‹ Histoire de Jésus-Christ d'après les Evangiles et la tradition, expliquée à l'aide des monuments, de la description des lieux et de commentaires des écrivains ecclésiastiquesChapitre 8 sur 22 · Q4 HISTOIRE · texte numérisé non relu

Q4 HISTOIRE

Hittin est sur la limite de la Galilée, de Syrie et de la Phéiiicie. De là on Aécoxi la ville de Safed et cent villages plus ou mo populeux j disséminés sur les coUines ou d; la plaine d'Esdrelon.

Tel est le magnifique théâtre du sern sur la montagne. Ici Jésus s'assied entoi d'une multitude innombrable , et va faire tendre le résumé de la morale chrétienne :

c< Bienheureux les pauvres en esprit (c't à-dire les pauvres volontaires), car le royau des cieux est à eux !

« Heureux ceux qui sont doux , parce qu posséderont la terre ! (Allusion à la terre pi mise, figure du paradis.)

« Heureux ceux qui pleurent, parce qu seront consolés!

« Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, parce qu'ils seront rassasiés!

« Heiu*eux ceux qui font miséricorde , pa qu'eux-mêmes obtiendront miséricorde!

« Heureux ceux qui ont le cœur pur, pa qu'ils verront Dieu !

« Heureux les pacifiques, parce qu'ils ser appelés les enfants de Dieu !

« Heureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, parce que le royaume des cieux leur appartient !

« Vous êtes heureux lorsque les hommes vous haïssent, vous maudissent, vous persécutent et disent du mal de vous, faussement et à cause de moi. Réjouissez-vous et soyez dans Tallégresse, parce que votre récompense est grande dans le ciel! C'est ainsi que vos pères en ont agi envers les prophètes, qui ont existé avant vous.

« Mais malheur à vous, riches; car vous avez eu votre consolation en ce monde !

« Malheur à vous, qui êtes rassasiés; car un jour viendra que vous serez affamés I

« Malheur à vous, qui riez; car viendra le moment où vous pleurerez et serez dans la tristesse!

« Malheur à vous, qui êtes l'objet de la louange des hommes du siècle; car vos pères agissaient de même envers les faux prophètes ! »

S'adressant à ses disciples , Jésus leur d

« Vous êtes le sel de la terre. Si le s'affadity comment lui reudra-t-ou sa ver! 11 n'est bon à rien qu'à être jeté dehors foulé aux pieds des passants.

« Vous êtes la lumière du monde. La v située sur la montagne ne peut être cachée ajouta le Sauveur en montrant , suivant i ancienne tradition, la ville de Saphed, b au sommet d'une montagne élevée.

c( Si on allume un flambeau , ce n'est p< pour le cacher sous un boisseau , mais p le placer sur un candélabre, afin que lumière éclaire tous ceux qui sont dans maison.

« Que votre lumière brille devant hommes, de manière qu'ils voient vos boi œuvres, afin qu'ils rendent gloire à v Père qui est dans les cieux. »

La doctriue de Jésus était plus parfaite que la doctrine manifestée à Moïse et aux prophètes. La nouvelle loi devait succéder à l'ancienne, non par voie d'abrogation , mais par voie de perfectionnement. Aussi le Sauveur ajoute-t-il :

« Ne croyez pas que je sois venu détruire la loi et les prophètes. Je ne suis pas venu les abolir, mais les accomplir. En vérité, je vous le dis, le ciel et la terre ne passeront pas sans que la loi soit accomplie entièrement, jusqu'à la moindre lettre et au moindre point. Quiconque violera la loi, même dans le moindre des commandements, et enseignera aux autres à la violer, sera réputé le moindre des hommes; celui, au contraire, qui les observera tous, et qui apprendra aiix autres à les garder, sera appelé grand dans le royaume des cieux. »

L'Évangile nous apprend comment, pai' de vaines subtilités, les Juifs qui s'estimaient

habiles dans la connaissance de la loi et piquaient d'une grande fidélité à en sui^ extérieurement les ordonnances, violaient réalité les préceptes essentiels de la loi divii Jésus - Christ , la douceur même, se mou toujours très -sévère contre les pharisiens les autres hypocrites qui pratiquaient a ostentation certaines prescriptions légal mais qui, à l'aide de prétendues traditio négUgeaient, dédaignaient même les ce mandements les plus importants.

