CHAPITRE V. Sg
« liél^mécpntentement , la mélancolie ^ ^ti^dcses* « ppijr de ce^e armée lors de ses premiers pili en « Egypte. Les généraux les plus distinguas , « Lannes , Mirât , avaient souyeqi jeté , dans «( des mom^H de rage , leurs chapea|fx bordes « sur le saUe, et les avaient^foulés aux pieds en « presencj^iJes soldats. » Telle fut IHn^ession que prpduisitsurles Vainqueurs de l'ItalieAa vue des dcse^^ qu'où complota plMS d^qe fois d'enleyer les drapeaux et de . les itimenef à Alexandrie. Mais dès que les Mamducks ou les Arabes se montraient à Thorizon , ^||'cliefs , les soldats reprenaient leur gaîté et leur courage. Ils firent connaître ce qu'ils yatflent lorsque Mourad- Bey, géj^éral en chef de Tarmée targue , les attendit au village de Chçbrheis.
* Après la bataille des Pyramides et l'occupation du Caire , Murât fut envc^é à la poursuite du bey Ibrahim , qui s'^était retiré avec ses Mamelucjb dans la direction de Belbeis. Murât dont la prudence ne fut pas toujours celle d'un olB|BÎ^-gcnéral , ouJ^ souvent qu'il était à la tâte des troupes 'ùfk les diriger et non pour combattre personnellement : emporté par son bouillant courage, et monté sur d'éxcellens chevaux arabes , il s'éloignait journellement de son corps d'armée pour poursuivre les Mamelucks ; il portait l'audace jusqu'à s'élancer seul au mîp-
io PREMIERE PARTIE. ^^
lieu d'ui^ parti de cavaliers ennemis, qui jtto^, seâl^iiiiailliblemeDt accablé, si ui^ peloiqi^^de Français rie fût accouru pour le dégager.
Au ,comRt de Salahieh , liiJB^ par la* ■ ca- Yl^erie fmnçaise aux Mameluç^p. Murât* ne cessa d'.(|tre dans l^^mélée à la téte4es dragons du 3\rj|^;î|ïlent, et c'est à ses chargn brillantes que \g^ França^ durent le Succès de cett^ journée j où l'in^t^ie ne put t^puver Ipccasion de prendr^*aucune part. ,
En peu de temps Murât s'était acquis en Egypte une répd^Spon égale à celle qu'il avait en. Italie , et Ton assure que le fameux Mourad- Bey , général en cbefUe l'armée turque , était flatté de^lê conformité qui existait eçtre son nom et celui de l'intrépide général français, et n'en parlait jam^s qu'avec admiration. ' - '
Lorsque TE^pte fut à peu près conquise , 1 Murât alla prendre le commandement de.Kélioub, où il ne fut pas plutôt arrivé qu'il dut dissiper journellement des rassemblemens d'Arrabes. Ces expéditions £urt périlleuses seift-i., blaient être un jeu pou^lhi:il exposait cèht' fois sa vie pour s'emparer du cheval d'un Araf^£
Ayant été informé , vers la fin de septembre 1798, qu'un grand rassemblement de ces cavaliers nomades se trouvait aux environs de la ville de Mît-Kramr , située sur la branehe du
CBAPITRE V. il
N£|^te de Damiette , Murât se concertf^ avec le,^f^érBl Lanusse, q[hi commandait dans ^on Tpi^age, pour marcher -ensemble sur le noâveau- foycf ^jgksurrection. Après avoir râum leurs troupe^ ils atteignirent les Ar^&es ,TiF liattirent et leur prirénV'deux pièces dé c&non. Toutefois , les At^bes s'étaient retirés eh bon ordre sui* une élévation dont le pied était inondé par le détfbrdement du Nil. Cet t4>stacle n'arrêta pas la marche des Français ; ils fii^nchireint le terrain inondé , éscaladè|U|pt la montagne , et mirent pour la seconde fo^^n fuite les ennemis, qui gagnèrent alors, à la nage , la*plainë où ils avaient leurs bagages e^letirs troupeaux. Murât n'hés^ pas à suivre de nouveau les fuyards ; • les Français, quoique <Jjà îrès-fatigués, marchèrent pendant une demi-lieue , avant'dè Teau ou de la vase jusqu'aux aisselles^: ils atteignirent et taillèrent en pièces quelques Arabes , mais le reste parvint à s'échapper, abandonnant aux vainqueurs un butin immense. Muratne voulut pai#1Éiéme s'arrêter àd^masser ce butin ; il continua dé suivre les J^^fbes jusqu'au village d'Ël- Heaber , où la rupture d'une digue et la chute du jour le forcèrent enfin à faire halte. Cette journée rendit le nom du général français si redoutable, que les Arabes n'osaient plus s'approcher des lieux oè il commandait.
