‹ Histoire de JérusalemChapitre 77 sur 149 · CHAPITRE XÏX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XÏX

. ie relise de SaîDl-Picrrc , on se remei à la pensée le point de départ de loutes ces choses,- on est muet de surprise , et on adore , immobile, les œuvres de Dieu. Au penchant de la colline, où des mains pieuses ensevelirent les restes de Pierre supplicie , s'élève le plus beau temple de ruaivers , sous Tinvocalion de ce même homme qui a été immolé au nom des dieux perdus aujourd'hui dans une même poussière ; les successeurs de Néron ont passé, mars les successeurs de Pierre, héritiers de la splendeur des Césars n*ont pas cessé de garder la domination ; sous Vanneau de ce pécheur venu obscurément de Judée» on continue à donner des lois reçues avec vénération par plus de cent millions d'hommes , et qui étendent leur force sur beau* coup plus de contrées que les antiques lois romaines.

Il nous faut enfin parler du plus grand homme de cette première époque chrétienne, de ce Juif de Tarse qui* né deux ans seulement après Jésus-Christ , passait sa jeunesse à Jérusalem dansTétude de la loi et des saintes Écritures» tandis que le Sauveur passait la sienne dans un atelier de Nazareth. Saiil, de la tribu de Benjamin, est, aux yeux de saint Augustin, rexplicalion de cette prophétie de Jacob : i Benjamin est un loup ravisseur , qui le matin enlèvera sa proie, et le soir, partagera les dépouilles. » leune pharisien , élève de Gamaliel , il est dévoré du zèle . •du judaïsme, il observe et aime la loi jusqu*à Texaltation.

' Aussi, quand le christianisme arrive avec la mission d'établir quelque chose de nouveau, la piété de Saiil s*en* flamme; il se £iit un devoir de le persécuter, et ne rêve que prison , fouet et martyre pour les complices de celte entreprise rdigieuse qui menace le mosaîsme« . Mais la prière d^Ëtienne en faveur de ses bourreaux , ne sera point stérile* Saiil qui se chargeait de recruter des . victimes à la synagogue de Jérusalem, obtient du sanhédrin Tordre d'aller chercher des chrétiens à Damas ; à peu de dislance de celte ville, Jésus-Christ lui parle, le renverse par un rayon de sa gloire; illui ravit la lumière extérieure, comme pour mieux inonder son inlelligence de la roujouuT* <-« T* n. s

HISTÛlRi; UE Jhl.USALEM.

lamlècede la yérit(^; durant ce (rajet d'une heure qui !• < séparait encore de Damas , Taveugle découvrit toutes les splendeursduehristianisme.Nous avons vu aux environsde Dnrtias , au sud-ouest , la place où Tapparilioii de la vérité foudroya le jeune persécuteur ; elle est marquée par les débris d*une église. On nous a montré aussi dans lame Droite (i) , la maison où Saill reçut le baptême» et trouva la vue sous la main d'Ananle ; mais comment après dix* huit siècles, ces deux demeures scraient-elles restées debout au milieu d'une ville tant de fois renversée? Des remparts résistent mieux à la ruine que des maisons, et ^ nous avons pu reconnaître le mur par où les amis de Saill le sauvèrent delà rage des Juifs de Damas. L*ap6tre donne le nom d*Ârabie au pays où il se retirait pendant les trois ans écoulés avant son retour & Jérusalem. Gomme, de temps en temps, SaÛl quittait sa retraite pour venir à Damas, nous pensons que ce qu'il appdle FArabie, est le Haouran, l'ancienne Trachonite. Cest dans ces contrées habitées aujourd'hui par des Druses, des Arabes chrétienst des Bédouins de la race des Anézés , que Saitt méditait la grandeur du mystère dévoilé à ses regards , et se préparait à combattre les ennemis du Seigneur.

Nous n'avons pas besoin de retracer tous les événements de celte grande vie d'apôtre ; on connaît le retour à Jérusalem, où Saûl passa quinze jours à converser avec Pierre; son voyage à Tarse , où de sa bouche tombent les premières smnences de la foi ; ses prédications à Antioche » où cêmcc âe Ut voie f Comme on les appelait alors , prennent le nom de ehrHkm, devenu le plus beau, le plus glorieux des noms qu'aient jamais prononcés des bouches mortelles. Bar*^ nabé, ce fils de la Gonsolationt celte bonne et indulgente nature, est associé aux travaux de Sai&L C'était Tamide sa jeunesse, Il l'avait présenté aux apôtres de Jérusalem; tous les deux sont chargés de porter aux fidèles de Judée ,

(1) rodf in vt^m gui VQcatw Rtclus. Acie» des ApOtres, cb. IX, vers. 11.

