CHAPITRE XVUl
leur avait apparu après sa résurrcclion , et qu'il claii venu les joindre pour les conduire à la colline d*ou il devait s'élancer dans les cieux. L*enceinlc du cénacle enfermait, dit-on, le sépulcre de David , qui avait prophétisé les douleurs du Christ; il ne restait plus de ce sépulcre qa'uD lit funèbre taillé dans le roc, comme tous les tombeaux des Hébreuz;le monument quilesurmontait avait disparu. Nous avons exprimé ailleurs un doute sur la situation précise du tombeau du roi-prophète. L'espace occupé par le cénacle se trouve en dehors de la Jérusalem moderne , à peu de distance de l'emplacement de la maison dbCaiphey où s'élève un sanctuaire arménien. Ce lieu est un de ceux que le pèlerin visite avec le plus de respect. A la porle du cénacle commença l'aposlolaL catholique» appelé à faire le tour de l'univers ; Simon Kephas^ ou Pierre^ y prêcha Jésus de Nazareth en présence d'une immense multitude de Juifs accourus , pour la Pentecôte» de tous les points de l'Asie , et trois mille d'entre epx demandèrent le baptême. Là se fit Tordination des sept diacres chargés du service des pauvres et de la distribution des vivres parmi les fidèles , où tous les biens étaient mis en commun : touchant témoignage d'association fraternelle,, admirable souvenir qui nous rév& tout ce qu'il a de fiivorableaux intérêts populaires dans le' développement de la doctrine évangéliquet Cette maison sur le mont Sion» consacrée par riostilulion du plus grand sacrement de la foi chrétienne» devînt Téglise des fidèles de Jérusalem » ayant pour évèque l'apôtre Jacques le Mineur» qoi fut le premier évéque, comme le cénacle fut la première église. > L'édifice contemporain du Sauveur était depuis longtemps efiacé de la terre » lorsqu'il fut remplacé par un monastère latin » changé en établissement musulman vers le milieu du xvn* siècle.
Les anciennes traditions chrétiennes nous ont gardé quelques détails sur le premier évéque de Jérusalem ; une lame d'or qu'il portait sur le front était le signe de sa
digttiléi on i*«tttret«naii d« m mvkM mttVéiUëtiiè)
6 HISTOmS DE lÉRUSALEM.
Jacques s'était iiUerdiL l'usage du vin et do la viande, ne se rasait jamais , s'abstenait des bains et de loute onction d'huile; il passait du si longues heures eu prière qu'il avait les genoux fnt/urcii comme cevx d'Mn chameau. Aussi mérita-t-il le surnujn de Juste et celui d^ophila ( forteresse de Dieu ). Jacques de Jérusalem, appelé le frère du Seigneur, est le même que Jacqu^ d'Àlphée» l'un des douze apôtres
Pierre et ses onze compaî^nons d*aposlolat, pauvres gens sans énergie, à qui peu de jours auparavant nul ne prenait garde, tant leur grossièreté était grande! se montrent ardents à la parole, éloquents, intrépides. Les menaces du sardiéJrin ne les épouvantent pas ; on les emprisonne, un anpic les délivre; une puissance prodic^ieusc leur a été donnée, leur amc saisit d'avance l'empire de Tunivcrs; ils traitent tout ce qui les entoure comme d'inutiles obstacles destinés à périr. L'ombre do Pierre guérit les malades ; il n*a ni or ni argent , et lorsque le paraiy* tique de la porte du temple lui demande Taumône, il lui ordonne de se lever et de marcher au nom de Jésus de Mazareth. Au milieu des cris de rage de la nation juive» un vieux dockeor pharisien fait entendre de sages paroles : f Si cette œuvre vient des Tiommcs, diHl eo plein canscil, c elle sera dissipée ; si elle vient de Dieu , vous- ne ponrrea t la délmire» tous vous eiposeriez à combattre eontre • Dieu même. >
Le diacre Ëtienne fat lapidé , comme on aédacteor el «m blasphéauteury <^ur un rocher à fleur de terre, que nous avons va non loin de la porte de Jérusalem qai port« ai^urd'htti aon nom. C'est après être resté un jour et une nâit exposé aux chieoa et aux oiseaux , que son corps trouva furtivement la sépulture à quelque distance de Jérusalem , dans un champ appartenant à son vieux maître Ganaliel. Da lieu de sen supplice, révéré par le pèlerin
(1) Tilk'uiuui, Muuiuuctf pour servir ù 1 histoire ecdcbiiàj^Uquû , tDm.l,p.ei8. *