4a PREMIÈRE PARTIE.
ISëâgamoins , dans le mois de Hi^c^fiqpbltï vant j le gênerai Murât' eut encorei qtlcaïiiB affaires peu importantes avec 4es Arabe» et les fel^s, qui refusaient d^acquittg^^leifcontrilMi- 4ib^ infposées : il n'avait qu'à seJikontrer pour mettre en fuite les rass«rai)Iemens. • # •
La tranquillité ayant été enfin rétabfie iians toutes les provinces gouvernées par des géné-^ raux français , Bonaparte médita lie ](lrt)jet d^une expédition en Syrie, autant pour achever' de disperser les Mamelucks d'Ibrahim , que pour empêcher la réuf»n des forces turques qui devaient arriver dans cette province. Il s'occùpst donc sans relâche ^e%:onduire ses soldats sur de nouveaux champs de bataille, ^ choisit Murât pour commajgdeijl Tavant-garde de Tarmée d'Orient.
Lorsqu'une partip de l'armée d'Egypte se mit 1 en marche pour la Syrie , à travesi les déserts , Murât avait sous ses ordres la cavalerie de cette armée , composée d'environ looo hommes formé» de divers détacheme|^s , traînant avec eux quatre petites pièces de^:^mpagne. C'était là tout ce que Bonaparte avait pu réunir de car valiers pour aller combattre ces nuées d'Arabes et de Mamelucks montés sur les meilleurs chevaux du monde.
Cette fois Miirat ne fut pkis démoralisé dans
nme il l'ayaitt'tc en marchait à'jL- Ër le Caire pst.pourtftnt, égaré par "V8^i4e-,~if ^^^ pendagt.deox-jours sans pou- TQJc trouver d^u pour éfancher la soif ardente qui. le dévoRÏL Kç^it^^ enfin sur la voie', ^1 6t gauioent le . reste d^. la.roifte, et leftii^mnes rq[>ublîc4ioes , ces cJmqts .tjp-téens par desquels la victoire éta^t fixée de[fuis si long-temps sons les enseignes françaises^ ne tardèrent pas à retentir dans les mêives vallons oi^ -1^ Croisés eprop^eiv firent jadis entendre les cantiques de la foi chrétienne, Sr
C'eat dans- cette disposition d'«6prit que les soldats de la république. iirançaise arrivèrent* près de .£^3, pu ils aperçurent un corps ennemi placé ■aqr 1^ Jiauttfys en avant de ^ cette ville. Le' générïn'Murat; toarchant avec sa cava- |f - lerie en tf^t de l'infantuic , reçut l'ordre de commencer .^Uaque , en cïl^rgeant vigDurcu- Kment la cavalerie des Mamelucks. Celle-ci pauissut vouloir. charger aussi; mai&au ntOment où' Murât s'avançait pour la recwmr , elle tooma bride tout à Coup et s'enfuît au galop comme ppur-prendre une autre-position. Murât, daps l'espérance de l'att^ridre, la suivit et ne tardt pas à la rejoindre : les derniers cavaliers ennemis échangèrent seulement quelques coups Glabre avec le peloton que Murât conduisait;
a PREMlàaS PARTIE.
le.gTQÇ dc^ cette cavalerie cootinua^ ment de retraite jusqu'à Ja nuit, J^^^i Uarmëe française entr^ dans Gaza. ,
Aqdvé devant Jafï^, et pen^aiit que Tinfuitene investissait cette yvil^e, Mufat fut chaa^é de faire, une reconn^iissance exacte de tous les environs et des agprophe& de la place.* Cette opération périlleuse fut souve^t^troublée , *sur différens points, par le feu meurtrier 4^ l'artillerie qu& le gouverneur de Jaffa avait fait mettre en état siu^es remparts et dans 1^ tours qui les flanquaiwi : toutefois , la reconnaissance fut achevéie , et Ton dut aux renseignemens donnés pac- Mùrat , les dispositions prises pour Tassant qui fut donné à cette vi|l£.
