‹ Histoire de JérusalemChapitre 84 sur 149 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

ii*itvaieiit pas le& nombreiu étages des maisons de Paris. Nous pensoDsdonc qu'on se rapprocherailde la vérité en réduisantà cinq ou sixeentmille le nombre des Jtti& assiégés par les Romains» et quand on songe que la famine » le fer el le feu dévorèrent les trois quarts de h population * il reste bien assez d*bofrettr8 » de deuil et de funérailles pour placer ce si^ de Jérusalem au rang des plus grandes oalamités de Thistoire humaine.

Jean et Simon qui oombattireut tant qull fol possible de combattre» auraient Ibreé la gloire à venir à eux en périssant avec le temple» les citadâles et les palais; mais quand il ne s'offrit plus à leurs regards qu'une inévitable mort » ils dierchèrent un asile et un salut dans les souterrains de Jérusalem : cette inspiration ne fut point celle de rhéiobme ; cbaïaé de son impure retraite par la faim » Jean mendia la pilié des Romains qui daigoèrent se contenter de jeter des chaînes à ce lion de la Galilée maintenant dépouillé de fierté. Simon , muni de vivres et d'instruments de fer, avait espéré s'ouvrir soas terre une route secrète; il échoua dans son plan defuile, se déguisa avec uu vêtement blanc et un manteau de pourpre, et tomba entre les iuaiusdes iloaiains qu'il croyait pouvoir tromper; il alla subir la mort dans le grand marché à Rome après avoir subi Vignomixiie au triomphe de son vainqueur.

Qu'est-il besoin de nous arrêter à décrire le butin fait à Jérusalem? 11 fut énorme; chaque légionnaire devint riche, et Thistoire n'a rien à ajouter lorsqu'elle a dit que

Tor perdit la moitié de sa valeur.

De sinisUcs présages avaient annoncé les désastres de Sion ; Tariie reproche à la iialion juive livrm, dit-il, à la iuperstidon , et ennemie des usager religieux (i), de ne les avoir pas conjurés par des vœux et des sacrifices. L'apparition de chars ariués courant dans les airs et d'une comète semblable à une égéQ qui „ durant une aanéeentière,

(i) aittoifes» IWre V, chap. 15.

HISTOIRE m JËaUSALËM.

uenaça Jérusalem, la resplendissanle lumière qui kmià coup ÎDODda rencetDto da temple au milieu de la nuit, la grande et pesante porte du sanctuaire à Torient qui 8*é(ait ouverte d'elle-même , cette vois entendue des sacrificar teurs dans le temple, et criant : Sortoni <ftct, cette autre voix dont parle Tacite et qui répéuit : Lei dinisB itn vonf , tous ces prodiges dont le souyenir revenait aux imaginations troublées font dire àlosèphe qoelesMNnmetpàtsfefif imjmrs par leur faute. La vision prophétique la plus expressive à ra|)|>roclio Je la grande ruine e^sL celle do cet homme lia peuple criant pendanL sept ans : Malheur sur JeruêalemI et périssant enOn lui-même sous les murs de la ville assiégée, en coutinuant ses accents laiiienlables!

Titus qui fit les délices du genre hutnain el dont la douceur a passé en proverbe chez les nations de l'OccideiU , est un singulier modèle de Lonté et de clémence dans le siège et la prise de Jérusalem! On Ta vu faisant crucifier chaque jour cinq cents Juifs coupables de chercher autour de la ville un peu d'herbe pour lutter avec la faim. < il trouvait trop de difficulté , dit*naïvement Josèphe, son panégyriste et son adorateur , à les (aire garder à cause de leur grand nombre. » Belle excuse pour expliquer des cruautés qui cessèrent seulement quand le bois et la place manquèrent aux Romains! Lorsque le fils de Vespasien usa de modération , il se borna à fmre cùuper la maim aux pauvres gen renvoyés à la Yille! Titus nlgnorait pas que le peuple de Jérusalem était innocent de cette violente résîstence aux armes romaines, et qu'il gédiissait sous le pouvoir terrible de deux partis; pourquoi donc Tatroce idée de hâter la mort decette population malheureuse en proie à la lamine, en la murant dans Jérusalem comme dans un tombean t Nous dirons Tolonliers que le prince prononça des peines contre les Syriens et les Arabes de son armée qui éveu- Irnient les fugitifs dans l'espoir de découvrir de Tor dans leurs lianes ; mais ces inhumanités-là , d'invention orientale, se trouvaient pour ainsi dire eu dehurs des mœurs de la barbarie romaine.