« En vérité, je vous le déclare, dit -il votre justice n'est pas plus parfaite que c des scribes et des pharisiens, vous n'eiitrf pas dans le royaume des cieux.

« Vous savez qu'il a été dit aux ancie Vous ne tuerez point; et quiconque com le crime d'homicide sera jugé et condan Et moi je vous dis : Quiconque se met colère contre son frère encourt le jugeii de Dieu. Celui qui dit à son frère : Raca , î traduit devant le grand conseil; mais c qui l'appellera fou se rend digne du feu l'enfer. »

Ici Notre-Seigneur fait allusion aux iny

dont les Juifs se rendaient souvent coupables les uns envers les autres, et réputées si déshonorantes, qu'elles occasionnaient souvent des querelles violentes, des haines, des rixes et des meurtres. C'est pour cela qu'il dit en une autre occasion : « Celui qui hait son fi*ère est homicide. »

Le Sauveur continue : « Si vous vous souvenez, dit- il, en offrant votre don à l'autel, que votre firère a quelque chose contre vous, laissez votre offrande devant l'autel, allez d'abord vous réconciher avec votre frère, et vous reviendrez ensuite achever votre offrande. »

Dans une autre circonstance : « S'il vous arrive d'être cité par -devant le juge, chemin faisant vers le tribunal, accordez-vous promptement avec la partie adverse. Si vous refusez un accommodement, craignez de parcdtre devant le juge, qui vous Uvrera au ministre pour vous jeter en prison. Je vous assure que vous n'en sortirez pas avant d'avoir rendu jusqu'à la dernière obole. »

Sur ce passage, un Père de l'ÉgUse £Bdt la réflexion suivante : « Le Christ avertit ses

disciples d'éviter toute sorte de dissens de disputes et de procès; la charité fi nelle nous en fait un devoir; on sait leurs que les poursuites en justice engen ordinairement des animosités difficiles \ truire. Que chacun donc examine sa science; que le coupable n'hésite pas à r naître et à réparer sa faute. La réconcil est une œuvre méritoire aux yeux de D'ailleurs la justice des hommes a d gueurs excessives, et le glaive dont sa est armée frappe sans pitié. »

« Vous avez entendu, continue le Sa qu'il a été dit à vos pères : Vous ne mettrez point d'adultère. Et moi je voii Quiconque regarde une femme avec um plaisance criminelle a déjà commis Yen dans son cœur.

c< Il a été dit aussi : Quiconque reir femme doit lui donner un acte de répuc Et moi je vous dis que celui qui ren^ femme, hors le cas d'adultère, la ren<

tère; et celui qui épouse une femme ainsi séparée de son mari, commet aussi le crime d'adultère. »

« Vous savez qu'il a été dit à vos pères : Vous ne serez pas parjures, mais vous accomplirez les serments que vous avez faits au nom du Seigneur. Et moi je vous dis : Ne jurez en aucune manière : ni par le ciel, parce qu'il est le trône de Dieu ; ni par la terre , parce qu'elle est l'escabeau de ses pieds; ni par Jérusalem, parce qu'eUe est la ville du grand Roi. Vous ne jurerez point non plus par votre propre tête, parce que vous ne pouvez en rendre un seul cheveu blanc ou noir. Contentez-vous d'aflSrmer en disant simplement oui ou non ; ce qui va au delà n'est pas exempt de mal. »

« Vous avez entendu qu'il a été dit : Œil pour œil, dent pour dent (c'était la peine du

talioli). Et moi je vous dis: Ne résistez au méchant. Si quelqu'un vous frappe î joue droite, présentez-lui la joue gaucl quelqu'un veut vous faire un procès pour dépouiller de votre tunique, abandonm même votre manteau. Si quelqu'un voui traint à marcher avec lui mille pas , fait deux mille.