iiHAPITHË XIX. 3S

au uôm des fidèles d'Anliocbe, le produit de la première eoUccle doot il soil fait mention parmi les chrétiens. Us reçoivent ensemble Fimpositicui des mains pour annoncer rËvangile aux gentils. C'est après celte ordination , qa*OD missemeni d*esprit révéla à Saillies immenses joies piomlsespar la possession de Dieut el lui permit détremper n» moment ses lèmsdans cet océan devéritéeld*amoiir. Voilà SsiU et Bamabé s'embar^nt à Sélencie, maiiito«> tet MM (i), à rcmbooehore del'Ofonte» «bordant en Cbypret à Salamino, qui n*est pins rien anjoiildlrai; pnis^ pissant à I^phos» où Selll prend le nom du prO" consnl Pnnlos conTerti à sa parole» ssBd!>lablea«i ae^ tainea» dit seint lér^mo» qjoA prenaient le nom des proirlnc^ eonqniees per leors armes*

La mission dePaol était de ne Ikire entendre la bonne noufelle do la rédemption, qn*aQX liens ot nnl apétre nierait passé; il Ini arrive quelqoefbfoderenoontrsr les tmces de Pierre, mais c'est amt Mfii , et non point ans gentils , fne Pierre STait coatnme de s^adresser. 11 faUait à k poisnnte énergie de Panl, les terres nonTéUes et le» eonrs nonveenx; k natnre de son génie le ponsseità aller en anrant, à s*onvrir des rentes , i gagner des hori*' tons : voyageur bardt , alAuné de déconvertes et de coin ^paètes, il s*él*nçait de préférence dans le raonde.paTen , si éloigné de Jésns^Cbrist. inslmlt dans les lettres profil^ nés, il ponratt , comme dirait saint Jérôme, trandher It téte de €k)liafb aTec sa propre épde , et le don de Télo* quence, qu*il possédait à un degré merveillenz, était d*an grand secours auprès de ces gentils qnf avalent dlvi* nisé Tart de la parole.

- L*Asie Mineure avait alors de riches cités ; Perge, Ân#

tiochclle de Pisidie , Icône , Lystre, Derbe, reçoivent les deuxapôlres. On veui lourà tour les lapider et les adorer; les païens de Lystro avaient vu Jupiter dans Bamabé, qui était graud et beau , et avaient jugé Paul trop éloquent

(t) UrrvipQndanee dH)rient, tome VU.

m HISTOIRE DE JËftLSALEM.

poor ne ptt èire Vercore. Les deux mMoniiaires de h ^étiié chrétieDne rarieDoeiit k Aiitîoche en Syrie , en peafliDl par Setatie, el bientôt après , ils reprenneDi kar ooarse inirépide jusqu*aax pays de Thrtce el d*lllyrie. Saint ^nl était, dit «m saint antenr, comme one nnée divine poussée par le vent delà charité , qui courait à travers loule la terre, pour y répandre la pluie de la parole dévie.

Une discussion au sujet de Jean Mue, qui avait quitté les deux apôtres à Perge, et qui voiiiait ensuite revenir à eux , sépara les deux apôtres. Paul qui ne voulait plus de Jean Marc , eut dès lors pour conipagtioas , Silas on Silvain , eL Luc, rncdecin d Aiiltoche. devenu plus lard un des quatre évangélistes. De nouveaux voyages on iHirygie, en Galatie, et dans la Macédoine, multiplient sur les pas de Paul , les disciples de Jésus-Christ ; d'expulsion en expulsion , de misère en misère, Tapôtre arrÎYe au milieu des dieox d'Athènes , et parle devant Taréopage de ce Dim inconnu , à qui appartiendra désormais tonte gloire, toute domination. Il s*en va pfécher la continence chrétienne à Corinthe, où mille esclaves se prosti tiraient dansle temple de Yénvs i protectrice de la ville. Dorant son séjpar de trois ans à Ëphèse, il fonda et vit s*élever en &ee da lemple.de Diane , une église qui, dans la snite, devait evoir pour guide et pour consolateur» le disciple bienaimé; nnl n'ignore la tempête amassée contre lui par les ftirears des ouvriers et des marchands qui vivaient da culte de la grande déesse d*Ionie.

Il est permis de croire que Paul ciu à lutter à Éphèse, contre cet Ajtolluiiius de Tyanes, dont la renonmiée remplissait le monde, et qui, par sa science et sa brillante parole, par sa beauté et ses secrets magiques, se faisait adorer des multitudes. Avec plus de portée que Simou le magicien , Apollonius , pythagoricien grave et austère, se posait en rival de Jésus-Christ; il avait parcouru toute la Grèce, toulFunivers, s*était avance jusqu'aux Indes pour y interroger la sagesse des brahmanes ; à son retour en Grèce»

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