‹ Histoire de JérusalemChapitre 8 sur 149 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

qa*it avait ëlc voyngeur, et s'était aTa»icëJaflqa*aa sein de la région ehananéenne promise au père des croyants*

Cette terre, qu'il put visiter en pèlerin sublime, en ambassadeur de Jéhovah, il ne lai fut pas donné de la voir occupée par Israël ; iln*eot point la sainte joie d'en prendre possession. Le vieux pasteur des Hébreuic demande à Dieu qu'il lui accorde de franchir le Jourdain ; et comme si le Seigneur sentait passer sur sa face je ne sais quelle ombre de tristesse divine , en Yopoussant une prière de son serviteur, il loi ordonne ê$ m plu» lui parier dé cela (i). La consolation dcrnifere de Moïse sera de contempler, du haut d*un mont, Thérilage disraèl au septentrion et an midi , au couchant et à Taurore.

Arrélons-noos devant ce grand nomdeMoTse, qu*Héro* dote a passé sous silence, que Diodore de Sicile et Strabon prononcent à peine, et qui ne s*e6t pas moins emparé glorieusement des siècles* ' Gonsidéroî» la triple et sainte inspiration du poêle, de l'historien et du législateur. L'opinion la plus accréditée attribue à Moïse le livre de Job. Cette surprenante composition jaillit de son intelligence lorsqu'il étail pa.sleur des troupeaux de Ragjucl. Ce furent sans doute des journées de douleur durant sa longue émigration vers les solitudes de la mer Rouge, qui amassèrent dans l'âme de Moïse ces torrents de sombre harmonie.

Tout homme qui a beaucoup soud'ert, qui a réfléchi sur le douloureux mystère de la vie, sur les profondes ténèbres de nos jours, s'attache au livre de Job conime à la plus haute, à la ]j1us complète expression des angoisses de la terre. On entend dans ce po(*mc les cris du dc^se^poir, les plaintes dos victimes; on y voit les larmes tomber en silence des yeux humains; on y trouve le mal dans la triste variété de ses œuvres , et les épreuves de la vie dans tout leur formidable caractère. La ( réalure, accablée sous le poids d'un arrêt qu'elle ne com]u ond point, se ré[)and en maléd iclious et en blasphèmes. Puis D icu parle à i'hommc,

ii) Neqaaqam niura loqaafis de iiâc rc ad ne*

HISTOIRE DK JKKL SALEM.

et, montrant sa grandeur , sa puissance cL sa justice infinies, lui demande comment il ose vouloir entrer en discussion, en jugement avec son éternité. Cest alors que rhomme se soumet et espère. Voilà, en deux mots, le sens de celte sublime histoire de Job. Celle histoire, écrite il y a frente-cioq siècles, n*a pasYieilli, n*a rien perdu de son intérêt et de sa vérilc ; elle ne roule poial sur des fables dont Vatlrails'afiaiblit à travers les temps, uî sur des événements diversement jugés par les générations, et qui remuent d'une iaçon inhale Tespritdes peuples. L'hisloire de Tob sera toujours grande» toujours belle, toujours vraie de la même manière, parce qu'elle est Thisloire du genre humain dans ce qu'il y a de moins changeanl , de plus Irrévocable en son destin, je veux dire la douleur.

Nous éprouvons toujours un charme secret à reneon* trer Texpression de nos sentiments intérieurs; mais dans celle expression de ce que nous^ avons senti , le côté des amertumes est ce que nous comprenons le mieux; la rai*son en est toute simple» c*est que la douleur est Télat le plus naturel de Thomme. 11 y a, dans la gaieté, dans k joie «.dans les plaisirs quelque chose qui nouadéroheà notre vie accoutumée, et voilà pourquoi nous les appelons des dUiractUm; Thomme s'oublie alors lui-même, et c'est cet oubli de son propre mal qui amène les impresaiona heureuses. Si vous trouvez dans un livre ce côté des distractions humaines , vous n*en serez pas très-vivement saisi; ce sont des images qui s'offriront à vous , charmantes choses fugitives qui passent sur votre âme, qui vous ilIumiiieiiL dans lu nuit, qui dorent magnifiquement votre horizon; et puis , quand le livre est fermé , vous retombez sur vous avec ennui, et votre œil s'arrête tristement devant les inexorables réalités de votre nature. 11 n'en est pas de même du livre où nous pouvons contempler notre destinée dans toute sa vérité; nous Tonvrons de préférence, nous repassons ses pages;, nous aimons à écouter l'homme qui, dans ses plaintes, exprime nos souffrances, cl je ne sais quel attrait nous pousse à nous visi-

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