Chapitre v. ^.j
[)riflpâl|^i airâta un convoi de cinq cents
cha|çoâux,'et enle^ tous les riches bagages, les
munitîpns et les vivses qui se trouvaient dans le
caiDD. Ç'est-ainsi qu'il<contribua à rendre la fic-
toireûécisive. Le lendemain il courut s'empâref
d^s immeiMes magasins que les ennemis avaient
formés à Tabarieh. i
■ La victoire ^e Mont-Thabor ayant débarrassé
Bonaparte des Mamclucks , i^^ctou^na sous les
murs de Saint-Jcan-d'Âcre.TJii troisijlpc assaut
fut ordonné, et Mural, qtii, en qualité d'officier-
gçnéral de cavalciic , rcslalt daQS l'inaction ,
soHicita la permisàioii île monter à la brèche.
Cç périlleux honneur l^^pM^^'^'^ accordé, il
se4>l3Cé M|^ tête d'un J^Q^Bme grenadiers et
s'avance vers les rcinf^BSBëallieu d'une grêle
de balles. Sgn audace, sirftilfle s'accroître avec
: Iç danger. II arrive sur la'^'Che : là les Français
s'aperçoivent qu'ils o»t e^6gre un grand fossé
disant eu^ ,'et rien n'était disposé ^teJe fran^
diir. On hésite , et dans ce momen^Rnible une
balletjicrce l'habit et . la cravate de Murât , et
lui effleure le cou ; une aotre balle lui abat son
panatAe, qui toK^ du' côté des ennemis, et
reste'fntre les ituns du pacha Djezzar comme
UD liophée glorieux. Murât voit ssn ami Venoux
Um^jer à ses côtés, et se trouve- lui-même forcé
d'alûodonner ce théâtre de carnage.
fRF.MlÈBE PARTIE.
11 fallut enfin I
ndre Saint-
1 rçnon
d'Acre et penser à rcloumcj" en Egypte. Durant celte retraite l'armée française fut souvont in- (juiétée^par des parlisdcNaplousins; Murât était chargt' de les poursuivre , et il ne se passait pas de jour qu'iFne fit des prisonnÎCT's. •
A peine était -il de retour au Caire , que 1& général en chef l'envoya, avfic un dctacheinent de cavaleri**, au secours du général Destaing, quitluUait avec Mourad-Bcy dans l'Oasis des lacs de NaltTïn. Il allait enfin se mesurer avec ce fameuxbey, son homonyme ; inaisMourad s'enfon(;a dans le déser-t. Murât le poursuivit long-temps avec fiaCâvalcrio et les dromadaire*; mais n'ayant pu l'atteîndi'c, il retourna aux Pyramides près (lu général ôii chef.
Ce fut en ce. moment que bonapurte reçut i l'avis du dél»ar{]iiementiàAboukir, d'unearftiéfi ottomane, à la(nielle If s Mamelucks et les lîiéconleris cgyp liens devaient se joindre pour toi)pcrerà la délivrance de li?ur pays. A'CetLe nouvelle, le général en chef désigna le bourg d,e Rahmanieh comme premier rendez-vtAj» de^ l'armée, et Murât eut ordjre de se rendre de suite à cette destination avcc'Ba-cavalencel|d'au- ' très troupes qui devaient former l'avant-garde. Bonaparte, décidé à livrer bataille, aux Osmanlis , ordonna à l'armée, réunie pendant que
4^Bk ^BAVITRE r. {^
M-mttpha-Pacba était dans la plus parfaite trànqnillité, de se mettre en mouvement, ^'arantgarde, sous les ordres de Murât, forma le centre. Au moment où le général Laniie» se portait rapidmient sur la première ligne des retraqchemeos , Murât par une manœuTre%ardie se jetait sur les detrières des Turcs , qui , se voyant pressés vivement d'un côté et coupés de l'autre par la cavalerie française , essayèrent vainement de se retirer. Deux mille d'entre eus* dépostés et enveloppés, furent tués ou se noyèrent dans la mer.
Cependant lecpoijit principal de la défense des Turcs allait être la redoute qui se trouvait ~au centB|^de leur nouvelle ligqc : Bonaparte changea aussitôt ses prenuères dispositions ; il fit passer la cavalerie à sa droite pour engager et enfoncer la gauche de l'ennemi le long de la plage. Murât attaqua les Turcs , les chargea avec la plus grande vigueur à plusieurs jterises , et les força , en les sabrant j de se jetera la mer ; mais cette cavalerie ne put pas pénétrer plus tvant, ni se maintuiir contre le feu meurtrier • de la redoute et des chaloupes canonnières : ' cli^e fois que Murât , emporté par sa valeur ,
arrivait dans ce défilé de feu , il était obligé df;
se replier après avoir chargé, et les Turcs rem-
^ PflEMIERE BARTTE. vB^
plaident par de nouvelles troupes ceUes^qoî avaient ^té tuées ou dispersées.