ce Donnez à qui vous demande, et r poussez point celui qui veut vous em ter. »

Après ces conseils, Jésus ajoute dei ceptes sublimes. «Vous savez, dit- il, ( été dit : Vous aimerez votre prochain , e pourrez haïr votre ennemi. Et moi je voi Aimez vos ennemis ; priez pour ceux qii persécutent et vous calomnient, afin qu soyez les enfants de votre Père célesl fait lever son soleil sur les bons et s méchants, et qui laisse descendre la sur les justes et sur les injustes. Car s aimez seulement ceux qui vous aiment , récompense mériterez- vous? Les pu!

n'en font -ils pas autant? Si vous voi tentez de saluer vos frères, que faites

de plus que le reste des honuues? Est-ce que les païens n'en agissent pas de même? « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »

« Ayez soin de ne pas faire vos bonnes œuvres en public, afin d'être regardés des honunes ; autrement vous ne recevrez aucune récompense de votre Père qui est aux cieux. Lors donc que vous faites l'aumône , ne sonnez pas de la trompette devant vous , comme font les hypocrites au milieu des rues et des synagogues, dans le dessein d'être honorés des hommes. En vérité, je vous l'assure, ceux qui agissent ainsi ont déjà reçu leur récompense. Pour vous, quand vous faites l'aumône, que votre main gauche ignore ce que fait la droite, afin que votre aumône reste secrète ; et votre Père, qui voit dans le secret, vous en récompensera. »

« Lorsque vous ferez votre prière, n'imitez pas la conduite des hypocrites , qui aiment à prier debout dans les synagogues et aux coins des places publiques, afin d'être vus deî honmies. Je vous le dis en vérité, ces gens là ont reçu leur récompense.

« Pour vous, quand vous voudrez priei entrez dans votre chambre, fermez -en porte, et priez en secret; votre Père, qui p nètre dans le secret, vous exaucera.

« Ne multipliez pas les paroles en priai selon l'usage des païens, qui s'imagin< devoir être exaucés à cause de l'abondai de leurs paroles. Ne les imitez pas; car vc Père connaît vos besoins avant même vous les exposiez.

« Vous prierez donc ainsi :

« Notre Père, qui êtes aux cieux , que > nom soit sanctifié. Que votre règne ar Que votre volonté soit faite sur la terre co au ciel. Donnez-nous aujourd'hui notre quotidien. Pardonnez - nous nos offe

comme nous pardomions à ceux qui nous ont offensés. Ne nous laissez pas succomber à la tentation; mais délivrez- nous du mal. Ainsi soit-il.

c< En effets si vous remettez aux hommes les offenses dont ils se sont rendus coupables à votre égard, votre Père céleste vous remettra vos péchés. Mais si vous ne pardonnez point aux autres, votre Père céleste ne vous pardonnera pas. »

« Lorsque vous jeûnez, ne soyez pas tristes comme les hypocrites qui exténuent leur visage, afin que les hommes sachent qu'ils jeûnent. Je vous le dis en vérité, ils ont reçu leur récompense. Vous, au contraire, quand vous jeûnez, parfumez-vous la tête, lavez-vous le visage , de peur que les hommes ne s'aper^ çoivent de votre jeûne; et votre Père, qui connaît toutes les choses secrètes, vous tiendra compte des choses que vous aurez faites dans le secret. »

« Ne travaillez pas à amasser sur la terre des trésors que la rouille et les vers attaquent, que les voleurs découvrent et dérobent. Appliquez-vous à placer des trésors dans le ciel , où ils sont à l'abri de la rouiUe et de la teigne, où les voleurs ne sauraient les ravir.

« En effet, où se trouve votre trésor, là est votre cœur.

« Personne ne peut servir deux mmtres:

car il aimera Tun et détestera l'autre ; il sera docile à l'égard de l'un et méprisera l'auti'e. Vous ne pouvez pas servir Dieu et Mammon (l'idole des richesses).

