CHAPITRE VIII
is secrètes de Bonaparte , l'envoyé russe: et enchc'rissant encore sur les ^ honneurs qu'on lui avaient prodigue's pendant sa route , se plut à disposer lui-même les fêles brillantes auxquelles la singularité de jon caractère aimait à prêter un luxe presque atique et une courtoisie chevaleresque. Dans I temps de merveilles, on vit Mbrat chasser 3evant lui les troupes napolitaines et autrichienncsi soutenues par des balailloiis turcs que le pape avait appelés à son secours. En même temps un diplomate russe et un général français s'associaient aux mêmes fêtes , sur les champs de bataîtie où Soiiwarof venait de combattre. . Lorsque Murât alla prendre, à Florence, le commandement en chef du grand-duché de Toscane , M. de Lcvaschew l'y accompagna. Les palais de Ylorcnce étaient illuminés, des arcs de triomphe , des guirlandes et des fleurs se présentaient partout sur leur route. On lew-vit paraître "tous les deux au spectacle, dans 1:^ même loge : pendant un entr'acte , le général f'ftmçais, auquel on remit un drapeau russe, le joignit lui-même au drapeau de la république française , et , se levant aux acclamations du par- ' terre , s'écria du ton de l'enthousiasme : « Que ^^^Wles deux plus grandes nations de l'Kiiropc res- ^^^p tent toujours unies pour la paix du monde eL
« le bonheur général ! » Scène toute théâtrale, qui convenait et à la politique du premier consul et à l'exaltation des imaginations italiennes.
Bon^arte , à la prière de Paul £'' , avait!;i senti à mspendre les opérations de Murai, laissant à ce dernier la £aculté de concli!ure un armistice, mais se réservant de traiter plus tard' avec la cour de Naples. Cependant les troupes commandées par le comte Roger de Damas occupaient toujours Rome. Leur évacuation fut exigée comme préliminaire indispensable du tftiité. Brune , appuyant cette demande d'une menace guerrière , renforça de ses deux divi-' sions Tarmée commandée par Murât , qui étaitf alors cantonnée sur le territoire d'Ancône, pouvait d'un moment à l'autre écraser Naples avec trente mille vieux soldats.
Le cabinet napolitain, suivant les inspirations de ^ ruse Égtannique , cherchait à gagner du temps poiir^nenir des conditions plus favo- ^Mes. Muratfatigué de ces lenteurs, écrivit au comte de Damas pour lui intimer l'ordre d'évacuer les Élats du pape et le château Saint-Ange,, et pour lui faire connaître que le premier consul n'entreiait dans aucune négociation avec le roi des Deux-Siciles, qu'au préalable il n'eût fermé ses ports aux Anglais. Il exigeait en outre qu'on