CHAPITRE XVIII
(ait que les actions hiimaîiies élaient iodifférèntos à' k Divinité ét défendait qu'on Teraât la plus petite goutte de sang pour soutenir sa foi. Cet enseignement, qui flattait toutes les passions des hommes, ne put aboutir qu'à la • formation d'une' secte obscure. Siipon , a?ec sa rdigion Êieile et sensuelle, espérait rivaliser victorieusement avec J^us-Ghrlst, et celui qui prêchait l'immolation et te mépris des joies de la vie est devenu le guide immortel des enfants de la terre. Le sénat romain , toujours prêt à recevoir les dieux nouveaux, adora, dit-on, Simon le magicien et sa femme sous les noms de Jupiter et de Minerve; des statues leur forent élevées dans File du Tibre : celte déification n'empêcha poiut le Jupiter samaritain de mourir des suites de sa chute le jour où il voulut s*élan< cer dans les airs sur un char de feu.
Le procurateur romain, qui n*eut pas le courage de sauver le Juste; le Iclrarque de Galilée, qui, après avoir fait couler le sang de Jcan-Bapliste, tourna en dérision la royaulu du Sauveur, avaient vu la fin de leurs prospérités; Tcxil les alLctid.iil : le g(îuverncment do la Judée ctaiL soumis à tous les eapriccs des empereurs. La ianiLlIc des Hérodes ne t'ai sa il rju'accejiler la loi de iiume el ne se maintenait qu à l'orcu d'adulations.
Dans nos précédents chapitres, Timmense événenicut de la vie mortelle de Jésus-Christ domine toute chose, et nous ne pouvions arrêter longtemps notre attenliou sur le plus fameux de ces princes , le Qls d'Antipater. U con^ vient d'en dire ici quelques raots.
Ce rusé et cruel génie appelé Hérode le Grand , le malheureux meurtrier de Mariamne, le bourreau d'AristohuIe, d llircan, d'Alexandre et de tant d'autres, cet impitoyable roi qui donna la mort à trois de ses fils , et dont lu sombre * défiance multipliait b's hécatombes humaines, se présente dans rhisloire comme mie étonnante et terrible apparition. Nous avons parlé de son amour des arts, de son goût pour la niagnificeiico , bizarre contraste dans ce cœur farouche! Cet homme eut hcsoin de déployer une habileté
10 HiSTOiRK D£ ilîAUSÂLEM.
Infinie afin dn m tontenir entra la pniaaanee romaine el
ses sujets israélites. Ce qu'il fkiaait pont s^altirer la faveur
des maîtres des bords du Tibre, excitait contre lui le mécontentement des Juifs. Ces jeux et ces spectacles en i'iiOiiueur d'Auguste, ces temples où Timap^c impériale était adorée, blessaient les mœurs, les coutumes, les croyances des llcbrcnx au milieu desquels il vivait; aussi rechercliait-il les occasions de leur plaire.
Le plus mémorable témoignage de son bon vouloir politique pour les Juifs dont il redoutait les rancunes, fut ce temple de Jérusalem , qu*il mit à la plaee du second , jugé trop aii-dfl680U8 de la splendeur da sanctuaire primitif; ce noovean temple eut ia gloire de reoevoir Jésus-Christ durant les anndcë de sa pfédieation , oomme celai de ZorO" liabel le reçut aux jours de son enISinee. losèphe avait vu cet édifice élevé par Hérode dans Tespace de hait ans et ^ dans le goAt des monuments grecs ; son patriotisme Israélite s^éebaofib à la description du nouveau sanctuaire eonsacré à léhovah » et si nous Ten croyons , on n^avait jamais rien bâti de plus beau sous le soleil. Le temple avait cent coudées de lon^,' et cent vingt de haut; plus lard, cette baulcur se trouva réduite à ceal coudées par l*aHaissciiieriL des fondations. Oa remarquait la dureté el la blancheur des pierres de Tédliice. Leur dimension était surprenante; elles avaient vitij^t-cinq coudées de long, huit de haut, douze do large. Mous nous rappelons ici les paroles de rajKjirc au Sauveur en parlant du temple, dont h divine intaiilibilité prophétisait la ruine 1 1 Maître, voyez quelles pierres! •
L*art avait déployé toutes ses richesses dans rarcbiteetu re de ce monument » qui ressemblait, dit Josèphe» au palais d*un roi. Des tapisseries, semées de fleursde pourpre, décoraient les portiques ; des branches de vigne d*or avec les pampres et les fruits pendaient aux corniches des colonnes. Le temple avait dix portes : quatre vers le nord, quatre vers le midi , deux vers Torient; le c6té de rœc!^ dent était fèrmé par un mur. Les portes , toutes à deux
CUÀP1TB£ XVIU. il
