‹ Histoire de JérusalemChapitre 73 sur 149 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

ffter recommanda aux Irols princes do gommtr avec iioiité justice. Mais Archélaiis ne larda ptB à devenir un oppresseur , et fui puni de aâ tyrannie par Texii à Vienne; les trois pajt qil'll mit gouvernés furent réunis à la Syrie. Pittsieure années après , les proTinoes de PM« lippe, moUti sans postérité , eurent aussi le même sari, et ks peuples n*y perdaient rien. Âatipes liâUt Tibérîade aux bords dtt lae de Génésareth en mémoire des saocesseurs d*Aiigiiste; Il eut U foiblesse de eMer à rtnliition de sa Itoime Hérodiis » i*en alla à Rem pour demander malgré lui la royauté que Caiigula a?tit puMniae à un petit-iit dWrode» et ne revit plus k Galilëe. Ce peUl^s dtlérode était le jeune Agrippa, élevé à Rome et qui avait rendu à Calus desacrviees comme on pent en tendre à de telles Ibms ; lorsque la mort de Tibère eut mis le Als de OerouK nieus en possession de rempir% Agrippa reçut le royaume de Ittdée pour prix d*ttne longne amitié* Mais avant do venir occuper son Irène k Jérusalem» il eut & travener des lerveuf s i les livoure de Caligni* ne pouvai«il élro «ans danger.

Oet empereur qui avait en la crainte que ion rcgno fikl beureuSf qui , fermant les greniers publics, annonçait k famine pour jouir du désespoir du peuple , qui , du baut de h tour Jnlia , jetait de Targeut mêlé à des instrutoeats do fesT pour que les malheurens % se disputant kur proie, pussent s*égorger ; ceCàïtts quilarçait les pères d'assister au supplice de leurs enllitals et punissait de mort leur pitié , qui faisait entrer les gémissements dee victimes dans les joies de ses festins , qui , en on seul Jour, expédia Tordre de raellre à mort les exilés de l'empire parce que le sommeil fuyait de ses paupières de tyran, ce jeune monstre, au pâle visage, au front ridé, aux yeux hagards, atix jambes grêles, ([ui obligeait qu'on vînt acheter dans Son palais (Finfàmes plaisirs an poiils do l'or (i), ordonna au proconsul Péuronius déplacer âlalue daus le leoiple

(I) Tacite, supp. du livre lU dea Annales.

HISTulRI:: i)L JÉUUSALEM.

de Jérusalem pour y recevoir les adorations des Juifs à la place de Jchovah ! Cet ordre retentit en Judée comme tm coup de tonnerre ; les Israélites de Jérusalem vont se précipiter aux pieds de PélrooiasàPtolémaîs; ils demandent le trépas plutôt que de subir une pareille profanation dans le sanctuaire du Dieu créateur du ciel et de la terre; à Tibériadc, les Hébreux se courbaient eo présence du proconsul et mettaient à nu leur cou pour montrer qu'ils aimaient mieux périr sous le glaive. Cette belle résistance d*une nation profondément attachée à ses croyances dura quarante jours ; c'était Fépoque des semailles , et les Juifs avaient négligé leurs, cbitmps pour les intérêts de leur religion menacée.

Pétronius , arrêté , touché par celte énergique et uni* verselle résolution, s'efforce de gagner 4u temps et annonce à Tempereur, dans une lettre, que la statue confiée à des sculpteurs de Sidon , n'csl point encore achevée. Caligula ne trouva dans ce motif qu*une excuse vaine; son désir d'être adoré à Jérusalem se ralluma plus vivement au feu de la colère. Agrippa, le nouveau roi de Judée, était encore I Rome; il arrive auprès deCaîus an moment où celui-ci lisait la lettre du proconsul; le courroux de Tempereor s'accrut de la vue du roi des loi& ; Texpression de son visage devint alors si terrible qu*Agrippa , saisi d*effroi, tomba évanoui : on remporta dans son palais. Agrippa n'eut pas le courage de retourner auprès de Tempereur pour Tamener à renoncer à son projet ; il se décida à lui écrire, et sa lettre, conservée Îxds les œuvres de Philon , est un chef-d*CBuvre d'adresse. 11 rappelle à Gali* gula qu*Agrippa son aïeul avait admiré le bel ordre du service religieux à Jérusalem, qu*Ânguste avait non-seulement permis aux Jui& de s'assembler dans leurs synagogues et d'envoyer leurs collectes à la ville sainte, mais encore avait ordonné à Ponce-Pilate d'enlever du temple les boucliers d'or qui lui étaient consacrés et avait fondé un sacrifice perpétuel d'un taureau et de deux agneaux tons les jours; enfin que Livie, femme d*Auguste, avait

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fait présent an sanctuaire israéîile , de coupes d*or el de vases précieux. Si la lettre d'Agrippa changea la résolulion de Tempereur, ce changement fut de courte durée, car des envoyés romains furent chargés d'aller porter la mort à Pétronius et à tous les Hébreux rebelles à la volonté deCaligula. Mais quand les messagers de reiterminalion impériale arrivèrent en Judée, Pétronius savait déjà que trente coups d^épée avaient délivré la terre de ce tigre couronné.

La résistance ferme et passive des luifs à Tordre de Gaîus qui blessait leurs croyances est un des faits les plus remarquables des temps anciens. Toute la puissance de ce César terrible qui imposait sa volonté aux cent peuplés de Tunivers conna , se trouva vaine pour forcer la couscience d'une petite nation jetée en un coin de Timmense empire. Les Juifs de Jérusalem et de Tibériade, par la seule force de la fltlclité religieuse , triomphèrent de celui dont l'auloi iic It riait le monde nuielà ses pieds depuis le Danube jusqu'.ui ÎNil, depuis le Tage jusqu'à l'Euphrate et au Tigre. La foudre romaine qui avait lerrassé tant d'armées, emporté tant de citadelles el de places fortes, ne put réduire la fMuiscicnce des adorateurs de Jôliovah !

11 est probable que, sans le glaive de Cassius Chéréa , de Cornélius et de leurs compaijjnons , Agrippa, roi des Juifs , aurait cruellement expié ses timides remontrances. Il vint à Jérusalem après avoir obtenu de Claude plus que Caligula ne lui avait accordé. Son premier soin fut de suspendre dansle temple la chaîne d'or que lui avait donné Caios , du môme poids que la chaîne de fer de sa captivité 80U8 Tibère. I)epnis longtemps l'élection du souverain sacrificateur n'avait plus pour règle que le bon plaisir des princes ; Agrippa remit la grande sacrificature à un pontife de son choix ;'il tenait ainsi à sa discrétion Tautorité religieuse. Âu milieu de ces troubles qui naissaient de Tiovasion des vices et des extravagances de Rome, au milieu de cette succession d'empereurs qui mettait dans une effroyable nudité toutes les misères du monde païen,

VOViOVLM. — T. II. ' . 5Î

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HISTOIRE DE jnÊaUSALEM.

le ehrisUftuisme poursuivait sou beau desUo. Lorsque Galigula reçut ici-bas la punitioD de ses exécrables folies, il y avait à peine sept ans que Jésus était mort , et des milliers de chrétiens couvraient déjà la terre!

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