‹ Histoire de Joachim MuratChapitre 2 sur 113 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

puté à la convention , d'être maintenu dans son grade. La dénonciation fut rayée des registres du comité de salut public, et Murât fut choisi pour aide-de-caifap par le général d'Hurre.

Il était chef d'escadron au 2 1® de chasseurs , et se trouvait à Paris avec son régiment au moment où les sections prirent les armes contre la convention, Bonaparte venait d'être désigné pour défendre la république chancelante ; il chargea Murât de se rendre avec deux cents cavaliers à la plaine des Sablons , où se trouvait un parc de quarante pièces de canoii qu'il devait ramener à Paria dans la nuit du 12 au 1 3 vendémiaire : il exécuta promptcment un ordre duquel dépendait le succès de la journée ; mais au pioment où il allait rentrer à Paris , il se trouva en prç3^nce des sectionnaires qui se rendaient aux Sablons dans le même but. L'escadron de Murât en serait venu aux prises avec les volontaires des sections, si la bonne contenance des cavaliers et celle de leur chef n'en eussent imposé. Les sectionnaires n'osèrent attaquer les canons qui servirent à les foudroyer le lendemain.

On sait qu'après la journée du i3 vendémiaire , qui raffermit le pouvoir de la invention et consolida la république naissante , Bonaparte fut nommé général en chef de l'ar-

mée de rîntérîeur. Cet instinct presque infaillible qui ]ui annonçait toujours le parti qu'il pouvait tirer d'un homme , lui fit jeter les yeux «ur Murât pour en faire son aide-de-camp; il devina tout ce qu'il devait attendre d'un jeune ambitieux dont l'ardent courage ne demandait que des pc'rils. C'était à lui que le général réservait les entreprises les plus brillantes , les coups les plus hardis. Mais il fallait se montrer sur les champs de bataille : la nomination du général Bonaparte au commandement de l'armée d'Italie , vint combler les vœux de son aide-de-camp.

Murât suivit Bonaparte à Nice , où se trouvait alors le quartier-général de cette brave armée qui manquait de tout excepté du courage nécessaire pour affronter les plus grands dangers: là se réunit cet état-major brillant de jeunesse , au milieu duquel Murât jse faisait rerpiarquer par sa taille et sa figure martiale , par son caractère chevaleresque , et par l'éclat de son costuma ; il était déjà ce qu'il ne cessa d'être par la suite , un véritable paladin , un chevalier français : il avait fait graver sur la lame de son sabre ces mots magiques faits pour inspirer les grandm actions : V honneur et les dames ; et ce qui chez un homme ordinaire ou dans un courage médiocre n'eût paru qu'une forfanterie de

^ CHAPITRÉ lî» l3

théâtre, semblait s'allier et se confondre, sans aucun mélange de ridicule, avec une bravoure héroïque, dont il devait, chaque jour, donner des preuves.

I^ PHEHlàïE PARTIE. ,

Page 1