bâttânls, qui pr^mUientdiieiine trente eondées de haut el quinie de large, étaient eonwtes, jusqu*à leurs gonds, de lames d*or et d*argent ; une eeule de ces portes avait pour revêtement da cuivre de Gorinthe, mais ce cuivre sorpassait en prix tons ks métaux. Le frontispice lu monument» enriehi d'or» Jetait des feux sous les rayons dn soleil levant, ^intérieur du temple, divise en deux parties, élincelaitd*ornements; au-dessus de îa porte de la première enceinte sacrée, se montrnii une vii^nc d'or de la grandeur d*un homme avec des grappes d'or; ua lapîs bahyloiiicii de cinquante coudées de haut et de seize de large, recouvrait les portes conduisant à une seconde enceinte; l'azur, la pourpre, l'écarlate et le lin, môlés dans ce tapis, représenlaient les quatre éléments : Tazur, l'air; la pourpre, la mer d'où elle sort; l'écarlate, le feïi; le lin, la terre qui le produit. L*art, aidé de la science, avait retracé sur ce grand voile le cercle de la sphère céleste, moins les douze signes, dont la représentation eîit enlraîné celle d'animaux, tels que le taureau et le bélier. Au delà de la seconde enceinte, et dans la profondeur du temple se Irouvait le Saint des saiuts. Nous no parlerons point des vases ni des trois merveilles tant admimirées : le chandelier à sept branches, la table des pains de propositions, Taulel des parfums.
De larges et de hautes galeries, soutennos par d*épaîsscs murailles, environnaient le temple. Un monticule, à l'est du monument religieux , s'était chancfé on plate-forme à quatre façades dont les énormes pierres élaîont jointes ensemble avec du plomb. Une triple galerie s'étendant à travers un profond et vasie précipice on vallon , unissait le temple au quartier occidental de la ^ illc ; cent soixantedeux colonnes d'ordre corinthien , ayant chncnne vingtsept pieds de circonférence, soutenaient sur trois rangs celle triple galerie. Ce dernier ouvrage que nous n'indiquons qu'en partie, parce que, même en connaissant les Ûeux , nous ne pouvons percer l'obscurité de la description de rhislorictt juif, devait être une construction pro»
a HISTUIKE DE JÉRL'SALEM.
digimte. Âu nord du temple, la tour des Asmonéens y rebâtie par Uérode, et semblable à un palais, pril le nom d'Antonia , en mémoire du bienfaileor dtt roi. Une voûte sooCerraine condoîsait de la tonr Antonia à la porte orientale de la maison de Dieu. Cest dans cette forteresse q[a*étaU gaidd le eostnme solennel da grand prêtre sons le double aoeau da pontife et dn trésorier. Le jour de la dédicace du temple» Hârode offrit pour sa part trois cents bœufs en sacrifice. Un aigle d*or« placé au-dessus de la principale porte dn sanctuaire, troublait la joie pieuse des Israélites; ils subirent en frémissant ce signe profane. Plus tard, quelques Hébreux bardis abattirent l'aigle d*or , et payèrent de la vie leur religieuse audace.
L'habileté d'Hérode accordait fréquemment satisfaction aux luifs, jusqu'à diminue; même les cliai|;es publiques ; en échange il demandait une soumission absolue. La Umr Antonia s'ouvrait pour les intraitables ou les mécontents. Dans sa préoccupation de briser tout élément d'opposition politique, il avait fini par interdire les assemblées et les grands festins. Une vigilance sévère enveloppait tobs les chemins, toutes les porte» de la ville, tous les quartiers; loi-même, à la laveur d'un déguîsemcnl grossier, s'en allait dans les rues de Jérusalem, écoutant, observant, recueillant les divers jugements portés sur lui dans la liberté des conversations privées. Dans sa dernière maladie à Jéricho, ayant demandé à manger une jiomme , Il voulait se tuer avec le couteau dont il se servait pour l'éplucher; on arrêta son bras. Une de ses dernières paroles fut l'ordre d'étrangler Anlipater son fils : il lui fallait pour adieu à la vie un crime de plus.
Après sa mort, aucun de ses fils ne fut de taille à porter le royal fardeau ; ils étaient trois, Archélaûs, Anlipas et Philippe. Hérode avait laissé deux testaments ; le premier désignait Antipas pour successeur, le second nommait Archélatis. IjS Judée paraissait consentir à accepter l'expression de la dernière volonté du roi morU Après de belles funérailles oit le corps d'Hérodc én vêlcihëDtd