CHAPITRE XIY
rait devant hs corps de Bernadotte et de Murât, et quatre jours après l' ouverture de la campagne, la cavalerie française était arrivée a Pegau, d'où Murât, qui Voulait jeter Tépouvante en Saxe , envoyait la brigade du général Lasalle jusqu'aux portes de Leipzig. £n peu de^ jours Tanobée pnissienne était tournée à peu près conuBe l'avait été celle sdus les ordres de Mack Tannée précédente* Elle avait le dos an Rhin , tandis que l'armée française , lyordant la Saale et ayant le'^dos à TËlbe, marchait ^ur elle. Toutefois, Napoléon savait que les généraux prus-* siens faisaient des dispositions pour recevoir la bataille' d^ns une poiHtion si désavantageuse : il agit an conséquence , et Murât , qui , avec sa cavalerie , avait appuyé jusqu'au i3 novembre les mouvemens des corps d'armée sous les or* dres du maréchal Bavoust , reçut Tordre de se rapprocher de Jéna..
Tandis que Murât quittait le maréchal Davoust po<ir exécuterle mouvement qui lui était txtàonvâ j les Fkussiens , en forces supérieures VÊ% Français ) s'étaient ébranlés. Napoléon eût désiré 'iietarder le combat de deux heures afin d'attendre le reste des troupes qui devaient le Jpibdre à Jéna , et surtout la cavalerie qui lui faisait faute en ce moment critique ; mais l'ar-* deur des troupes françaises et les mouvemens.
Io8* PREMIÈRE PARIIE.
de Tarmee prussienne ne le permirent pas.
L'action fut bientôt générale : on combattit de part et d'autre avec un ordre et une fermeté qui rendirent long -temps l'avantage indécis. Mais au bout de deux heures Murât arriva sur le champ de bataille, et pendant que sa cavalerie se formait en arrière de l'a ligne , . les ré- .serves que Napoléon tenait sous sa main abor^ daient impétueusement les Prussiens et les faisaient plier. Leur retraite s'opéra lentement et en bon ordre jusqu'au moment où Murât reçut l'ordre de charger. S'élançant alors contre les colonnes prussiennes , il fondit sur elles à la tête des dragons et des cuirassiers de la réserve, et mit le plus grand désordre dans leurs r^mgs. La cavalerie ennemie voulut en vain résister à ce choc impétueux , elle dut suivre le mouvement de l'infanterie, qui n'eut d'autre ressource que de se former en carré ; mais cette manœuvre ne jTut pas plus heureuse. Cinq des bataillons carrés furent successivement enfoncés par la cavalerie de Murât , et le plus grand déi^ordre se mit dans ces troupes, naguère si sûres de vaincre. Ëîi peu de temps plus de vingt mille fantassins ou cavaliers et une grande partie de l'artillerie prussienne tombèrent au pouvoir des vainqueur; lesquels poursuivant leur marche par la grande route de Weimar, arrivèrent dans
CHAPlTaE XÎV. 109
cette ville en même temps que les fuyards.
AVant six heures du soir la victoire était Complète à Jéna.
Les fastes français apprendront à la postérité ce que fit le maréchal Davoust à Aurestaedt pendant que Napoléon était à Jéna. C'est à Aurestaedt que se trouvait en personne le roi de Prusse. Ignorant les succès que les Français venaient d'obtenir sur les autres points , ce malheureux monarque , fuyant d' Aurestaedt, cherchait à gagner AVeimar avec quelques cavaliers d'escorte ; mais il apprît bientôt qu' Apolda était occupé , et que les bataillons prussiens dirigés de ce côté avaient mis bas les armes. Il fut alors obligé de rétrograder précipitamment, et, presque cerné par la cavalerie de Murât , il ne s'échappa qu'en se jetant à travers les champs, et en gagnant les bois pendant la nuit.
L'infatigable Murât ne donna aucun relâche aux Pru$s{ens; dès le lendemain de la bataille \h était sur' la grande route de Weimar à Erfurtlî , i^massant des prisonniers à chaque pas. Le* 1 5 octobre il investit cette dernière place, où les Prussiens avaient formé des magasins considérables.
Il s'y trouvait alors quatoiTie mille hommes , tant de l'ancienne garnison , que des blessés et des fuyards de l'armée battue à Jéna. Murât fit
IIO PUBMlÈliE PARTIE.
^onudier le contmanclant d'ouvrir ses portes : le même jour, à onze heures du sOir, Ërfiirth capitula. Quelques jours après, Na^léoo était à Berlin.
CepeiKtant les opérations de Vannée fran-* çaise se continuaient avec une extréixie xapidité.
Sur tous les points c'était à qui marcherait plus vite ; et Murât , dans la vue de gagner de vitesse la cavalerie ennemie, et dç lui couper b retraite sur l'Oder qu'elle cherchait à atteindrcit accourait à Oranienbourg et s'avançait danfb direction de Zehdenick. Ce mouvement de la cavalerie française forçait le général Blucher ^ a\ec son corps de cavalerie, et le prince de Hohenlohc , avec une colonne assez nombreiue d'infanterie, à se jeter vers le Mecldembouig ^ pour gagner ensuite le Bas -Oder. Mais cette nouvelle direction ne mit pas les troupes pru^ siennes à l'abri de la poursuite opiniâtre des Français. Le 26 octobre, Murât ^ à la tête do la brigade du général Lasalle, atteignit lea lieras*siens à Zehdenick y et réussit à les contenir înaqu'à l'arrivée des deux divisions Groochy -et Beaumont. En ce moment I^salle chargea iivec impétuosité les troupes qu'il avait devant lui : c'était l'arrière-garde du prince de Hohenlobe', forte de six mille cavaliers. Malgré la dispr4>portioii du nombre, Fattaque fut si brusqua et