de la Rotonde?

Pendant que Tibèic jugeait notre Christ digne de son Olympe, les disciples du divin Ressuscité répandaient courageusement sa parole; une demeure au mont Sion, appartenant à un ami du Sauveur, les avait réunis au nombre de cent vingt , et s'était illuminée des langues de feu descendant sur leur létc ; l'esprit de sagesse, dévie et de (brcc en avait fait des hommes nouveaux. C'est dans celle demeure, connue sous le nom de cénacle ^ que rUomme-Bieu avait fait la pàque avec ses disciples , qa^U

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