‹ Histoire de Joachim MuratChapitre 10 sur 113 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Seconde campagne d*Italie ( 1797 ).

MuRAT était à peine de retour de sa mission auprès du Saint-Père , lorsque le prince Ghar-^ les, tout resplendissant de la gloire qu'il venait d'acquérir en Allemagne, arriva à Inspruck pour y prendre le commandement des armées autrichiennes en Italie. Dès les premiers jours de mars, cet archiduc avait cinquante mille hommes, soit dans le Tyrol, soit derrière la Piave: il attendait en outre 40*000 hommes détachés de l'armée du Rhin , ce qui allait lui doniner une immense supériorité numérique sur les forces françaises.

Le jeune général en chef de l'armée républicaine brûlait de combattre l'archiduc et de le chasser de l'Italie. Comme il ne pouvait disposer que de 5o,ooo hommes , il sentit combien il était important de l'attaquer avant l'arrivée du renfort du Rhin. Mais pour s'élancer sur les

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Léoben ,' et y signèrent les préliminaires de la paix.

Pendant qae le général Bonaparte négociait à Montebello des traités avec F Autriche , la république de Gènes, le roi de Sardaigne , le pape, le* grand-duc de Toscane, et celai de Parme, Murât fut envoyé dans la Yalteline pour enlever cette belle vallée à la domination des Grisons. Il fit une tournée dans cette province, où, à son arrivée , l'esprit public se déclara presque unanimement contre l'aristocratie des Grisons. C'était ce que voulait Bonaparte , et ce que Murât provoqua probablement. Les YalteUns crièrent , eux aussi , vwe la liberté , et députèrent des hommes investis de la confiance du peuple au directoire Cisalpin , pour demander l'union de la Yalteline à la république Cisalpine. Cependant Murât éprouva des difficultés dans cette mission toute diplomatique ; un agent de la république française, qui faisait sa cour aux Grisons et aux Suis^s , s'était secrètement uni aux aristocrates de ce pays , avec lesquels il cherchait à exciter àt?^ alarmes. Mais comme ces intrigues n'avaient pour objet que de maintenir la domination aristocratique des hauts seigneurs^ les paroles d'un militaire loyal comme Murât, ramenèrent bientôt Isr concorde et la paix dans cette intéressante vallée ; les partis se

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réconcifièrent insensiblement , et déposèrent tout ressentiment pour ne s'occuper que des îiitéréts conftiluns. Après avoir assure la tranquillité publique , et organisé un comité de surveillance , Murât retourna près dû général Bonaparte pour lui porter le vœu des Valtelins. Depuis lors cette vallée , dont la population industrieuse s'élève à près de 80,000 âmes , a suivi toutes les chances de la république cisalpine , et du royaume lombard-vénitien

A la suite d'interminables conférences, le traité de Campo-Formio fut enfinUpgné le 17 octobre 1797, et le général Bonaparte quitta Tltalie , toute pleine de ^on nom* et de sa gloire, pour se rendre à Rastadt , où Murât l'avait précédé. Peu de temps après , ils revinrent tous les deux à Pari*. Murât , bien accueilli par les directeurs de^ la république, se fit alors remarquer, dans toutes les fêtes qui furent données aux héros d'Arcole , par sa bonne mine et son costume aussi brillant que singulier : il aimait à se couvrir la tête de grandes plumes flottantes , et à porter des habijs couverts de brandebourgs d'or, qui attiraient l'attention, au milieu d'auti*es officiers généraux dont l'uniforme était peu riche et fort simple.

Bonaparte s'occupait alors de l'étonnante

expédition d'Egypte; et quoiqu'il eut déjà formé

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le 'projet d'emmener Murât , il lui fit doÂf^ , en attendant le jour fixé pour le départ^ la inm sien d'accompagner à Rome legénét-al Berthieir| qui venait d'être chargé d'aller renverser legour v^nement papal , et de le remplacer par unç république.

La cour de Rome , plutôt aigrie que corrigée par le' traité de Tolentino , avait persisté dans son système d'aversion contre Jes Français. Ce cabinet de faibles vieillards sans sagesse , avait fait fermenter autour de lui l'opinion ; des scènes tumultueusy avaient eu lieu à Rome et dans les campagnes ; le général Di^hot avait été assassiné , et l'ambassadeur français s'était retiré à Florence. A peine arrivé à Rome , Murat, sur qui l'on comptait toujours lorsqu'il fallait affronter les périls, fut chargé de marcher contre les rassemblemens nombreux qui s'étaient formés à Castel-Gandolfo , à Albano et à Rocca di Papa , et que l'on savait ê^tre en . marche sur Rome. Quoiqu'il n'eût à opposer aux paysans romains que des forces bien inférieures en nombre , Murât se porta à leur rencontre , les chargea avec la plus grande impétuosité eftailla en pièces leurs colonnes. Ce fut là son dernier fait d'armes en Italie , avant d'avoir franchi les mers. Nous allons maintenant le suivre dans cette immortelle campagne

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d^Egypte , où une armée française allait por» ter la liberté^et la civilisation. Nous le verrons souvent au milieu des Arabe^ et des Mamelucks y qui admirèrent son courage et son au*dace. *■ ^

A •*■ Il iii r

X PHEIUIERE FAHTIE.

ce n'étaient plus ces preux qui repoussèrfcnt Dragiit; les vieux étaient sans forces, et les jeunes avaiçpt fait leurs caravanes sans avoir jamais tiré un seul coup de canon jéi de fusil , et sans avoir vu l'ennemi; ils défendirent mal des forlificalions formidables, négocièrent honteusement, et remirent !a ville aux soldats de cette république française qu'ils avaient tant méprisée. Le pavillon tricolore, a^ès avoir affranclii ce dernier asile de la chevalerie religieuse, flolla vers les bouches du Nil.

Quelques biographes ont écrit que Morats'élait distingué à l'assaut et à la prise d'Alexandrie; celait, qui d'ailleurs n*jouterait rienà la réputation militaire de cegénéral, estconlroHvé: deux seules divisions avaient opéré le débarquement lorsque Bonaparte les conduisit vers la ville d'Alexandre ; la cavalerie n'avait pu encore être portée à terre, cl Murât ne put jouer un r8le actif dans celle première affaire. Pendant la marche de l'armée républicaine sur le Caire, on vit journellement Mo|Bt s'exposer au mïueoj des Arabes qui harcelaient celte armée sans oser l'attaquer. Et pourtant ce Murât, si intrépide, si audacieux' sur les champs de bataille, n'était point doué du courage de lous les moniens que les grandes entreprises exigent. « II serait diffi- • cile , a dit Hapolcon , d'exprimer le dégoût ,

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