CHAPITRE XIV
Caoïpagtte de Prusse. ( 1806. )
Pendant que Murât passait au galop la revue de ses États , et entrait dans la confédération du Rhin comme prince souverain , le roi de Prusse , entraîné par les conseils de la reine , et , par ceux de la Russie et de l'Angleterre , avait complété les armemens faits dans ses États dès Tannée précédente , et la guerre était devenue imminente. Napoléon observait sans inquiétude, mais non sans étonnemént , les tergiversations et Taveuglement de la cour de Prusse ; et comme il ne pouvait plus douter de l'ascendant que l'Angleterre avait pris sur le cabinet de Berlin , il s'était préparé afin d'être en mesure au moment où l'orage éclaterait.
Le 6 novembre 1806 une proclamation de l'empereur des Français annonça à son armée qu'au lieu de rentrer en France , où des fêtes triomphales l'attendaient , elle devait se prépa-
Io6 PREMjèRE PAATIE.
rer à. punir les provocations de la Prusse. Marat accourut sur le théâtre où la guerre allait avoir lieu. II reprit aussitôt le commandement de la grande réserve de cavalerie, et, dès le 8 novembre y il était arrivé sur la. Saale , vis-à-vîs Saaibourg. Cette petite ville était occupée par un régiment pinissien qui voulut défendre le passage de la rivière. Le grand-duc dé Bei^ avait avec lui quelques escadrons de cavalerie , un régiment d'infanterie et quelques pièces de canon. La canonnade s'engagea; caaid aui bout d*une demi-heure les Prussiens , voyant qu'ils allaient être tournés, abandonnèrent leur position, ainsi que la rive droite de la Saale. Ce £at là la première affairé d'une campagne non moins étonnante que celle d'Austerlitx, et ce fiot encore Murât qui eut la gloire de porter les premiers coups à l'ennemi.
Le lendemain , tandis que le maréchal fiernadotte était aux prises avec neuf à dix mille Prussiens et Saxons i chargés de flanquer rar** mée ennemie du côté du village de Scbleita*»
Murât arrivait par les routes d'Auma, et Itomhait sur les Prussiens , qu'il poursuivit vigoureusement jusqu'à la nuit. Le, lo, il marchait sur Géra, poursuivant toujours la division battue la veille.
Déjà la gauche de l'armée prussienne se reti-