‹ Histoire de JérusalemChapitre 87 sur 149 · C-HAPÏTRE XXI · texte numérisé non relu

C-HAPÏTRE XXI

d*Âdonis; les chrétiens qui , ne voolaot prendre aucune i»art à la révolte, avaient déjà beaucoup souffert de la |»art des Juifs, curent de plus vives douleurs à dévorer à la vue des lieux saints livrés à d'impurs sacrifices » à d'odieusesdépraTatioDs. Lesuccesseor deTrajanoatrageait ainsi des croyances qu'il avait paru traiter avec one sorte de dignité philosophique dans sa lettre (i) àMinntius Fondatus, proconsul d'Asie. Du reste , l'adorateur d'Àntinoûs ne pouvait apporter que des souillures au Calvaire et an divin tombeau* Toujours arriva-t-il que le lieu où tant de divins mystères s'étaient accomplis» le lien le pins saint de la terre» sortit des ténèbres de rabaudon» et la Providence se servit d'un ennemi pour relever les ruines de la cité choisie.

Les profanations d Adrien nons amènent à une importante remarque , c*est que dès celle époque, les vesliges mortels de riIomme-Oieu n'avaient pas été perdus de vue. On savait l'étable où il était né, la colline où il avait été cruciiié, le roc dans les flancs duquel son corps était resté enseveli durant trois joui s. La connaissance des lieux qui se rattachaient à des souvenirs du Sauveur formait en quelque sorte le premier élément de l'instruction chrétienne à Jérusalem et en Judée , et, pendant dix-huit siècles jusqu'à ce jour, tous les petits enfants chrétiens ont pu montrer aux étrangers les traces du Rédempteur. La tradition a étd une admirable gardienne de la vérité des lieux saints ; les voyageurs qui ont promené là leur scepticisme ont fait preuve d'une ignorance profonde*

Pour la première fois depuis douie ou treize cents ans» Jérusalem n'éut plus de Juils au nombre de ses habitants; Adrien lenr en interdit l'entrée sous peine dè mort. Le

• jour de la foire» la porte leur était ouverte» mais à prix d'argent. Les humiliations devenaient pour la race déicide une vie nouvelle. La population d'iËiia (Jérusalem ne fut plus connue en Orient que sous ce nom) se composa de

• . {\) Easèbe, IV, hisl., chap. 8, 9.

POWOVUT. — T. II. ^

gi HISTOIAB DE JÉRUSALEM.

colons romains, du Grecs, de Syriens et de chrétiens gentils. Le décret impérial frappait les chr*' liens <jui avaient appartenu au judaïsme. Bfarc, sf i/ÏL iiie évèque de Jérusalem, fut le premier pasteur 'j^cui'd de ce troupeau de Sion où dès lors cessèrent les observances légales et toutes traces de mosaïsme; les figures , les ombres de rÂneien Testament s'ctiacèrent; une même ruine définitive enveloppa le monde judaïque religieux et Texistence politique de cette grande et malheureuse nation ; désorm'ais le chris* tianisme marchera jeUds sa liberté féooode et dans toute sa divine énergie*

Un souvenir qui témoigne des saintes mœurs des fidèles de Jérusalem en ce temj^-là , se présente à notre esprit. Aquila, ce»païen de Synopc^ auteur d'une Version grecque de la Bible, la première qu*on ait faite depuis celle des Septante» demanda le baptême à la vue du touchant et angélique spectacle ofTert par la communauté chrétienne. Adrien Tavait chargé de présider à la reconstrucUon de Jérusalem. Témoin de Tirréprochable vie des disciples de Jésus, Aquila voulut professer une doctrine qui inspirait d*aussi hautes vertus. Son goût pour Fastrologie Tayant fait exclure du nombre des enfants de rÉglise^ il embrassa le judaïsme au moment où le judaïsme traînait les der« niers anneaux de sa chaîne brisée^ mais son entrée dans les vérité religieuses n*en fut pas moins l'œuvre de rimpiession produite par les vertus chrétiennes.

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