‹ Histoire de Joachim MuratChapitre 102 sur 113 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

Fausses espérances donne'es à Murât par le gënëral Nunziante. -* — Décision de la cour de Naples. — Ordre de mort envoyé par le télégraphe. — Formation de la commission militaire. •>- Adieux de Murât à sa famille. ( i8i5. )

Le jour parut enfin, et un chirurgien se présenta pour panser les blessures des prisonniers : elles lui parurent graves , mais il n'en jugea aucune de mortelle. Le général Nunziante suivît de près le chirurgien ; il fit mettre les soldats dans un autre cachot, et autorisa le commissaire des guerres Galvani, le seul des blessés dont la vie fût en danger, à se faire transporter dans une chambre en ville, où il serait gardé par deux factionnaires. Les malheureux compagnons de Joachim remarquèrent que le général Nunziante avait l'air embarrassé ; il pria Tex-roi de patienter encore vingt-quatre heures. Les prisonniers apprirent le lendemain qu'on avait laissé Joachim dans le cachot, parce que les paysans de Montéléone étaient accourus au

3i)a DEUXIÈME PABTIE-

Pizzo SOUS le prétexte d'offrir leurs services au gênerai Niinziante, mais avec l'intention de délivrer le roi. Nunziaiilc avait été obligé de l'aire mettre des pièces de campagne sur la place, et de menacer ces montagnards de faire feu sur eux, s'ils ne se retiraient pas dans leurs foyers. Ce jour-là , Nunziantc fit préparer un déjeuner spkndide dans une chambre à côlé de celle qu'occupait le prisonnier : ils s'y assirent ensemble et y admirent plusieurs officiers siciliens. Pendant le déjeuner ces officiers gardèrent le plus morne silence ; ils paraissaient trèsémus en voyant dans les fers celui qui , peu de mois avant, était sur le trône de Naples.

Dans le courant de la journée, l'en-roi écrivit à son épouse , au général en chef camman-' dant les troupes autrichiennes à Naples, et à, l'ambassadeur d'Angleterre , pour les informer de sa détention au Pizzo. Ces lettres furent envoyées au roi Ferdinand-, mais fies ministres^, craignant sans doute que les rcprésentans des puissances alliées ne s'opposassent à l'exécutia de leurs ordres, ne firent refiiettre les lettceâ ■ qu'après la mort du prisonnier.

Murât conservait dans son cachot le calme d'un héros , et Nunziante ne cessait de lui rc-. péter que le roi Ferdinand étant très-humaiii s'empresserait de le rendre à sa famille, en Au-

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