« C'est pourquoi je vous le dis, ne soyez point inquiets au sujet de votre nourriture et de vos vêtements. Votre vie n'est -elle pas plus que la nourriture, et votre corps n'est- il pas plus que les vêtements? Considérez les oiseaux du ciel; ils ne sèment pas, ne moissonnent pas , et ne font aucune provision dans des greniers. Votre Père céleste les nourrit. N'êtes -vous pas beaucoup plus qu'eux?

« Pourquoi auriez -vous soin de votre vêtement? Regardez les lis qui croissent dans les champs; ils ne travaillent ni ne filent; or je vous le dis, Salomon, dans toute sa gloire, n'était pas vêtu comme une de ces fleurs. Si Dieu se plait à orner ainsi l'herbe des champs, qui pousse aujourd'hui et qui demain sera jetée au feu, comment n'aura-t-il pas plutôt soin de vous, hommes de peu de foi?

« Ne vous inquiétez donc point (outre mesure), en disant : Aurons -nous à manger et à boire? De quoi nous vêtirons- nous? C'est le souci des païens. Votre Père céleste ignoret-il que vous avez besoin de toutes ces choses? Cherchez donc d'abord le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données par surcroît. N'ayez point souci du lendemain, car ce lendemain présentera les moyens de subvenir aux besoins du jour : à chaque jour suffit sa peine.

« Demandez, et vous recevrez; cherchez, et vous trouverez; frappez, et l'on vous ouvrira. Celui qui demande est assuré d'obtenir. Quel est l'homme qui donne une pierre à son fils s'il lui demande du pain, ou qui lui présente

un serpent, s'il lui demande un poisson? Si donc, vous qui êtes mauvais, vous savez donner à vos enfants de bonnes choses et tout ce qui leur convient, combien plus votre Père qui est dans les cieux accordera-t-il les vrais biens à ceux qui les lui demandent ! »

t< Entrez par la porte étroite. Pour tdler à la perdition, la porte est large et le chemin spacieux, et beaucoup s'y engagent. Que la porte et la voie qui mènent à la vie sont étroites, et qu'il y en a peu qui les trouvent!

« Gardez-vous des faux prophètes; ils viennent vers vous vêtus de peaux de brebis , et au dedans ce sont des loups ravissants. Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Les raisins se cueillent - ils sur les épines, et les figues sur les ronces? Tout bon arbre produit de bons fruits; un mauvais arbre porte de mauvais fruits. Tout arbre qui ne porte pas de bons fniits sera coupé et jeté au feu.

« C'est donc à leurs fiiiits que vous les reconnaîtrez, c'est-à-dire à leurs œuvres. Celui-là n'entrera pas dans le royaume des cieux qui se contente de dire : Seigneur, Seigneui'! Le ciel sera ouvert uniquement à ceux qui accomplissent la volonté de mon Père qui est dans les cieux.

Plusieurs me diront ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n'avons -nous pas prophétisé en votre nom, chassé les démons et opéré des prodiges en votre nom? Je leur répondrai : Je ne vous ai jamais connus; retirez -vous de moi, vous qui commettez l'iniquité. »

« Ne jugez pas, afin que vous ne soyez pas jugés; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. On vous appliquera le jugement dont vous aurez usé à l'égard des autres. On se servira pour vous de la mesure que vous aurez employée pour votre prochain.

« Comment apercevez -vous un fétu dans

l'œil de votre prochain, et ne voyez-vous point une poutre dans votre œil? Comment pouvei^ vous dire à votre frère : Laissez- moi enlever ce fétu de votre œil, quemd vous-mêmes vous avez une poutre dans l'œil? Commencez par ôter la poutre qui encombre votre œil , et vous songerez ensuite à enlever le fétu de l'œil de votre frère.

c< Faites aux autres hommes ce que vous désirez qu'ils fassent pour vous. Tel est l'esprit de la loi et des prophètes.