Suivant l'usage barbare qu'ils tiennent des Tartafres et des Turcomans , les Osmanlis «^Qxquel^'t^ln donnait un prix convenu pour chaque têic ennetnie apportée au caihp, étaient sortis en foule de la redoute pour couper les têtes des Français morts et blessés^, qu'ils couraient porter au quartier-général de Mustapha-Pacha. L'appât die la ré<toïnpense promise leur avait fait laisser la red^oute dégarplfif, -et un grand désordre s*introduisit dans léWSl^ rangs. L'adjudant-général Roisse, ayant redialrqiié cette ^confusion , proposa' à Mùrat dé^m^re à profit cette circonsfencê , en s'élançantjur la redoute peinant que les Turcs se li>'raiei|^ leur horrible «pér^tipn. Miitat saisit cette heuleuse idée , et à l'instant lànême il se porte JHIdement avec sa cavalerie entre la redoute et^ mer. Une partie des cavàtufcrs pé^$j^ dans les retranchemens^ et fut bientôt soutenue par l'aile droite. Lan nés , profitajfit du moment où les Turcs , effrayés de cette attaque , commençaient à se troubler , se portt ^lir la redoute par la face gauche; ses soldats se jettent dans les fossés, gravissent le parapejt «t * sautent dans l'ouvrage. Ainsi coupés par les colonficsde Lannes et de Murât, les Turcs essaient vainement de vse défendre. L'infanterie fi-an-
^iw|es. presse, les acule entre la mer et la cavalerie : le carnage Revient affreux , et ces misé* rables Osman lis ne songent pai| même à demander £|uartier ; les Français se voient dans la neceâ^ë de les égorger ou de les pousser dékis la mer , où les cavaliers les poursuivent encore jusqu'à ce qu'ils les- voient noyé^.
Cependant le vidage d' Aboukir tenait encore. Mustapha-Pacha , $e refusant à croire que son désastre fût aussi grand , s'y trouvait«avec la ré^ serve et les principaux cbefiL et songeait à ^ défendre ; mais déjà Mura95|r était jeté avec sa cavalerie entre l%village et le £prt. Toute retraite étant ainsi fermée au^gén.«^ilfcsime turc : il fallait met||pe bas les armes ou mourir. Murât s'étant emparé du camp'dirj|||rasquier pénétra jusqu'à lui : il le trouva t^Qibattant encore vaillamgient à la tête de ddjfii cents janissaires» Mil#apha voyaot accourijr^Murat vers lui , s'avaoçalui-^méme rapidement à sa re u^ j ftre , e^ l'instant où le général le sommait Oe se rendre prisonnier , le pacha, lui tira un coup de pistolet ^i r.atteigT)it au dessous de la mâchoire infénmfe\ n^ais ncrlc blcsfti que légèrement. Murât, d'un coup de sabre , lui abattit deux doigts de la main , et le faisant saisir par deux soldats, l'envoya au quartier-général. Ijes janissaires mirent bas les annes.
Si 4>R£MIÈRE i^RtfE.
Telle fut la part glorieuse que Morat jpnt 4 la bataille d'Aboukîr. Jamais victoire n'avait été peut-être aussi qpmplète et aussi décisive ) ja*^ m%is armée n'avait été détruite avec autan! de rapidité ; desdix^uit mille Osman lis débar^Ks, ij ne resta que ceux enfermés dans le fort, et les ^eux cents janissaires faits prisonniers avec le Pacha. Bonaparte, voulant inarquer sa satisfaction à Murât et à la troupe qu'il comihandait , et*donna quelle nom de ce général, celui de l'adjudant-général RÛàe, ainsi que ceux des régimcns. qui avaieri^^p&mbattu sous Jeurs ordres ^ seraient gravés sur les deux . §^èces de canon donâiées par la coèr'de' Londres à celle.de Constantin ople , et prises sur les Turcs, ^pi même temps le général en <!i|ief demanda pour Murât le grade de général de division, qu'il avait si bien mérité. . iit \ •
. Les motifs qui ramenèrent le général Bùtià- .pirte en B^Éppe sont peu connus ; on Ta accuse d'une lâcw^ésertion , et l'imputation d'un retour non autorisé est devenue populaire. Peu de pctsoûnes savent qye le directoire, s'appuyani sur la situation critique fle la France , fit part au général en chef de Tarmée d'Orient de l'intention où il était de rappeler cette armée ea totalité ou en partie, et que, dans ce dernier cas, il l'autorisa a céder le commandement des troupes
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à <^iui dfe^gcnéraux qu'il jugerait le plus digne de ce poste honorable et difficile. La lettre était terminée par Tassùrance de la satisfaction que le directoire éprouverait en voyant on Eurppc, à l^l^te des armées de la république, le génëral qui les avait jusqu'alors si glorieusement diri- . gées. Déjà* Bonaparte avait reçu de son frère Joseph des détails sur les querelles du directoire avec lés conseils ,^t l'avis que son retour était vivertient désiré par les amis de la patrie , qipi tous S(^ rallieraient à lui, s'jl parvenait à mettre Je pied sur le territoire defllt^publi^ue
Bonaparte n^balança p)us ; il quitta l'Egypte,
emmenant aveWui Mura^, ainsi que pluâeurs
autres ^néraux. Murât fit là traversée sur la
frégate iRo Carr-èr^, et débarqua, le 9 octobre
1799, dans la rade dèf*j^us.