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Après Cinquante jours , la faim fait descendre les sacri-^ ficateors qui s'ëlaient sauvés kur le mar da temple ; ils Tont implorer la clémence de Titus qui leur répond par un arrêt de mort* Jean, Simon et leurs compagnons, désespérant de se défendre, offrent au fils de Vespasiea d'abandonner lérusalem à la seule condition de s'en aller librement dans le désert avec leurs femmes cl leurs enfants ; Titus eût accepté cette condition s'il avait eu pour le peuple un peu de cette pitié que lui suppose riiisLorieu juif; que fait-il au coulraire? il se venge do ne pouvoir dicter des lois aux deux chefs en permctlaiU à ses soldais de piller la cilé et d'y metlrc le feu. Après la dévastation de Jérusalem , Titus célèbre à Césarée l'anniversaire de la naissance de son frère, et à Bérylbo 1 anniversaire de la naissance de Vespasien par rimuiolaLion de milliers de Juifs livrés aux flammes ou aux horreurs de i ainphi- Uitàire. Ces Homains, que Mithridate appelait le fléau de l'univers, avaient un bien exécrable génie, puisque le meilleur de leurs empereurs pouvait accomplir des actes pareils aux férocités accumulées dans ce récit î

Josèphe dont Touvragc nous a révélé tant de misères qui seraient restées ignorées de la postérité, commença par être lin des chefs de celle guerre contre les Uomaius et jQnit par être un ami de Titus; il se trouvait dans le camp des ennemis des Juifs et plusieurs fois on le chargea d'inviter à la soumission ceux qui étaienl à la fois les délenseurs (!t les oppr( .ss(!ijrs de Jérubaleiii ; ses discours ne toucliaienl que le j)euple et lui valaient des invectives de la part des combattants galiiéeus et iduméens; un jour même il fut blessé à la tète d'un coup de pierre. Sa mère qui était dans la ville eut à soufiTrir de ce qu'on appelait la désertion de Joscphe. li*bistorien juif gémit sur les . maux de sa patrie; il voit avec douleur le peuple de Jéra* salem voué à. la mort , ses monuments youés à la ruine, les . plus sombres images de la désolation passant sur la cité .que Jéhovah avait remplie de ses merveilles ; il poursuit de ses reproclies, de ses malédictions, ceux qu'il appelle

rOVf OVUT. •— T. II. 8

06 HISTOIRE DE lÉIIOSALEM.

les factieux, mais vous ne l'enlendw jamais se plaindre des Romains. Il n*en pouvait être aiiironK ni dans uq livre écrit sous les yeux de Vcsj)asien el d*; Titus, et dont Vanteur, îionoré du litrt' de citoyen romain , était pensionné par rcmpercur, el avail pour dcmcnrr 5 Rome un de se» palais. Ce qu'il y a de remarquable , de frappant dans son récit, c*esl Tidée, plusieurs fois exprimée, que les Romains portent comme malgré eax le trépas et la ruine, que Dieu lui-même agit el non point Titus ; l'histories prête même à Titus cette pensée qu'il n^est que Tinstru* ment de la divine vengeance, et c*e$t dans re sens qa*îl explique le refas de la, couronne apporlêe an fils de Veapaslen par les nations Toisines.

L*ldée d'expiation déposée dans une histoire eonteoK poraine écrite par on luif « est une sorte dVicheminenient mystérieux vers notre croyance qui regarde ce supplice de tout un peuple comme une expiation do supplice d*oi» Dieu* lénisalem était frappée pour un crime de rAdlion qn*ene n^avait point commis, mais les Romains qui foulaient punir une réfolte contre lenr pouvoir piinissaienl nne révolte contrôle Messie; ils pensaient venger le sang de quelques légionnaires et vengeaient le sang du Sauveur du monde. Les Juifs avaient cru tuer le christianisme en tuant Jésus-Christ; maintenant le sang du Fils de Marie, en retombant sur eux, anéantissait leur existence religieuse et politique. Tout TédiOce de la loi mosnïquc qui n'était fait que pour Jérusalem cl la Judée, croulait avec le temple du mont Moriah et les murs de Sion. La nation déicide mutilée, écrasée, venait de commencer cette carrièredepcrséciUioii et d ignominîequi devait être si lonc^no à parcourir ; ils allaient se voir jetés dans le monde social comme des; débris errants qui ne peuvent ni 8*arréter ni se relever, comme un formidable miracle toujours vivant et qui redit de siècle en siècle un châtiment Inouï chez les hommes. Oh t qqe de honte, que d*outn^ les attendent dans tous les pays de la terre! Aveugles voya^urs à travers les temps > ils passeront «q milieu deespieBdemée

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