‹ Histoire de JérusalemChapitre 91 sur 149 · CHAPITRE XXn · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXn

fidèles ]a lumière qui éclaire et la rosée qui féoonde. L*école d'Origène, à Cdsarée , devint le rendez-vous de tous les hommes d'Orient avides d'instruction rdigîease et philosophique ; Fillustre maitre condaisait ses disciples à la théologie catholique en les fiiisant passer par les sciences humaines; Tuniversalîté des connaissances était le marchepied par où ils montaient à Bien et au Christ, lie docteur était surtout admirable quand il parlait des Écritures, dont un ange semblait lui révéler le sens mys* térieux. Il recommandait à ceux qui désiraient enseigner la foi , de ne rien dire d'eux-mêmes mais de tout prouver parles livres saints; il prêchait le respect des livres inspirés jusqu'à défendre d*y corriger les fautes de langue, et voulait qu'on se résignât à ne pouvoir percer l'obscurité de plus d'un endroit : il y a des passages dans l'Écriture qu'on n'entend pas , comme il y a daïis l'univers des oeuvres de Dieu que nous ne comprenons point. Lorsqu'à Tyr la tombe s*ouvrît pour Origène, le ciel chrétien perdit une de ses plus belles étoiles. Il yavait sept ou huit ans que s*était éteint un autre brillant flambeau du christianisme, Tertullien, dont Tâpre génie heurta contre Terreur comme celui d'Origène.

Alexandre, le vieux défenseur d'Origène, avait précédé de deux aiis son ami dans la voie de la mort; conduit à Césarée au IriLiiual du gouverneur delà Palestine, à la lin du règne deDèce, il avait été chargé de fers. Martyr, sans passer sous la hache du bourreau , il s'était élancé des ténèhres d'une prison à la lumière de Téternel royaume : les geôliers de Césarée ne purent empêcher son âme de ' s'envoler vers Dieu. Alexandre avait jjjouverné TÉglise de Jérusalem pendant trente-neuf ans (i). La persécution qui emporta le saint vieillard frappa d'uutres chefs chrétiens en diverses contrées do la terre ; le pape Fabien , Babylas, évôque d'Anlioche, furent mis au rang des martyrs; Pionnius à Smyrnc, qui citait TOdyssée aux païens et la Bible

(1) Tillemont, Hitt. eccl., tom. ni.

M HISTOIRS DE JÉRUSAU».

aux Juifs, mourut avec un sublime caraclcre. Les tourments allcignirenl Denis, évêque d'Alexandrie; Cyprien, évéque de Carthage, fut exilé. Le pouvoir romain promenait sa foudre sur toutes les léles chrétiennes. Il y avait des dieux [>artout dans Tempire romain , et le disciple de rËvangilc ne pouvait pas adorer le sien. Comme Justin de Sicliem l avait remarqué , dans sou Apologie adressée à Antonin le Picnx, les IiOJimins laissaient à d'autres nations la liberté d adorer des arbres et des Heurs, des rats, des chais , des crocodiles , et défendaient aux chrétiens d'adorer leur Dieu ! « Chez vous, disait Tertuliien aux gouver- € neurs des provinces romaines, ou a le droit de tout c adorer, hors U vrai 0iea (i) ! t Belles paioles imitées par Bossuet (t) !

(1) Apologétique.

(i) Tout élait dieu, eicepté Dieu lai-mème. Discoar» sur rHi«« Unie aniTenelle.

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