« Quiconque écoute mes paroles et les met en pratique, sera comparé au sage qui bâtit sa maison sur le roc. Si la pluie tombe, que les fleuves se débordent, et que la tempête vienne à soufiler, cette maison résistera, parce que les fondements en sont soUdes. Celui, au contraire, qui entend mes paroles, et qui ne les met pas en pratique , ressemble à l'insensé qui construit sa maison sur le sable. La pluie, les torrents et le vent sont venus fondre sur cette maison, qui n'a pas tardé à s'écrouler, en ne laissant que des ruines. »

Lorsque Jésus eut terminé son discours, les peuples étaient dans l'admiration de sa

doctrine. Il les enseignait comme ayant autorité, et non comme les scribes et les pharisiens.

Le sermon sur la montagne est comme le résumé de toute la morale évangélique. Jésus - Christ y révèle aux hommes les vérités les plus sublimes. « Qui n'admirerait, dit Bossuet, la condescendance avec laquelle il tempère la hauteur de sa doctrine? C'est du lait pour les enfants, et tout ensemble du pain pour les forts. Ce qu'il a sans mesure, il le répand avec mesure, afin que notre faiblesse puisse le porter. On le voit plein des secrets de Dieu ; mais on voit en même temps qu'il n'en est pas étonné, comme les autres mortels à qui Dieu se conununique : il en parle natiurellement, comme étant né dans ce secret et dans cette gloire. »

Jésus-Christ nous apprend à faire toutes nos actions en vue de Dieu, et non en vue des hommes ; à pratiquer nos devoirs suivant

les lumières de la conscience , et non par une vaine ostentation. La récompense céleste no sera pas accordée à une foi stérile , mais à la [>ratique des bonnes œuvres. En distribuant Taumône à nos frères dans le besoin , nous devons le faire d'après un motif de charité et secrètement, pour ne pas humilier les malheureux, évitant d'imiter les pharisiens, qui faisaient sonner de la trompette à côté d'eux, sous prétexte de rassembler les pan- \Tes, mais en réaUté pour se faire honneur de leur hbéralité devant les hommes. L'hypocrisie est un vice odieux ; l'œil de Dieu perce jusqu'aux plus secrets replis de l'âme. Celui qui agit pour Dieu se retire dans la solitude pour prier, sûr d'y être plus favorablement écouté. Il faut éviter, en pricmt, d'employer les longues formules des païens ; ceux - ci s'imaginaient que l'efficacité de la prière dépend de la quantité des paroles. La meilleure préparation à la prière est le pardon des injures; nous obtiendrons de Dieu ce que uous lui demandons, en raison de ce que nous accorderons à nos frères , et nos péchés nous seront remis dans la mesure que nous

aui'ous employée à l'égard de ceux qui nous ont offensés. Non -seulement nous devons pardonner à nos ennemis^ mais encore nous devons les aimer. La loi cruelle du talion est à jamais abrogée. Le meurtre est condamné ; la violence est défendue. La pureté de cœur et de corps est prescrite à tous , et le mariage déclaré indissoluble. Afin d'éviter les excès qui déshonoraient la société païenne, nonseulement les mauvaises actions, mais encore les pensées déshonnêtes sont défendues. « Soyez parfaits, dit le divin fondateur de la morale chrétienne, comme mon Père céleste est parfait! »

Notons cette remarque de l'écrivain sacré : « Jésus enseignait comme ayant autorité , et non comme les scribes et les pharisiens. » Tel est, en effet, le caractère de l'enseignement divin transmis à l'Église par Jésus- Christ. La vérité est annoncée avec autorité; elle s'établit par elle-même, elle brille, elle* éclate, elle ne se discute pas. Les apôtres et leurs successeurs, héritiers des promesses, ne prêchent pas avec hésitation : ils ont puissance et autorité. La vrcde doctrine n'admet

pas les réticences et les compromis; elle est absolue. Comme les soutiens de la foi catholique diffèrent des novateurs ! Ceux-ci parlent avec embarrets; ils font des concessions; ils n'avancent que par la voie des distinctions et des interprétations; ils n'osent affirmer, ils conseillent, ils marchent, ils reculent, ils disent oui et non sur la même question. L'enseignement des hérétiques modernes ne ressemble-t- il pas à celui des scribes et des pharisiens ?

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