CHAPITRE XXIII
De ce moment le général Nunziante quitta le château et alla s'établir dans une maison jparticulière ; ne poutant plus , disait-il , supporter la vue du guerrier infortuné qu'il se trouvait obligé de faire condamner. Dans la même nuit la commission militaire chargée de prononcer la sentence de Tex-roi fut convoquée au Pizzo. Elle se composait de :
Joseph Fasulo , adjudant - commandant et chef d'état-major, président;
Rafaël Sgalfaro , chef de la légion de la Calabre inférieure ;
Latereo Natalt, lieutenant-colonel de la marine royale ; -; ;\ •'^^^^^^^ Lanzetta , lieutenant -colonel du ^ corps du génie ;
Mathieu Camilli , capitaine d'artillerie ; François de Venge , idem ; François Martellari , lieutenant d'artillerie ; ^ é François Froio , lieutenant au 3"^ régiment, isant fonctions de rapporteur ; * Jean de la Caméra , procureur-général au tribunal criminel de la Calabre inférieure , adjoint au rapporteur ;
Et de François Papavassi, greffier. Tous ces officiers , le rapporteur excepte , t^enaient leurs grades du roi Joachira , et avarient
3g£ DEUXIÈME tAHTIE.
reçu de lui plus ou moins de faveurs et de ildr] coralions militaires.
Toute la peine qu'ils pouvaient encourir , { refusant sans motif de faire partie de cette com mission , aurait ctt- la perte de leurs emplois m nii emprisonnement de trois mois. A quel vœ prix ils pouvaient acheter une honorable céléi.
hrité ! Ils acceptèrent tous!...
Joachim , ignorant sa destinée , était encore! livre au sommeil, et déjà la commission qui ' devait le condamner était assemblée dans une | autre chambre du château. Il dormait paisiblo-'J ment, et c'était pour la dernière fois! Le géniî- J rai Nunziante chargea le capitaine Slratti , t l'aurore du i3 octobre, d'aller apprendre!
Joachim qu'il allait être jugé. Stratti sut allnf dans cette douloureuse mission tout ce que «1 pitié et le respect dus au malheur exigeaient. Il J attendit le réveil de Joachim , et préluda loQfe nps par des paroles de consolation. MaisJ l^ine lui eut-il appris l'arrivée de l'ordre ( ► devait le mettre en jugement comme ennemni r perturbateur de la tranquillité publique, (jri Joachim l'Interrompit en lui disant : ■< Mop cher Stratti, je suis perdu; l'ordre de me jugrfl est un ordre de mort. •■ La douleur l'cmpêcbjl de continuer; quelques larmes coulèrent de s yeu\, mais II les essuya bientôt, dt demandai