CHAPITRE XIL
Campagne d'AiMlerlîtK. ( i8o5-)
' Depdis rinvasion des Normands, sous la conduite du duc Guillaume, TAngleterre ne s'était peint trouvée ^ns une situation aussi critique cj^c celle où Nl^oléon l'avait placée. Bloquée , E>oar ainsi dire , par les camps de Boulogne , et enacée d'une invasion redoutable , la Grandcretagne , après avoir ressenti les effets d'une rreur fondée , employa toutes ses ressources à dissiper l'orage. Des subsides immenses venaient ^*étre votés à l'unanimité, et Pittles avait employés secrètement pour opérer la diversion ^ui devait sauver la patrie. Des agens anglais avaient été envoyés en Russie, en Suède, en Autriche et en Prusse, pour y soulever ces puis- ^sances contre l'ambition de celui qui venait de ceindre deux couronnes à la fois. L'or de l'Angleterre aplanit tous les obstacles ; et une troisième coalition formidable menaça l'empire
REMIERL tAIlTm.
naissant. Les allies comptaient surprendre Napoléon , dont les forces étaient campées bien loin du Khin. "
Tout-à-coup les troupes autrichiennes passent rinn et envahissent la Bavière , sans déclaration de guerre préalable. A la première nouvelle de ce mouvement hostile , Napoléon quitte le camp de Boulogne, et arrive à Paris, où il expose au sénat la conduite perfide de l'Autriche : un appel est fait aux jeunes conscrits et aux vieux soldats retirés ; on organise les gardes nationales, et les Iroupes rassemblées sur les cotes de l'Océan accourent sur le Rhin. Les soldats français arrivent à marches forcées, et, ^eins d'enthousiasme , ils franchissent la frontière.
Murât commandait, dans CPtte mémorable campagne , la réserve de cavalerie , composée de cinq divisions : il passe le Rhin le a5 septembre i8o5 , et reste quelques jours en position devant les débouchés de la Forêt-Noire, où ] il fait journellement des démonstrations qui ] avaient pour but d'attirer principalement l'attention de l'ennemi sur ce point. Mais le général Mack , après avoir pris pendant deux àJ trois jours le change sur la direction que Na;J^ poléon donnait aux différens corps de son ; mée , ne fut pas plus long-temus dupe des dé»1 monstrations faites par Murât ; et ne pouvant '
^ cHAi^lTai; XII. 97*
pl«s 4ouier que rintention de l'empereur des Français n^ fût <i€;jg porter sur le Danu|>e en évitant leâ montagijk noires, il opéra un chan* ^eogkçnt de front dans toute sa ligne , et4onna <les ordres pour que ses troupes se coqcentrassent dans les environs d^Ulm. Il passa lui-même J« Danube , après avoir renforcé le corps d'atmee établi àur la rive gauche.
, Murât arriva ie 7 octobre à Donav^ert ; il y pa$8a le fleuve pour se {K>rter rapidement sur lé Ijecbu Un régiment de cuirassiers autrichiens, qui se trouvait sur la route de Rair voulut faire i^ésistance ; mais il fut chargé^ avec impétuosité. Le lendemaiflRe maréchal s'avaniça , avec troi^ tlivisions de cavalerie , pour couper la route d'Ulm à Augsbourg. Arrivé à Wertingen, il y apprit que doyize bataillons de grenadiers , et 4]uelques escadrons autiichiçns, se trouv^yient à peu de distance. Il manoeuvra aussitôt pour envelopper ces tt*oupes\ et par un habile mouvcment des divisions sous ses ordres , il entoura Teonemi. Mais le général qui commandait la colonne autrichienne ne se déconcerta pas ; il fit former ses bataillons en un vaste carré, flanqnépar sa cavalerie. Alors ^'engagea un combat opiniâtre : pendant long-temps la vigueur de la résistance fi^ égale à celle de l'attaque > et ce ne fut qu'après deux heures du plus v}f engage-
Ho * PREMIÈRE Partie.
bon, duc d'Enghien , accusé d'avoir porté les armes corftre la république française ; tf avoii^ offert ses services au gouvernement anglais, en-nemi du peuple français; d'avoir conspiré contre la sûreté intérieure et extérieure de la France ; de s'être mis à la tête d'un rasS'emblement .tfé^ migres français soldés par l'Angleterre , formé sur les frontières de la France ; d'avoir pratiqué des intelligences dans la place de Strasbourg , tendantes à soulever les départemens environnans ; d'être un des fauteurs et complices de la conspiration tramée par les Anglais contre la personne du premier consul , etc. , etc.
Le gouverneur de Paris, et dé' la première division militaire, ne pouvait se dispenser de nommer la commission. Peut-être même ignorait-il que ce tribunal devait mettre une funeste précipitation à condamner et faire exécuter le jeune prince de la maison de Bourbon. Ce qui est bien positif , c'est que Murât n'assista point à cette tragédie , et qu'au moment d'être fusillé lui-même , il a protesté devant Dieu qu'elle loi était étrangère.