La rapidité avec lajaaelle le^ Français s'étaient emparés de Jaffa léùr-avait ^îéftspiré une confiance telle , qu'ils i^çgardèrent le siège de Saint- Jean-d'Acre comjiie une entrepôt facile. Les diilicnlté^jgu'ils ne tardèrent pas à éprouver changèrecVlïientôt les idées , et Ton^s'occupa de préparer une attaque régulière.
Dans ces entrefaites, le général en chef apprit que les Syriens^ formaient des rasseniblemens considérables sur divers points , et qu'ils devaient, après s'être réunis aux Naplousins , «attaquer l'armée assiégeante. Bonaparte résolut de faire quelques détachemens destinés à parcourir
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rc&DBnaîtrc la force et ia positi desçnnem& nouveaux qu'on Ini annonçait. Mu- ' rat fut envoyé dans la direction du itord-cst, pour s'assurer du poste de ZaCet. Il parvint sans malenconlre jusqu'au fort de Zafet , et queltfues conps de canon suffu-ent pour en chasser la garnison , composée presque en enlïerde Maugrabios , qui proposèrent à Muî^t de se mettre sous ses ordres. Le général français accepta, mais ne se fiant pas à Jeur ridétité, il les dirigea sur le camp de Sainl-Jcah-d'Acre , tandis qu'il laissait dans 2a('et unfc garnison plii^âûre. If continua cusuito aa' marche , pénétra par la plaine dt ' jacoub'jusvju'ifu lac de Génczarelli , cl fit faire Uajte à sa troupe .^ur les bords du Jourdain. CetteTecoimaissuncc n'ay^pt rien fait apercevoir qui. piH faire cioire au rassemblement de tronpes dont on mcnaçaît l'amiée, Murât retourna. SHf Zai'et ,. et bientôt après au camp (l^<u;e.
iMWneraent prouva qoe Mur^ avait abandonné trop rapidement le pont dcJacoubî car le jour même où son détachement rcatrait au camp, le» troupes de Damas, conduites par le fils du pacha de cette ville , effectuèrent le passage, du Jourdain , et s'étaUirÇnt dans la vill^^'ÇaBal'ieh. La garnison française de /afct iMhlaAla pas h âtre attaquée. Bonaparte sentit
pour éloigner une masse dable qui j
dans son camp; il rcsoiiit de prendra aVeç lui toutes les troupes du siège dont il pouvait? disposer sans compromettre cette opération', efdft les conduire à l'ennemi extérieur 'pour leToricer à repasser ie Jourdain, ^
Munit fut d'abord envoya en avant avec mille hommcs^'inlanteric , une pièce d'artillerie, et un faible détacbcmcn' de dragons, avec ordre de uiarclier ù grandes journées vers le pont de Jacoub, de s'en emparer, de prendre à revers les troupes qui btoqitaieiit Zulct, et d^ope'rcr , s'il était possible , sa jonclion avec Klt^bcr , qm était à Nazareth. Mtfj^t marciia avec ■iinG''Yàpidité étonnante: en fif^ins de trois jours il débloqua Zafct, cli?^' les ennemis du pon| de Jacoub, surprit le W5 du paclia de Dumas à la tète d'un fort diJiachcment , et le pour^ui jusque sufïa grande roule- qui couduiripitettc^vj capitale de la Syrie Ce dernier avantage , remporté la veille do la bataille' -dp INIbnt-'rhabor , avait prîv^ l'en nemi d'un de ses principaux poinls de rctrailc. Henni le soir de la bataille 5 un détachement de cavalerie que Hon^tgrte avait envoyé âUT Ic^canip des Msmeluekâ, IVI^Q^tua un gniiid nombre de ces dernière, fit troiatccAfev