CHAPITRE XXU
M«rci»8e de Jéruisileni. -> Le coiidle <te Géitréeé AIflkaftdre de Jénmlem. — Origine. — Mm d*Aleiaiulra« — PenécuUon*
(An 137'3S3.)
Dans l'espace d*une cinquantaine d*annécs , quatorze évtj^uGs occupent le siège de Jérusalem. Là chronique d'Eusèbe se lioriic à recueillir leurs noms, qui n'éveillcul aucun souvenir importun L; celle bucccbsion de qualor2e pasteurs en peu de temps nous donne à penser que la hache de la persécuUon abrégea leurs jours. La plupart des dates de cette époque sont in certain es, mais nous pouvons placer le commencement de Icpiscopai de saiut Narcisse avant Tannée 195, qui est celle du concile de Gésarée, puisque ce pasteur de Jérusalem, le quinzième depuis saint Marc , fut un des deux présidents de cette assemblée catholique. On avait supposé deux conciles tenus en Patesline, Tun à Jérusalem» Tautrç à Gésarée; le témoignage d*Ëii8èbe, qui a prévalu, en établit un seul.
C'étail sous le pape Victor» le treizième pontife de Rome depuis saint Pierre; Tépoque de la célébration de la pA^ue n'était pas encore la môme parmi tous les chrétiens; les traditions apostoliques n'avaient point tranché cette question. Pour ne pas nnisquer la séparation avec
HîSTOraE DE JÉRUSALEM.
Tanciennc loi , on avait laissé les Juifs convertis solenniser la pdque, comme auparavant, au quatorzième de la lune, à quelque jour que ce fut. Les chrétiens gentils ne célébraient généralement la résurrection que le dimanche; les fidèles de TOccideut et de TOricnt, excepté ceux de rionie et de quelques contrées voisines, suivaient cet usage. Le pape Victor, <lans des vtn s d'unité reUgiease^ s'occupa de cette question avec plus d'ardeur qu'ancun de ses prédécesseurs. Le concile de Palestine, composé d*un grand nombre d*évêques , ayant à leur tète celui de Gcsarée et Narcisse de Jérusalem , décida que la pique devait être célébrée le dimanche , jour où le Sauveur avait triomphé de la mort* Une lettre synodale fut adressée à toutes les Églises. Des conciles à Rome, à Lyon , dans le Pont, dans la Mésopotamie, à Corinlhe, renouvelèrent la décision do concile de Gésarée.
Du milieu des riions restées attachées à Tanctenne époque de la célébration pascale, il 8*éleva.une voix contre ces prescriptions unanimes. Polycrate, évoque d*Éphèse, parlant en son nom et au nom des évèques de FAsie Mineure qu*il avait rassemblés, fait entendre au pape Victor et à r£glise romaine un langage empreint de noble gravité ; il rappelle ceux dont il .est le continuateur dans rËgUse d*Àsie : liiilippe , Tun des douze apétres, mort à HîéropoUs ; Jean, qui reposa sur le sein du Seigneur, porta la lame d*or des pontifes, fut martyr et docteur, et -8*endormit à Ephèse; Polycarpe, évôque et martyr à Smyrne; Traséas, évèque et martyr d'Euménie et mort à Éphèse ; Sagaris, évcque et martyr de Laodicée; le bienheureux Papyrius, Tévéque Méliton, enseveli à Sardes, en allL'ijJani d être visité du ciel pour ressusciter,
€ Et moi , Polycrate , le dernier de vous tous , ajoute le pontife d'Éphèsc, j'observe la tradition de mes parents dont quelques-uns ont été mes maîires; j'ai eu sept évèques dans ma famille et je suis le buitième. ils ont toujours célébré la pâque à Fépoque où les Juifs purgeaient le levain* Moi donc, qui ai vécu au Seigneur soixante-cinq