CHAPITRE XVIU
royaux fut porté depuis Jéricho jusqu'au diâteau d'Hérodîas dans nm litière d^or enrichie de pierreries , une couronne d*or sur la téte et un sceptre & la main ; après
le festin donné au peuple selon la coutume Israélite, Archélaîis prit possession du pouvoir, et d'abord il eut à réprimer une sédition. Il se prcscnla une troupe de Juifs qui demandèrent au nouveau roi de venger les Hébreux brûlés pour avoir abattu Taigle d'or; on demandait Fimraolation de qnelques-uns des conseillers d'Hérode. Des tentatives de négociations pic lliqucs ne réussirent point à Archclaiis; il fut obligé de s'armer de toute sa puissance, cl trois mille Juifs périrent dans une terrible mêlée autour du temple, à la fêle de Pâques.
Archélaiis avait un rival dans Antipas; il voulut faire le voyage de Rome pour qu*Auguste légitimât ses droits. De son côté , Antipas se mit en route, bien décidé à disputer le diadème paternel. En Tabsence d^Archélaûs, la perturbation était entrée dans Jérusalem ; Yarus, gouver* neur de la Syrie, ayait apaisé les premiers troubles; il avait laissé la ville sainte sous la garde d'une légion. La cupidité de Fintendant Sabinus cherchant les trésors d*lIérode, irrita de nouveau les Juifs ; leurs rangs se grossirent de ceux de la Galilée, de l'Idumée, de Jéricho , d'au delà du Jourdain , arrives pour la Pentecôte. Lac troupe intrépide, jiartagée en trois corps, attaqua l'bippodrome et le temple au nord , à l'est et à Touest, enfermant ainsi les Romains de toutes parts. Le combat s*engagea; une partie de la troupe Israélite nouia sur les portiques de la dernière enceinte du temple; elle fit pleuvoir sur les Romains les pierres, les flèches cl les dards. L'cuncnu n'eut d'autre moyen de défense que l'incendie; il mit le feu aux portiques occupés par les Juifs qui tous périrent parmi tant de beaux lambris, réduits en cendres. Sabinus pilla ie temple et puis se relira dans le palais du roi , autour duquel grondait la colère Israélite. L'agitation avait gagné tout le pays de Judée ; trois chefs de troupes s^éfaicnl déclarés rois; un cheC de bandits appelé Judas, fils d'É^é*
HISTOIRE m iÉRUSÀLEM
ohiAÉf un awDiMi miiiittre 4*iléM>de appelé fiîmon , un barger appM Atronge. La lUaune dévora le royal pahia do Jéricho ollo palaia d^AmalliaMli aor ka bords da lonr-
dain. Varus, averti de ces effroyables désordres i accooral avec des forces considérables , et les rébellions se dissipcrenl. On rechercha dans la coiilrL'e ceux qui avaient pris le plus de part à la ré vol le ; deux mille furent cruciilés.
Ainsi ujarchaicDt les affaires de la Judée pendant que deux fils d'Hérode 8*en disputaient la royauté. Leur troisième frère, Philippe, s'élail aussi rendu ^ Uomc, non point pour essayer de ravir ce misérable diadème, mais pour prêter son appui à Archélaiis. En même temps arrivent dans la ville éternelle cinquante députés de la nation iantéUte» chargés de supplier Auguste de ne leur donner mmn roi» de las Jiaiaser vivre d*après leurs eouVonaa anciennes et de les soumettre Seulement au gottvarneur de la Syrie; boit mille Juifii qui deaaauraaeat à Rome joignis raûl leurs prières à eatlaa dea oaToyéa de Jérusalem. Le (ouvarMBsenl d'Héroda foi Hii^iiiaoblo Ittte do leara pklotcai ei quand ils en YinFantauxpréianlionad'Arehélaâa» ila ne troorèrent rien de raaaurant dans le souvenir dos Iroia mille Juifii dont la mori avait inauguré son lègno. Voilà une curieuse eauae portée au tribona) d'Aoguato t deux prinoes pkddanl pour avoir la terre do Jérusalem qui supplie qu*on la débarrasse des rois! Archélaiis, Antipas, la nation juive et jusqu'à la incmoirc dllôrode elle-mèine avaient chacun d'éloquenU avocats. La majesté romaine eût souri de ces discussions si elle n'avait pas été accoutumée aux jeux les plus divers de la politique. Auguste , sans toutefois trancher la qncslion dans le sens des vœux de la nalion Israélite, prit un terme moyen qui pouvait ressembler à une suppression de la royauté ; il partagea l'héritage d*Hérode en trois tétrarchies accordées à saa trois fils ; Archélaûs eut la Judée, la Samarie et Tldumée, Antipas , la Galilée et le pays d*au delà le Jourdain, Pbi* Uppo» la Bétbani% la Tiooonito «t ràuranito (t)« L'em^
{^) Ja^èphe, histoire de$ Mh, Uv. XYll, chap. 13.