‹ Histoire de JérusalemChapitre 80 sur 149 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

de Patmos le reçoivent; là, séparé da monde el des hommes,

n'ayant pour horizon et pour bruit que retendue cL les mugissements de la mer, s'enivranl, ki nuit, du radieux spectacle des cieux étoilés, le proscrit se crée ua univers mystique, et VÀpocalypse devient le fruit de son commerce avec les esprits d'en haut : l'Apocalypse, vision prodigieusc où se sont égarés tant de commentateurs, depuis saint J^'i ùii^G jusqu'à XewLou , nuageuse épopée qui aura réleriiel privilège d'émouvoir les esprits religieux et les imaginations poétiques , et qu'on interrogera surtout dans les époques de bouleversement qui font pressentir aui^ peuples rapproche du dernier jour.

Revenu à Éphèse en 96, après la mort de Domitien, Jean trouva Féglise de cette TÎlIe veuve de son cvéque Timolhée , et la gouverna jusqu'au règne de Trajan. £o signe de la dignité épiscopale, et d*après la coutume des pontifes de la loi juive, il portait une lame d*or sur le front, comme saint Jacques de Jérusalem. Le bien-aim4 du Fils de Marie était alors un vieillard de quatre-vingtrdix ans, entouré de disciples qui le portaient aux assemblées chrétiennes et ne se lassaient jamais de i*inlerroger sur le Sauveur. Il ne fallait pas que la mémoire la plus douce , la plus poétique, la plus complète des jours mortels de Jésus disparût dans la tombe du vieillard; tout ce qu'il y avait de clirélien dans l'ioiae le supplia de meUi e par écrit tant de précieuses et grandes choses. Jean écrivit donc son évangile à Éphèse, et ce fut en face du temple de Diane qu'il établit avec une si éclatante solennité la divinité de Jésus Christ. Les Cérinthiens, les Ébionites, les Nicolaïlcs ne voulaient reconnaître dans le Fils de Marie que la nature humaine, Tévangile de Jean lut la réponse à leurs doutes et à leurs attaques. Nul apôtre n*a aussi bien compris la divine nature de Jésus, comme si le Christ» dans sa prédilection , avait laissé voir sa splendeur à Jean plus qu'à tout autre. On dirait aussi qu*ense reposant sur le sein du Maître, le disciple avait mieux senti palpiter son Ame divine et s*était plus rapproché du soleil éternel.

Platon se serait misà gnnoa émut le début de Fëvangile de Jean : Àu commeneeftmt était U Vtrhe. G^est Ici surtout

que l'apôlre se mon Ire digne du surnom à^enfemi du tonnerre que Jésus lui a donné ; il est le lonncn c qui i clentil, non point dans la nuit d'une tempête , mais dans la magnifique étendue d*un ciel pur; il fend la nue qui déiobail au monde le mystère du Verbe fait chair, et sur la lôte du cln c Lien se déroule le bleu firmament de la vérité.

La première des trois cpîli es de Jean est écrite au feu de Tamour divin, i Celui qui ifairae point, nous dit Tapôtre, i demeure dans la mort... Mes petits enfants, n'aimons c point de parole ni de langue, mais par œuvre et en c réalité... L*amour est né de Dieu ; tout homme qui aime c est né de Dieu. > Admirables enseignements où respirent tente la douceur, toute la miséricorde du génie chrétien I On sait que faible, et chargé d'ans » Jean ne pouvait plus ftdredelongsdisconradanslespieasesassembléesd'Éphèse, ' et qn*il se contenlatt de dire : c Mes petits enfants» aimei- I TOUS les uns les antres. > C'est là tout le précepte du c Seigneur, > disait le vieil ap6tre à ceux qui se plaignaient de ses répétitions.

Saint Jean avait plus de cent ans lorsque sa mort» sommcil suave, le fit passer de ce monde à Tautre, et bienheureux le pays d'Éphèse, qui eut en d^t Ics restes sacrés du meilleur ami de Jésus. Tous les disciples ou les amis a u Christ qu'il avait connus n^étaient plus de la terre; la plupart éLaieiU ailes à Dieu par la porte du martyre. Il avait appris la ruine de Jérusalem, dont nous parlerons tout h rhcure , et reconnu ainsi raccomplissement des prophétiques paroles qu'il entendit lui-même. Avant d entrer dans le sépulcre, saint Jean , regardant aux quatre points de l'univers, voit partout des peuples prosternes un pied de la croix, puis il ferme ce siècle, siècle unique, mieux canna chez les anges que cbez les bommes.

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