CHAPITRE xxiri
grande gloire d^enfanler à la fui toute une phalange de martyrs. Les compagnons de Maurice, d'Exupère et de Candide se souvenaient sans doute d*Hy menée lorsqaOt aimant mieux obéir à Dieu qu*à Maximien , ils se laissé* rent égorger à quelques lieues du lac de Genève» dans le vallon d*Aganne, oili revit encore la mémoire de ces six mille confesseurs de la foi.
Après douze ou treize ans de gouvernement spirîtnelt Hymenée eut tour a. tour pour successeurs Zambda et Hermon.
la persécution sous Dioctétien , qui ouvre le iv* siècle* moissonne des chrétiens dans toutes les parties de laJerre, et le pays de Jérusalem a aussi des victimes qu^il offre à Dieu. Un interprète de TÉcriture en langue syriaque, Procope, né à Jérusalem, lecteur et exorciste» est arrélé aux portes de Gterée, conduit au tribunal du gouverneur Flavien et refuse de sacrifier aux dieux ; on lui commande des libations aux quatre empereurs; Frocope réjiond par un vers dHomère qui trouve mauvais d*avoir plusieurs maîtres» et sa téte tombe sous la hache (i). Le diacre Yalens , de TÉglise de Jérusalem» beau vieillard qui savait par coeur tous les livres saints, est condamné à deux ans de prison à Gésarée ; il partage la captivité avec Paul d*Iamnia (Ibelin) et Parophylc, le maître du célèbre Eusèbe, qui avait fondé à Gésarée une bibliothèque composée des œuvres d'Origène, dont il copia la plus grande partie.
C'est alors (509) qu*on vit à Gésarée on gouverneur romain ne sachant point ce qu*était Jérusalem , connue dcpu is cen t soixa n te et treize ans sous le nom d*^lia. c D*ou es-tu? > dit le gouverneur au jeune ÉUe qui parait devant' son tribunal. < Je suis de Jérusalem» > répond le chrétien, c Je ne connais en Palestine aucua lieu de ce nom,» réplique le juge. Le jeune Élie persiste à déclarer qu*il est de Jérusalem. Irrité de ces réponses , qu*il prend pour une
(1] Eugèbe, de Mari, pal,^ chap. 1.
rOOiOULAT. — • T. it.
ge HISTOIRE DE J1^RU8ALËM.
insulMtile dén%alion , le goavernênr fait Aendro le ehré*
lien sur les ceps de bois qui , jusqu'au ▼* siècle, ont éxè un inslrument de supplice , el veut le contraindre , à force de lourmenU, de lui révéler le nom de son lieu natal. Élie répèle qu*!l a dit la vérité , qu'il est de Jérusalem, la patrie des gens de 6i>n, ajoule-t-il , ^ihirr à rorient de Id Judée, Le gouverneur avait fini par croire que celle ville était peut-être quelque place inconnue où les disciples de Jésus se retranchaient pour préparer une résistance aux Romains. Après avoir bien tourmenté et bien déchird la victime, il loi fil couper la tète, et cela parce qu'il lui rPprocVi<nl de l'avoir lroni[)é en lui parlant d'une ville appelée Jérusalem !î ! Les Fiomains ne connaissaient plus qu'iËlia; les chrétiens seuls prononçaient le nom de Jérusalem qu'ils avaient conservé comme une tradition. Ce nom qui avait tant retenti à Rome quand toutes les forces d0 l'empire environnaient la métropole de la Judée « et quand deux empereurs montaient au Capitole au milieu du plus riche triomphe qui se vit jamais , se trouvait effacé de la langue romaine, de la langue du monde ! Dorant huit ans de persécution en Palestine « il n*y eut
Cs de lieu de cette province qui ne tùi visité par lea orreaox. La vie des chrétiens condamnés aux mines de cttim parut trop douce; ils avalent eu asse< de liberté pour se hâtir des sanctuaires « et tant d*audace devait aboutir à une punition. Les travailleurs aux mines furent dispersés sur divers points de la Judée, dans le Liban et jusqu*ett Chypre. Quatre des principaux d*entre eux expié-* rent dans les flammes leur fidélité à la loi chrétienne. Les chrétiens que l'âge ou la maladie empêchaient d'être enrôlés dans les travaux publics, eurent pour demeure ou plutôt pour prison un lieu à part; ils avaient à leur tête l'évoque Sylvain de Gaza; leurs jours s'écoulaient dans les prières, le jeûne el les lectures pieuses. Ils étaient trente-neuf. Celte communauté de captifs ne jouit pas longtemps de son repos; ils furent tous décapités en un seul jour , par l'ordre de Maximin (310).